‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 4 sur 361 · MAUVAISE DISTRIBUTION DES TROUPES FRANCAISES · texte numérisé non relu

MAUVAISE DISTRIBUTION DES TROUPES FRANCAISES

ses forces physiques ne lui eussent pas permis de remplir. Le choix de Clermont s'arrêta sur M. de Monteynard, ofcier travailleur, mais sans initiative, qui joua dans la campagne un rôle effacé. Crémille consentit cependant à rester en qualité de conseiller ; dès le lendemain de lu venue du prince, il écrivait (1), sans doute après s'être mis d'accord avec lui, pour protester contre ie départ des troupes destinées à la Bohème. Il annonçait les mouvements de Henri de Prusse sur Goslar, des Hanovriens sur l'Ilmenau et le débarquement probable d'une division anglaise à l'embouchure du Weser ou de l'Elbe. « Lorsque les recrues seront arrivées..., lorsque enfin les réparations des corps seront achevées, dont par parenthèse aucunes ne sont parvenues à leurs corps, pour lors, Monseigneur, cette armée-ci ayant repris la force et la consistance qui lui manquent, elle sera en état de se passer des 45 bataillons et des 40 escadrons qui lui sont si précieux aujourd'hui. »

Malherreusement, les troupes dont le généralissime allait prendre la direction étaient, on le sait, en fort mauvais état; effectifs réduits, cadres incomplets, beaucoup de malades, pas d'effets neufs, manque de chaussures, insuffisance de tentes, désorganisation des équipages; à toutes ces causes, qui aticignaient profondément la valeur morale et physique des soldats, s'ajoutait l'éparpillement des cantonnements. Isolés les uns des autres, répartis depuis Wolfenbuttel jusqu'à Brème, depuis l’Aller jusqu’au Rhin, les bataillons français, malgré la supériorité numérique du total, seraient inférieurs à l'ennemi au point d'attaque. Le premier cordon garnissait les rivières de l'Ocker et de l’Aller jusqu'au confluent de cette dernière avec le Weser et finissait à Brême; sur ces cours d’eau les villes de Goslar, Wolfenbuttel, Brunswick, Celle, Verden

(t) Crémille au ministre. Hanovre, 15 février 1758. Arch. de la Guerre.

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et Brême servaient de points d'appui qu'éclairaient des avant-postes établis à quelques lieues en avant de la rive droite. En seconde ligne, se trouvaient les garnisons du Hanovre et des places du Weser, puis en troisième, les détachements auxquels était confiée la garde des communications avec le Rhin; enfin, presque hors de portée, la brigade d'occupation de l’Ost Frise et l’ancien corps de Soubise cantonné depuis Gottingue jusqu’à Hanau sur le Mein.

Les inconvénients d'une distribution aussi vicieuse avaient depuis longtemps attiré l'attention du général des confédérés, Ferdinand de Brunswick; et dès la rupture de l'armistice, au mois de décembre 1757, ce prince s'était jeté, par une pointe hardie, sur les quartiers de l’armée française. Cette tentative avait échoué grâce à la rigueur de la saison et, il faut le reconnaitre, à l’énergique attitude du maréchal de Richelieu; mais Ferdinand n'avait pas renoncé à un projet dont l'exécution n'était qu'ajournée. Le répit dont les Français ne surent pas se servir, fut utilisé par leur adversaire à exercer, recruter et habiller ses troupes, à compléter son artillerie et à organiser ses convois. En réponse à l'appel de son cousin, Frédéric mit à sa disposition 15 escadrons prélevés sur le corps de Lehwaldt sous le prince de Holstein Gottorp, et donna ordre à son frère Henri de seconder, avec une division de 7 bataillons et 6 escadrons, le mouvement des Hanovriens par ure démonstration dans la direction de Hildesheim. Selon son habitude, le roi de Prusse joignit à ses promesses de renforts le conseil d’une vigoureuse offensive, et des appréciations peu flatteuses sur l'ennemi à combattre : « Vous avez vu (1) auprès de Rossbach ce que c’est que les troupes françaises et leur misère. Pen-

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(1) Frédéric au prince Ferdinand de Brunswick. Breslau, 3 février 1758. Correspondance Politique, vol. XVI, p. 219.

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