RETRAITE DE VILLEMEUR SUR RHEINBERG
empècher autant que possible de pénétrer et de s'approcher, et aussi pour les retarder en les harcelant sans cesse, jusqu'à l’arrivée et la concentration en un seul corps de tous les régiments. »
Un effort sérieux dans la matinée du 2 juin eût peutêtre réussi contre les confédérés qui n'avaient encore (1) que 1.500 fantassins et #00 cavaliers sur la rive gauche; on se borna à lancer contre eux un détachement du régiment de la Marine, qui fut facilement repoussé. Pendant que le prince Ferdinand achevait tranquillement son pont, les Français, aidés des habitants, sujets prussiens qui ne demandaient pas mieux que d'être débarrassés de leurs hôtes, s'occupèrent à vider leurs magasins et à faire leurs préparatifs de départ. Le marquis de Villemeur, commandant du secteur, quoique renforcé dans le courant de l'après-midi par le due de Randan avec de l'infanterie et du canon, ne se crut pas assez fort pour tenter quelque chose contre l'ennemi; dans la nuit du 2 au 3 juin, craignant d'être cerné, il évacua Clèves, où il laissa ses blessés ct ses malades, et se retira sur Calcar, puis sur Xanten. Les pertes dans ces escarmouches, peu importantes pour les Francais, furent insignifiantes pour les Hanovriens. Le vainqueur installa son quartier général à Clèves, et ce fut de cette ville que Ferdinand put dater sa dépêche au roi d'Angleterre. Il n’y demeura pas longtemps; aussitôt re- Joint par son artillerie et ses équipages, ilse mit à la poursuite de Villemeur. En même temps, le pont de bateaux, remonté jusqu'à Rees, permit aux généraux Wutgenau et Sporeken de rallier avec leurs divisions restées jusqu'alors sur la rive droite. Le 8 juin, les confédérés prirent position entre Alpen et Sousbeck ; de son côté, l'armée francaise S'était rassemblée à Rheinberg où Villemeur, après un séjour de quelques jours à Xanten, vint la retrouver.
4) Reden, Feldzüge der allierten Armée, vol. 1, p. 57. GUERRE DE SEPT ANS, — T, Il 6
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Comme toujours, Clermont rejeta la responsabilité de l'échec sur son subordonné. Au dire du général en chef, Villemeur, très éprouvé par des coliques néphrétiques, n'aurait pas paru sur le théâtre de l’action, se serait laissé surprendre, et n'aurait pas su tirer parti des troupes à sa disposition, 12 bataillons, 21 escadrons et 1% canons (1), suffisantes pour repousser l'ennemi. A en croire le divisionnaire (2), il aurait, sur le rapport d'un officier envoyé à Arnheim, averti le quartier général de la réunion de 80 bateaux reliés par des planches et recouverts de foin, dans un bras du fleuve en territoire hollandais, et aurait réclamé des secours. La nuit du passage, il se serait porté avec 1.100 hommes du régiment de la Marine à l’aide du régiment de cavalerie Bellefond chargé de surveiller la rive; il aurait trouvé les Hanovriens trop solidement établis sur l’écluse pour pouvoir les aborder avec chance de succès; le renfort de 2,000 hommes, amené par Randan, serait arrivé à 7 heures du soir seulement, alors que les forces de l'adversaire s'étaient considérablement accrues. Dans ces conditions, usant de la latitude que lui ävait donnée Clermont, il s'était retiré le 3 juin à Marienburg, le # à Xanten. Le récit se termine par un aveu quelque peu naïf : « Les ennemis doivent avoir eu des moyens inconcevables pour exécuter leur projet avec autant de vivacité. » Villemeur, de la capacité duquel Belleisle avait une mince opinion, fut rappelé de l’armée; son collègue, le duc de Randan, n'échappa à une disgrâce semblable que grâce à l'intervention de Clermont et de Gisors, et surtout au crédit que lui assuraient son rang et ses relations à la cour, À la suite des rapports successifs qui lui parvinrent, le généralissime, qui avait cru d’abord à une tentative
(1) Ce contingent ne représentait qu'un effectif de 7.000 hommes environ dont la moitié seulement fut réunie dans la matinée du 2.
(2) Villemeur à Belleisle. Meurs, 14 juin 1758. Archives de la Guerre. Allemagne, vol. 3176.
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