‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 46 sur 361 · MALENTENDU ENTRE CLERMONT ET BELLEISLE · texte numérisé non relu

MALENTENDU ENTRE CLERMONT ET BELLEISLE

saisit fort mal l'esprit, comme le prouve sa lettre du 20 (1): « Toutes mes nouvelles disent que l'armée des ennemis est arrivée aujourd'hui, sa droite à Kempen et sa gauche à Hulste, Je me suis arrèté derrière la landwehr, devant une position où j'ai reçu l'ordre du Roi de ne pas combattre, si ce n’est avec certitude de succès. Cela m'empèche de passer la landwehr pour marcher à l'ennemi; la position que je garde me procure quelque avantage s’il vient m'y attaquer. » Même note deux jours plus tard (2) dans une dépêche signée du général en chef, mais rédigée par Mortaigne : « Je n'ai donc été occupé depuis deux jours que j'ai recu les ordres que vous m'avez annoncés de la part du Roi de ne pas agir offensivement, et au contraire de aire faire des redoutes pour assurer mieux ma position. » De son côté, Mortaigne écrit au ministre (3) : « J'ai eu celui (l'honneur, de vous mander effectivement que nous allions combattre le prince Ferdinand ou le forcer :. repasser le Rhin, et cela serait terminé sans la dépèche qu'a recue M. le comte de Clermont qui lui ordonnait de ne rien hasarder, de rester où il était, d'y faire même des redoutes pour assurer sa position. » On peut se figurer la stupéfaction de Belleisle (4) quand il apprit le sens que le généralissime et son conseiller avaient attaché à ses instructions. Alors qu’il avait toujours cherché à réagir contre l'indécision et la faiblesse du commandement, c'était sur lui que Clermont et Mortaigne faisaient retomber la responsabilité de leur inaction; aussi protesta-t-il énergiquement contre l'interprétation donnée aux termes de sa lettre; mais avant que sa réponse ne parvint au quartier général, le

(1) Clermont à Belleisle. Vischelen, 20 juin 1758. Papiers de Clermont. (2) Clermont à Belleisle. Vischelen, 22 juin 1758. Papiers de Clermont. (3) Morlaigne à Belleisle. Vischelen, 22 juin 1758. Archives de la Guerre, (4) Voir le récit. de cet incident dans Camille Rousset, Comte de Gisors, p. 473 et suivantes,

prince Ferdinand avait tranché la question en prenant l'initiative de l'attaque. | Depuis le passage du Rhin par lequel leur campagre À avait si brillaniment débuté, les confédérés avaient su maintenir leur supériorité. C'était à bon droit que leur général pouvait mander (1) au roi George : « J'ai lieu de 1 croire que la petite marche que j'ai faite ce matin de Clos- 3 ter Camp jusqu'ici (Rivitch) a de nouveau dérangé un peu à ses projets (de Clermont). » Le 16 juin, Ferdinand était à : Altkirchen, assez préoccupé de l’arrivée à Crefeld d’une | division française sous les ordres de Saint-Germain, que C4 Clermont y avait postée pour couvrir sa retraite sur Neuss. Le général hanovrien « alla reconnaitre en personne du à côté de Kempen la position du corps détaché de l'ennemi L. à Crefeid, mais sans pouvoir deviner par quelle raison il avait placé ce détachement autant éloigné de son armée ». Au lieu de profiter de la situation en l'air de Saint-Germain pour l'écraser, il ne voulut pas agir avant d'avoir } ‘appelé à lui les fractions restées en arrière sous les généreux Wangenheim (2) et Sporcken. En attendant la jonc- | tion, le prince héréditaire de Brunswick devait se rendre | compte des forces qu'on avait devant soi et, si on n'avait l| affaire qu'à une division isolée, exécuter une pointe sur Ruremonde qu'on espérait enlever avec ses magasins et sa L. + garnison. La marche en avant de Clermont, qui vint cam- L per sur la landwenñr pour appuyer Saint-Germain, fit renoncer à cette entreprise. « Le 20 de juin (3), toutes les L troupes dontS,. A. S. (le prince Ferdinand) pouvait disposer se {rouvèrent ainsi réunies dans ce camp, dont !a droite allait vers Kempen et la gauche vers Hulste; le quartier général fut marqué au premier endroit... L'armée, la- rot

A (1) Ferdina :à à George. Rivitch, 14 juin 1758. Record Office, (2) Wangenheim avait été chargé de surveiller Dusseldortf. " (3) Relation de Jai bataille de Crefeld apportée à Londres par le colonel

Reden. Record Office.

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