FORCES RESPECTIVES DES COMBATTANTS
quelle rénnie telle qu'elle fut, présenta une armée de 35 bataillons et 58 escadrons, inclusivement les 6 escadrons de hussards. Son Altesse s'était attendue que le prince de Clermont avancerait ce jour sur lui pour le combattre, mais il se passa sans aucun événement considérable. » Le 21, Crefeld fut évacué puis réoccupé par les Français; le prince Ferdinand profita de l'intervalle entre ces deux mouvements contradictoires pour examiner, du haut du clocher (1), les positions de Clermont. Le 22, nouvelle reconpaissance (2) « particulièrement du côté de Saint-Antoine, dans la bruyère qui menait vers leur gauche; et quoiqu'Elle {$. A. le prince Ferdinand) trouvât maintes difficultés, principalement en égard d’un terrain extrèmement coupé par des bois et broussailles et de champs clos entourés de larges et -"1fonds fossés, Elle résolut de marcher le lendemain sur 1 ennemi et de l’attaquer dans son camp ». Les régiments confédérés étaient en bon état et pouvaient mettre en ligne (3) 25.000 baïonnettes et plus de 8.000 sabres.
Dans l'arméc de Clermons, si les bataillons et escadrons étaient plus nombreux, les effectifs par unités étaient très inférieurs, et parmi les présents, il y avait bon nombre de recrues et de miliciens à peine incorporés et mal instruits. Vers cette époque, Cressener (4) évaluait la moyenne des batailions français à #20 hommes sur lesqueis presque la moitié ne savaient pas se servir de leurs armes. D'autre part, un étst de Cornillon (5), pos-
(1) Relation de Reden dé’à citée.
2) Relation succincte de l'affaire du 23 juin. Papiers du prince Xavier de Saxe, Archives de Troyes.
(3) Un état détaillé du 24 août donne 852 afliciers et soldats par bataillon 60156 par escad'on, malades compris; nous avons estimé les bataillons à 740, les escadrons à 140.
(1) Cressener à Holdernesse, 19 juin 1758. Cressener's Correspondance, Record Office, nu Cornillon à Belleisle. Weringen, 26 ‘uin 1758, Archives de la Guerre,
térieur de trois jours à la bataille de Crefeld, fait ressortir les bataillons l’un dans l’autre à 45% officiers et soldats. D'après ces données, les 73 bataillons, 111 escudrons et troupes légères (1) rassemblés par Clermont et présents dans la zone d'action, peuvent être comptés à un total de 3%#.000 fantassins (2) ct artilleurs et 13.000 cavaliers de tous rangs.
Essayons de donner une idée du théâtre du combat qui allait s'engager. Entre les villes de Kempen et Huls au nord, et les villages de Willich et Osterath au sud, s'étend une plaine (3) où se dressent aujourd’hui les usines du grand centre industriel de Crefeld, et où s’entassent les nombreuses habitations de la population ouvrière qui en dépend. Les maisons de Saint-Tonis et de Fischeln se rejoignent et font de cette région une des plus peuplées de l'Allemagne. Au milieu du dix-nuitième siècle, il n’en était pas ainsi. Crefeld, bourg de peu d'importance, et les villages voisins étaient séparés les uns des autres par des bruyères et par un réseau de bois, de champs et de prés; dans le fond de verdure, on distinguait à peine les chaumières des paysans, entourées chacune de vergers à cein ture de iossés »lantés de saules. Le pays était un fouillis de haies, de taillis, de bosquets, de rigoles pour l’écouiement des eaux, au-dessus duquel émergeaient les clochers des églises. A peu près à égale distance de Saint- Tonis et de Willich, la contrée était coupée par une muraille souronnant un talus en terre, le tout envahi par les ronces et les broussailles; de chaque côté, des
(1) Monteynard au ministre. Neuss, 17 juin 1758. Archives de la Guerre, 3477. L'ouvrage de l'état-major allemand donne 91 bataillons; de ce chiffre, il faut défalquer 12 bataillons sous Beaussobre gardant les bords du Rhin et
les 6 bataillons des gar aisons de Dusseldorf et de Cologne.
(2) Mortaigne évali l'effectif de Crefeld à 32.000 fantassins et 10.000 chevaux.
(3) Cette description est empruntée à un article de M. de Schaumburg, Annalen des historischen Vereins fur den Niederrhein. Cologne, 1858. Voir la carte à la fin du volume,
| resrs et [A esrmont mptés us et
at qui uls au s'étend nes du ent les qui en a se replées de en était les villapar des de prés; es chaus à cein fouillis r l’'écoules clole Saintpar une t envahi té, des la Guerre, e chiffre, il du Rhin et
s et 10.000
haumburg,
ogne, 1855.
Fe
tranchées larges et profondes qui, en temps de pluie et dans les saisons humides, servaient de déversoir aux eaux du voisinage Cette espèce de retranchement, appelée landwehr, souvenir des fortifications du moyen-âge, et dont il ne reste presque plus de traces aujourd'hui, ne pouvait être franchie qu'à des intervalles espacés, par des ponts qu'empruntait la voirie fort imparfaite de l’époque. Clermont, il est vrai, estimant ces débouchés insuffisants pour l'offensive qu’il avait rêvée, en avait fait ouvrir de nouveaux. Un canal de décharge courant vers le ruisseau de la Vleut ou Schüppe, prolongeait au nord-ouest la
landwehr et transformait en défilés les communications
entre les villages de Vorst et d’Anrath.
Au sud de la landwehr, à l'extrémité de la grande bruyère et aux confins des cultures d’Anrath et de Willich, s’allongeait une succession de cours de fermes, adossées à des boqueteaux, bordées de talus et entourées d’un dédale de fossés se reliant au canal de décharge. La ligne ainsi formée décrivait avec celle de la landwebhr un angle rentrant très aigu. ILest presque superflu d'insister sur le parti que la défense devait ‘irer de ces obstacles naturels, dont l’assaillant ne pouvait approcher qu'après avoir traversé la zone découverte des champs et des prairies d’Anrath. La angée de fermes continuait, sans interruption, depuis la cense de Stock sur la landwebhr jusqu’à la route de Willich à Fischeln: derrière elle, et à la suite du bois sur lequel elle s’appuyaît, on retrouvait la plaine où était campée l'armée de Clermont.
En résumé, le pays qui séparait Les deux belligérants était un amalgame de bruyères, de taillis, de pâturages, de vergers, entremêlé de haïes et de cours d’eau; les habitations, pour la plupart isolées, reproduisaient en miniature, etchacune pour son propre compte, l'aspect général de la contrée. Partout des banquettes plantées d'arbres, des étangs, des prés mal drainés et émaillés de bosquets. Au
4 2e scAES
centre, la formidable barrière de la landwebhr constituait une excellente ligne de résistance qu'il serait très difficile d'aborder de front. A cette ligne, les villages de Crefeld et de Saint-Tonis en avant du centre, celui d’Anrath sur la + gauche, servaient, avec leurs franges de fortifications naturelles, d'avant-postes qu'il serait facile de maintenir long-
temps, même contre un assaillant supérieur. A droite, les
marais de Ncer, à gauche, ceux que forme le Schupp-fluss,
petit affluent de la Nierse, mettaient les flancs extrèmes à
l'abri d’un mouvement tournant. A tous les points de vue,
la position en arrière de la landwehr présentait pour la . défensive des avantages appréciables, mais pour en profiter, il était indispensable de retarder l'approche de l’ennemi en conservant le plus longtemps possible les villages situés en avant. D'autre part, il fallait fermer les débouchés d’Anrath et interdire à l'adversaire l’accès de la plaine qui se déroule entre ce hameau et celui de Willich, ou tout au moins, si une pareille extension offrait des inconvénients, compléter par des ouvrages de campagne les clôtures et les fossés qui couvraient les abords du camp francais. On sorgea, il est vrai, à élever de ce côté quelques redans, mais pendant les quatre jours qui précédèrent la bataille du 23, le temps ou plutôt l'énergie fit défaut pour accomplir la tâche. On commença bien, dans la matinée du 23 (1), à tracer vis-à-vis d’'Anrath une redoute pour 5 pièces de canon, mais l'attaque de Ferdinand vint interrompre la besogne.
Voyons maintenant le parti que Clermont et son étatmajor avaient tiré des dispositions du terrain. Dans une lettre du 22 juin, qui allait être la dernière de cette longue et intéressante correspondance avec son père, Gisors résume ainsi (2) la situation : « La droite appuyée à des
om =
ER
(1) Officier du génie à Derainsault, 16 juillet 1758. Archives de la Guerre, | (2) Gisors à Belleisle. Fischeln, 22 juin 1758. Lettre citée par Camille | Rousset,
tuuit ficile ld et ur la natulongle, les -fluss, mes à e vue, our la | profie l’enillages ouchés ine qui tout au snients, ures et rais. On redans, la baut pour matinée te pour t inter-
bn étatns une longue sors rée à des
r Camille