PROJET D'ENVOYER PARIS DUVERNEY A L'ARMÉE
de l'argent que pour les opérations approuvées par son frère. Dans la position où l'on est, il faut ménager jusqu'aux fantaisies d’un homme dont on ne peut se passer. Le maréchal d'Estrées y a déjà été en partie sacrifié. Gardez-vous que par vengeance il ne vous prenne en grippe. »
Dans la lutte d'influence qui allait s'engager entre le prince du sang, chef de la grande armée, et les roturiers, maîtres des cordons de la bourse et ayant leurs entrées dans l'entourage le plus intime du souverain, la victoire devait rester aux derniers. Clermont le comprit et s'inclina d'assez bonne grâce. Il répond à Bernis (1) qu'il fera bon accueil à Duverney malgré les inconvénients que sa présence pourra entrainer. Avec Belleisle (2), il est plus explicite : « Nous avons ri plusieurs fois ensemble sur ce que la fureur de Duverney était d’être général; je ne me suis pas aperçu qu'en vieillissant il ait perdu ce goût-là, et cela n’est pas commode pour un homme qui commande une armée, surtout vis-à-vis de quelqu'un aussi despotique que l’est notre homme et qui est toujours prêt à s’en aller à Plaisance quand on n'est pas de son avis (3). Mais enfin plus grands seigneurs que moi lui passent quelquefois ces moments auxquels je ne sais pas donner de nom; ainsi je suis fait pour au moins en faire de même, et pourvu qu'il nous procure des utilités et des avantages, nous serons ensemble le mieux du monde et je lui passerai toutes ses prétentions. » À Duverney, le prince (+) dépêche une invitation des plus aimables : « Je sais que vous voyez toutes
} les lettres un peu importantes que j'adresse à la cour; elles
auront dû vous prouver combien un homme tel que vous
(1) Clermont à Bernis. Wesel, 4 mai 1758. Papiers de Clermont.
(?) Clermont à Belleisle. Wesel, 6 mai 1758. Papiers de Clermont.
(3) Résidence dans la banlieue de Paris, où Duverney avait l'habitude de se retirer, quand il ne faisait pas prévaloir son avis.
(4) Clermont à Duverney, Wesel, 7 mai 1758. Papiers de Clermont.
ER eo ES
manque à cette armée; je ne vous cacherai pas que vous ne me fussiez du plus grand secours. »
Aux ouvertures gracieuses du général en chef, le munitionnaire, en personnage qui sent toute son importance, réplique (1) en posant les conditions qu'il mettra à son concours ; il critique les procédés auxquels on venait d'avoir recours pour conjurer la crise des fourrages, prend la défense de Gayot et expose ses théories sur la séparation des pouvoirs : « Jamais le maréchal de Saxe ne s’est occupé de ce qu’on appelle les subsistances. » 11 termine en formulant son ultimatum : « Les principes que je lui ai remis sous les yeux (de V. À. S.)sont ceux que j'ai vu pratiquer de tout temps aux arme, et ce sont les seuls dont je puisse faire usage pour les subsistances de celle dont le Roi a confié le commandement à V. A. $., si Elle persiste à m'y appeler. » Sur cette question si controversée qui n'a été définitivement tranchée que par une loi récente, 1 Clermont, il lui faut rendre justice, était d’un avis totalement opposé : « Le général, écrit-il à un ami (2), doit avoir l'œil à toutes les parties, s'occuper des subsistances sans lesquelles il ne peut pas opérer, des hôpitaux pour conserver son monde... Vous me marquez qu'il est au-dessous d’un général d'avoir attention aux hôpitaux. La conservation des soldats doit être son principal but... La seule autorité réside dans le général. Il faut pour que les choses aillent bien que tous les chefs de chaque partie, ainsi que les parties elles-mêmes, soient subordonnés à lui. » On ne saurait mieux dire; cependant Clermont, malgré sa brusquerie militaire, était trop fin courtisan pour ne pas accepter l'inévitabie. Belleisle l'avait mis au courant (3) :
(1) Duverney à Clermont, 16 mai 1758. Papiers de Clermont. Ce document avait élé lu à un comité composé de Belleisle, Crémille et Bernis; il avait donc l'autorité d'un document officiel.
(2) Clermont à Pelletier. Wesel, 10 mai 1758. Papiers de Clermont. (3) Belleisle à Clermont, 16 mai 1758. Papiers de Clermont.
* vous
munitance, à son ait d’aprend sCcparane s’est ermine je lui ai vu P ‘à als dont dont le ersiste à rsée qui récente, is totaleoit avoir ces sans r conser- -dessous onservaseule aus choses hinsi que » On ne sa bruspas acant (3) :
e document nis; il avail