‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 51 sur 361 · LES CONFÉDÉRÉS S'EMPARENT DU BOIS DE WILLICH · texte numérisé non relu

LES CONFÉDÉRÉS S'EMPARENT DU BOIS DE WILLICH

Pour couvrir leur retraite, à défaut d'infanterie il fallut

d'un s. dt k engager la cavalerie. Voici en quels termes le rapport du | Lao colonel hanovrien Reden (1) décrit le combat de cette arme pol N qui termina la journée : « La confusion alors se mit dans ni toute cette infanterie ennemie, laquelle se retira péèlex y mèle hors du bois sans que jamais elle püt être ralliée. La NS nôtre la suivit mais sans jamais oser la poursuivre à cause an de la cavaierie, laquelle, malgré le feu terrible de notre e ( D: artillerie, tenait non seulement la meilleure contenance du de à monde, mais garantissait aussi leur infanterie ensuite, à pres ne rien avoir à appréhender de notre cavalerie, laquelle | jé À entre cinq et six heures du soir avait trouvé moyen de par | ne venir sur la plaine. Les dragons des Hessois et le régiment il il du corps cavalerie de la mème nation eurent deux chocs À 4 pi avec les carabiniers royaux de Provence et le régiment de À Veux Roussillon, et les culbutèrent. Voilà tout ce que la cava- (4 por lerie eut à faire dans cette journée. Un escadron des caraga biniers tàcha de pénétrer par notre infanterie et attaqua les ds à bataillons de Post et de Drèves; mais il y perdit beaucoup 1 ane . de monde, et quoique une quarantaine d'eux percèrent | he elfectivement, ils ne purent jamais rejoindre leurs corps et PE É furent tous tués à coups de feu et de baïonnette. » de Il 4 Ce récit ne rend pas justice à la cavalerie française fl : bri- dont une partie, et notamment les carabiniers, se com- {ll j Le porta vaillamment. Le prince Ferdinand le reconnait : ll corps « Le succès du combat, écrit-il au roi George (2), fut ul dans longtemps balancé; la cavalerie ennemie eut quelque sucnt par cès; elle fut arrêtée par les dragons bleus de Hesse et | À nt ee É échoua ensuite entièrement contre trois bataillons de la | 3 bri- È brave infanterie de Votre Majesté. » Lamy du Châiel cons- 4: ne EL ! tate (3) la belle conduite des carahiniers : « Les 10 esca- | | É nmen- 4 (1) Relation de Reden, 28 juin 1758. Record Office. daient ; . Ferdinand au roi George. Crefeld, 24 juin 1758. Record Office.

Lamy du Chatel au Ministre, 24 juin 1758. Archives de la Guerre, | vol, 3477,

drons des carahiniers pénétrèrent dans l'infanterie, et s'ils avaient été suivis de la cavalerie en seconde ligne qui ne marcka pas, l'infanterie ennsmie était défaite. Les brigades d'Aquitaine et Royal Roussillon chargèrent en mème temps; mais elles ne purent pas percer; elles plièrent seulement quelques escadrons ennemis, de sorte que les carabiniers furent oblisés de repercer une seconde fois pour se retirer. Rien ne peut égaler leur valeur en cette action, et un si bel exemple aurait dû engager la seconde ligne à les suivre. »

Mortaigne est plus sévère dans son commentaire (1) : « M. le comte de Clermontenvoya deux fois l'ordre, maisil n'y eut que les carabiniers et deux brigades qui chargère.t; les carabiniers n’ont pas été sacrifiés, mais ils n’ont pas été soutenus, puisqu'il y a de leurs escadrons mêmes qui n'ont pas chargé, ni l'officier général qui les commandait; cependant il en est aujourd'hui le commandant. faveur qu'il ne devait pas espérer... Je suis retourné reconnaitre les mouvements de l'ennemi et voyant qu'il se formait dans la plaine et que notre cavalerie ne chargeait pas, je rejoignis M. le comte de Clermont pour lui représenter la nécessité de faire charger la cavalerie. Il me répondit tout haut : « Je leur ai déjà fait dire deux « fois, elle ne le veut pas; que voulez-vous que j'y fasse? » Tout le monde l'a entendu, les princes et M. de Contades qui était auprès de M. le comte de Clermont, et tout ce qui était à portée. Sur ces entrefaites la cavalerie, quoique en ordre, fit un mouvement rétrograde, cela donna encore plus de facilité à l'ennemi d'achever de déboucher et de se former, cavaleric et infanterie. »

Il y eut,en réalité, plusieurs engagements distincts; les carabiniers eurent raisou des premiers escadrons ennemis qui avaient pu se dépétrer des clôtures et du bois à l'ex-

1) Mortaigne à Belleisle, 20 juillet 1758, Archives de la Guerre, voi, 3479. 5 ’ ,

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CHARGES DES CARABINIERS. it

trème droite des alliés, près de la ferme de Inger Hof, et rejoindre leurs fantassins ; puis ils se jetèrent, sans beaucoup de succès, sur 3 bataillons hanovriens dont le feu, délivré à bonne portée, leur infligea des pertes cruelles. Ce fut là que leur jeune et brillant colonel (1), le comte de Gisors, recut la blessure mortelle des suites de laquelle il succomba quelques jours après. Un jeune cornette de dix-huit ans, M. de Baïlloud, traversa avec son peloton la ligne ennemie, se trouva séparé de l’armée, gagna Gladbach, et rejoignit, le lendemain, avec 25 hommes dont 8 blessés (2), ramenant comme prisonnier un colonel hanovrien. Le chevalier de Groslier se distingua aussi par son entrain et sa bravoure. Pendant ces rencontres, le prince de Holstein avait pu gagner la plaine entre Willich et Hoxhôüfe, et y former ceux de ses escadrons (une vingtaine environ) qui n'avaient pas encore pris part à l'action. 11 les lança sur les carabinirrs qui reveraient en désordre de leur charge et sur les brigades de Royal Roussillen et d'Aquitaine qui accouraient au secours. Cette

attaque réussit ; les 22 escadrons français, qui seuls se bat-

tirent à l'arme blanche (3), allèrent se rallier sous la pro-

tection des dragons et du reste de leur cavalerie qui

n'essayèrent pas de prendre la revanche. Leurs pertes

avaient été lourdes : le chevalier du Muy, commandant

des deux brigades, et le comte de Lauraguais, colonel du

Royal Roussillon, y furent blessés de coups de sabre; les

carabiniers eurent 53 officiers et 355 cavaliers mis hors de

combat.

(1) Gisors, nommé tout récemment lieutenant commarñdant du corps des Carabiniers, avait rejoint quelques jours uvant la bataille.

(2) tiermont à Béileisle, Weringen, 26 juin 1758. Papiers de Clermont, vol. XXXVIIL Bailloud obtint pour cette action d'éclat une commission de colonel, une pension de 800 livres et la croix de Saint-Louis (Luynes, XVI, p. 482).

(3) Fumel, major général de la cavalerie, 25 juin 1758. Archives de la ’ | Guerre, 8477

Il était près de sept heures quand finirent les mêlées que nous venons de décrire. Clermont avait donné le signal de la retraite qui fut exécutée en bon ordr2, de l’aveu même de l'ennemi. Les grenadiers de France, qui étaient survenus trop tard pour empècher la déroute de la division Saint-Germain, prirent position pour protéger le défilé de l’armée et en imposèren£ par leur bonne attitude. Au centre et à droite, la lutte s'était bornée à une canonnade assez meurtrière pour les Francais, à en juger par le déchet des régiments qui bordaient la landwehr en face de Saint-Tonis. Oberg, profitant du recul du centre français qui avait suivi la défaite de Saint- Germain, occupa les débouchés de Stock et Hückelsmey sur la landwehr, et donna la main au prince Ferdinand. Sporcken se contenta d° surveiller de loin la marche des Français sans l'inquiéter. « Ils n'avaient jamais osé attaquer le front qui leur fut opposé, rapporte Reden; par conséquent la droite et le centre de l'ennemi se retira paisiblement dans le plus grand ordre du monde du côté de Neuss, nous cédant le champ de bataille. » Clermont arriva l’un des premiers dans cette ville où il établit son quartier général; Saint-Germain avec sa division fort délabrée n°y parvint que le lendemain matin à neuf heures.

Les pertes des Français furent sérieuses (1). Pour l’infanterie, elles se montèrent à 2.912 officiers et soldats tués, blessés et disparus, sur lesquels plus de 2.000 appartenaient aux 15 bataillons de l’aile gauche. La cavalerie accusa un déficit de 1.286 de tous rangs dont plus de 900 des régiments qui avaient chargé. Les chiffres officiels (2) de l’armée confédérée furent bien inférieurs;

(1) Annexes au rapport de Clermont, 24% juin 1758. Papiers de Clermont, vol. XXXVIIS, Le chiffre de tués est rapporté comme supérieur à celui des blessés, les disparus et pour plusieurs corps les blessés sont confondus avec les morts.

(2) Ouvrage de l'état-major prussien, Berlin, 1826, vol. II.

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