‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 286 sur 361 · FERDINAND SE DÉCIDE A GAGNER LE BAS WESER · texte numérisé non relu

FERDINAND SE DÉCIDE A GAGNER LE BAS WESER

qu'elles pensent. Et si l’on est d’un sentiment contraire, alors V. A. S. n’en sera que plus embarrassée. »

Dans la conférence qui eut lieu les 11 et 12 juillet, Westphalen se prononça énergiquement pour la marche au Weser, et ce concept prévalut. De Bomte où était le quartier général, Ferdinand, qui éprouvait des inquiétudes pour Brème, y envoya le général Dreves avec quatre bataillons prendre possession de la ville, de gré ou de force; dans le cas où l’armée retournerait à Osnabrück et en Westphalie, Dreves était autorisé à se retirer à Stade. D'autre part, dès l’arrivée à Bomte le 11 juillet au soir, Estortf, avec 400 fantassins et autant de cavaliers, avait été expédié sur Nienburg pour en renforcer la garnison et protéger les magasins. Ce fut seulement le 12 au soir que Ferdinand fit connaître sa résolution d'abandonner pour le moment Munster à son sort et de gagner le bas Weser; en conséquence, les ordres furent donnés de se diriger sur Stolzenau, localité située sur le fleuve entre Nienburg et Minden.

Aux environs de Diepenau, les éclaireurs du prince héréditaire, qui faisaient avant-garde, avaient repris Le con- ‘act avec ceux de Broglie. Un coup de main hardi du

-’isan Luckner releva le moral des confédérés, un peu

a" lé par la prise de Minden. A une heure du matin le 12 ,aillet, 200 hussards pénétrèrent, sans être aperçus du poste français, dans la bourgade d’Holzhausen où étaient cantonnés quatre escadrons de carabiniers sous les ordres du marquis des Salles. Grâce aux indications des paysans qui, munis de lanternes, leur désignèrent les maisons où étment logés les officiers, ils s'emparèrent de Salles qui fut grièvement blessé en se défendant, et de plusieurs autres. Éveillés par le bruit, les carabiniers se ressaisirent, s'embusquèrent dans les habitations et derrière les haies, firent feu sur l'ennemi et parvinrent à rendre ia liberté à quelques-uns de leurs camarades. Néanmoins les hus-

sards purent se replier avec perte infime, emmenant une dizaine de prisonniers, parmi lesquels # officiers, #0 chevaux et du butin. De Holzhausen, l’alarme fut donnée aux hameaux voisins où étaient des détachements de cavalerie et de dragons. Le lieutenant-colonel de Scepeaux réunit son monde aux carabiniers, et aussitôt le jour venu, se porta à toute allure et sans reconnaître le terrain à la poursuite des hussards. Cette course folle le conduisit à un village où il se heurta à l'avant-garde hanovrienne et essuya « une décharge d'infanterie assez roulante et suivie de plusieurs coups de canon. J'en jugeai # pièces, écrit Scepeaux (1), doni le rapport possède au moins le m‘rite de la franchise, ce qui nous fit penser au rétrograde. Les hussards attentifs à nos manœuvres parurent, mais leur feu ni leur approche n’en imposa point à mes carabiniers pendant une petite heure. Le tout se retirait par échelles, le plus en ordre, en faisant feu par divisions. Leur bonne contenance s’es‘ soutenue pendant une lieue et sans perte d'hommes ni de chevaux; mais par une fatalité imaginaire ils se sont crus coupés. Cette opinion est devenue si générale que toutes les troupes ontpris, malgré les efforts de messieurs les officiers et les miens, la fuite avec vn ensemble qui avait l'air si concerté que les hussards ont profité du désordre général, et ont pris, pendant la course qui n’a pas pu se ralentir pendant un bon quart d'heure se culbutant les uns les autres, environ 180 hommes et autant de chevaux; et sans une troupe de dragons que M. d’Apchon avait envoyés à notre secours, le reste des carabiniers galoperait encore. Il n’y a pas eu 6 carabiniers de tués. » Nos cavaliers avaient eu affaire (2) à quelques escadrons prussiens appuyés par 300 chasseurs à pied et 2 canons de campagne.

(1) Rapport de Scepeaux, 14 juillet 1759. Archives de la Guerre, 3518. (2) Lettre du camp hanovrien. Stolzenau, 15 juillet 1759. Newcastle Papers, vol. 32893.

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