DÉSIGNATION DES LIEUTENANTS-GÉNÉRAUX
termine par le maintien, à la requête de Clermont, des brigadiers attaqués. C'est avec quelque raison que Mortaigne pouvait écrire : « Il vaudrait mieux ne pas donner d'ordonnance et des reglements, ou les suivre à la lettre, si le Roi veut avoir des armées militaires; sans quoi une main détruit ce que l’autre a fait. »
Un autre sujet de discussion entre le ministre de la Guerre et le généralissime était le choix des lieutenants-généraux appelés à faire la campagne. Belleisle, autrement énergique que le prince, aurait voulu le renvoi des divisionnaires dont l'insuffisance était notoire, mais désirait laisser la responsabilité de la mesure à Clermont qui résistait de son mieux. Le marquis de Villemeur et le duc de Randan étaient plus spécialement visés. Dans un billet du 12 mai, Belleisle suggère leur remplacement. Clermont prend la défense (1) du premier dont il n’a pas à se plaindre; quant à Randan qui est « extrèmement borné avec des prétentions qui gènent et impatientent », il est son ami; si la cour, qui l’a désigné, veut le rappeler, qu’elle le fasse ; pour lui, il s'en lave les mains. Belleisle insiste (2) : « Il (Villemeur) est aussi brave que tout autre pour essuyer des coups de fusil quand il sera subordonné et que rien ne roulera sur lui; mais la tête n'y est plus, quand il est devant l'ennemi et qu'il faut qu'il prenne un parti. » Ne pourrait-on pas le reléguer sur les derrières, le charger des approvisionnements? Puis avec un manque absolu de logique, le ministre ajoute : « Mettez-moi aussi, je vous prie, Monseigneur, en état de parler positivement à M. de Beauffremont (3) qui est devenu mon ombre. » Le généralissime, très jaloux de son autorité et très enclin à prendre le contre-pied de ce
(1) Clermont à Belleisle, 16 mai 1758. Papiers de Clermont. (1 Belleisle à Clermont, 9 juin 1758. Papiers de Clermont. (3) Beauffremont, qui avait été rappelé en disgrâce sur le rapport de Ri-
chelieu, demandait à retourner à l'armée.
nt ai ce
« Il vaudrait micux ne pas les nommer que de les désobliger au milieu d'une campagne d’une manière ulcérante. » Au surplus, Clermont ne fait pas mystère des ennuis que lui causent les exigences de ses divisionnaires : « M. d'Armentières a trouvé qu'il lui était désagréable $ d’être à l'infanterie en second sous M. de Contades ct a dé- Fr: siré être à la cavalerie. M. de Poyanne a souhaité rester aux b | carabiniers. Cela a fait remuer tous les officiers des ailes droites et des ailes gauches.. Ce ne sont point de simples demandes qu'on fait, ce sont des plaintes amères, douloureuses, et des droits revendiqués, et quelquefois l’honneur compromis. Enfin, M. le ministre, nous avons des 5 tètes et une armée dont il est bien difficile de venir à bout. »
Pendant que Clermont gaspillait en débats stériles les à quelques semaines de répit que lui laissait l’ennemi, le 1 prince Ferdinand déployait une activité infatigable à coinpléter ses eïfectifs, à restaurer son armée fort éprouvée par les marches du printemps. Ainsi que l'avait deviné la sagacité de Belleisle, au moment du retour des | Francais sur le Rhin, les Hanovriens étaient ircapables de continuer leur offensive. « Cette expédition d'hiver, écrivait Ferdinand (1) à Knyphausen, devenu ministre de Prusse à Londres, nous à valu un nombre prodigieux de malades. J'avais 30.000 hommes complets er la commencant, 1l m'en restait peu au delà de 20,000 en arrivant sur la Lippe. Posons maintenant, que les malades se rétablissent, et que les recrues arrivent toutes, l'armée sera en eflet alors de 55.000 hommes, mais ce sera une armée où il v aura au moins 15.000 recrues qui, faute l de temps pour les dresser, ne peuvent pas recevoir le pii qu'un soldat formé doit avoir. Il me semble d’ailleurs
| | Î qu'on lui propose, de répliquer avec quelque vérité : Î
(1) Ferdinand à Knyphausen. Munster, 14 mai 1758. Geh. Staat. Arch. Berlin.
ité :
lésoulcée des ires :
able a dé- Tr aux ailes nples doul’honis des nir à
les les mi, le able à sprouit deur des pables hiver, inistre prodiets ep 00 en alades , l'arle scra ,faute le pli illeurs
t. Arch.