‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 49 sur 361 · SAINT-GERMAIN OCCUPE LES FERMES EN FACE D'ANRATH · texte numérisé non relu

SAINT-GERMAIN OCCUPE LES FERMES EN FACE D'ANRATH

mouvements auxquels il attribua le caractère de reconnaissances, et ne crut au danger immédiat de sa gauche que sur le rapport que lui firent Mortaigne et Contades de ce qu'ils avaient vu à Anrath. Ce fut, en effet, de ce côté que vinrent les informations décisives : « Enfin à ; , heures on sut (1) positivement que les hussards prussiens étaient déjà à Aurath et que la colonne dont ils avaient l’avantgarde débouchait par la landwehr à notre gauche. Il n’y eut plus moyen alors de douter que toute l’armée prussienne et hanovrienne ne s'avancât pour nous donner bataille en déployant ses trois colonnes sur tout notre front. La générale fut battue et l'armée tout entière se porta sur la ligne de la landwebhr, au premier rang l'infanterie, au second la cavalerie. Pendant ce temps le feu du canon augmentait insensiblement du côté de Crefeld où l'ennemi faisait sa fausse attaque; on renforça notre droite de troupes comme si cette attaque eût déjà été décidée la véritable. » Voici en quels termes le prince Xavier de Saxe, qui était présent, ou le narrateur inspiré par lui, raconte le début de la bataille : « Les colonnes hanovriennes marchaient toujours, celle qui se portait sur Crefeld marchant très lentement et faisant fréquemment halte. Insensiblement, vers les deux heures, le feu changea de direction. La canonnade devint plus vive de part et d’autre sur notre gauche... Dès lors on vit clairement que tout se réunissait dans ce point, et M. de Saint-Germain avec une réserve formant en tout 16 bataillons (2), se porta promptement dans les bois du débouché d’Anrath, en avançant encore la brigade de la Marine plus près de la colonne hanovrienne pour éclairer et reconnaitre plus parfaitement sa

(1) Relation succincte de l'affaire du 23. Papiers du prince Xavier de Saxe. Archives de Troyes,

(2) Cette division, empruntée à la deuxième ligne, se composait des régiments Suivants : Marine à 4 bataillons; Touraine, Couronne, Chartres, Brancas et Lockman (Suisse) à 2 bataillons; La Marche à un bataillon : en tout 15 bataillons et non 16 fournissant de 6.500 à 7.000 hommes.

marche et sa destination positive, » Le débouché d'Anrath dont parle le récit, était ce labyrinthe de bosquets, de cours, de talus et de fossés qui bordait la bruvère en face d’Anrath et de Willich. C'était dans ces cours, que nous avons décrites plus haut, qu'étaient accourus la brigade de la Marine et les autres régiments de la division de Saint-Germain. Derrière le rideau de bois, entre Willich et Fischeln, était postée la réserve de 26 escadrons composée des carabiniers et de dragons.

Il devait être deux heures quand le prince Ferdinand atteignit la plaine entre les maisons d'Anrath et la chaine de fermes que venaient d'occuper les soldats de Saint-Germain. Le rapport hanovrien relate comme suit les premières phases de l’action: « Le duc prince Ferdinand (1) fit avancer incontinent son artillerie qui, de beaucoup supérieure à celle de l'ennemi (2), facilita à notre infanterie les moyens de pouvoir se former vis-à-vis de ce bois, et à notre cavalerie à s'étendre sur notre droite vers le village de Willich, faisant mine de vouloir tourner leur flanc gauche pour les prendre à dos. Après une canonnade aussi véhémente que bien suivie, S. A. voyait bien qu'il en faudrait venir au point à tâcher de chasser l'ennemi de ce bois par le petit feu ; ce pourquoi S. A. le Prince héréditaire se mit lui-même à la tête de la première ligne... Elle avança avec tout le front tout droit vers le bois; le feu y devint alors extrèmement vif de part et d’autre, et ne discontinua en aucune facon pendant deux heures et demie de temps, Entre temps, tous les autres bataillons entrèrent pareillement dans ce bois, de facon qu'il n’y eut que 8 escadrons qui formèrent dans la plaine un corps üe réserve prèt à être employé où les circonstances le demanderaient. Les autres seiz : escadrons qui se trouvèrent à notre

(1) Relation de Reden, 29 juin 1758. Ferdinand's Correspondance. Record Office.

{2) Les Français n'avaient dans le bois que leurs pièces régimentaires.

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