‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 287 sur 361 · SUCCÈS DES PARTISANS LUCKNER ET FREYTAG · texte numérisé non relu

SUCCÈS DES PARTISANS LUCKNER ET FREYTAG

Cette défaite, humiliante pour le corps d'élite qui en fut la victime, donne de la vigilance des grand'gardes de l’'armé: de Contades une mauvaise impression que confirme une échauffourée du mème genre dans le pays de Hesse. Peu de jours auparavant, le colonel hanovrien Freytag avait fait une incursion sur les bords du haut Weser et y avait enlevé plusieurs détachements des volontaires d'Alsace, y compris leur colonel Beyerlé et le lieutenantcolonel. Le récit de l’escarmouche (1) ne fait pas honneur aux surpris : « La troupe était à la distribution de la viande; quatre mille hommes avaient déjà entouré le village et y entrèrent sans qu’on sût que c’était l'ennemi; on n'a tiré d’autres coups de fusil que sur ceux qui cherchaïent leur salut à la nage et dans un petit vadelin qui coula à fond, force d’être chargé de fugitifs. M. Beyerlé fut pris dans sa chambre où il entra de son jardin lorsqu'il apprit ce désastre et s’y fit prendre à son tour; cette expédition ne dura que 10 minutes. De là les ennemis s’en allèrent sur Burfeld où était M. de Bercamp, se coiffant de casques de leurs prisonniers; ils arrivent devant la porte du couvent, où logeait cet officier supérieur avec toute sa troupe, qu'ils trouvent fermée; ils commencent à l'ouvrir à coups de hache; la sentinelle qui était en dedans jure et pesic beaucoup contre ceux qui y faisaient ce bruit; la porte saute et les ennemis entrent, demandent la chambre à coucher du lieutenant-colonel qu'ils trouvent couché encore, et le font prisonnier dans son lit. »

Cette affaire, suivie de la capture d’un autre poste à Wittenhausen, fit croire à un retour offensif de l’ennemi sur Munden et Cassel. Pour parer au danger qui menaçait sa base de ravitaillement, Contades renvoya en Hesse la brigade suisse de Castella, les volontaires étrangers et un régiment de dragons.

(1) Lettre de Munden du 6 juillet 1759. Archives de la Guerre, 3518.

En prètant à Contades le dessein de lui disputer la possession du Weser inférieur, Ferdinand avait singulièrement exagéré la hardiesse des conceptions de son adversaire. Le général français n’avait qu’un objectif beaucoup moins ambitieux, « Avant de passer le Weser, écrit-il à Broglie (1), qui plein d’ardeur songeait au siège d’Hameln, il fallait obliger M. le prince Ferdinand de le repasser le plus bas qu’il serait possible, pour l’éloigner toujours davantage de la Hesse et de ses places, tant de celles de Westphalie que de celles du Weser. La prise de Minden nous donne un avantage infini par son pont sur le Weser qui nous met en ftat d'y passer ce fleuve et de resserrer M. le prince Ferdinand sur l’Aller en le séparant d'Hameln et d'Hanovre. Il faut profiter d’un si grand avantage, et je pense comme vous que la réserve y serait très bien placée en attendant que j'aie obligé M. le prince Ferdinand de quitter les environs d’Osnabrück et de gagner le bas Weser. » Par malheur, les difficultés d'approvisionnement le retiennent sur place : « M. de Peyre m'a assuré hier qu'il ne pouvait plus fournir l’armée plus loin à cause de l'éloignement de ses établissements et de l’inexactitude des voitures qui amènent les farines de Francfort à Cassel et Paderborn. Je me vois donc arrêté malgré moi et obligé à laisser gagner tranquillement le bas Weser à M. le prince Ferdinand sans pouvoir le suivre plus loin... Ce que vous me proposez sur Hameln est digne de vous, et vous pouvez, Monsieur le duc, vous oreuper de cet objet auquel je concourrai pour quelques brigades à la rive gauche du Weser si vous en avez besoin. Je n’ai pas depuis hier matin de nouvelles des ennemis; nos troupes légères excédées dor ment sans doute, je vais les réveiller. »

Sur ces entrefaites, Broglie apprend la marche de Ferdi-

(1) Contades à Broglie. Hervorden, 11 juillet 1759. Archives de la Guerre, 3518,

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