‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 52 sur 361 · PERTES DES DEUX ARMÉES · texte numérisé non relu

PERTES DES DEUX ARMÉES

ils atteignirent 1.619 tués, blessés et disparus, dont 279 seulement pour leur cavalerie. L'écart s'explique par un certain nombre de prisonniers faits dans le comiat du bois, et par la supériorité marquée de l'artillerie du prince Ferdinand, au feu de laquelle restèrent exposés, pendant plusieurs heures, les défenseurs de la landwehr. L’artillerie française, soit insuffisance de me tériel, soit mauvais emplacement des batteries, se montra très au-dessous de ce qu’elle avait été à Hastenbeck. En fait de trophées, le vainqueur ramassa 6 drapeaux et trois canons dont les affüts avaient été brisés 2t que les Français ne purent pas emmencr.

A l'occasion de la bataille de Crefeld, il est curieux de relever une de ces réclamations, si usuelles aujourd'hui, sur l'emploi de projectiles prohibés par les lois de l'humanité. Le colonel Reden, à propos de la demande d'un chirurgien français pour donner des soins au comte de Gisors, ajoute à sa lettre (1) le message suivant : « S. A.S, le duc r'erdinand m'a ordonné en outre de vous envoyer cette espèce de cartouche de clous que nous avons trouvée parmi les charges et les boulets de canon avec quoi votre artillerie a manœuvré hier contre nous. S. A. le due Ferdinand connait lrop l'humanité de M: le Comte de Clermont pour n'être pas persuadé que ceci s’est fait sans son ordre et à son insu. » Du camp français, on fournit une explication des plus satisfaisantes : le prélendu projectile «s'appelait pelote de maréchal et servait à ferrer les chevaux qui se déferreraient dans les marches et à reclouer les bandes des roues » ; ilne pouvait être utilisé pour le tir.

Nous avons vu le prince Ferdinand rendre hommage à la valeur de ses antagonistes; un autre témoin étranger, le colonel autrichien Kettler, qui avait repris ses fonctions au quartier général de Clermont, tient le même langage :

(1) Reden à Blaisel, 24 juin 1758. Papiers de Clermunt, GUERRE DE SEPT ANS. — T. Il,

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« Les Français, écrit-il (1), ont recouvré l'honneur des armes perdu à Rosbach, » Mais si, à Crefeld, la conduite des soldats des deux armées fut digne d’éloges, il n'en fut pas de même de la tactique des généraux rivaux. Le prince Ferdinand tenta contre un adversaire qu’il savait supérieur une manœuvre des plus dangereuses. « Le plan du duc à la bataille de Crefeld, écrit Napoléon, a été contre la règle qui dit : Ne séparez jamais les ailes de votre armée les unes des autres, de manière que votre ennemi puisse se placer dans les intervalles. IL à divisé sa ligne de bataille en trois parties séparées entre elles par des défilés; il a tourné toute une armée avec un corps en l’air, non appuyé, qui devait être enveloppé et pris. » La critique, si fondée qu’elle soit, suppose chez le défenseur le coup d'œil nécessaire pour profiter des fautes de l'assaillant. De ce coup d'œil, nous ne discernons la moindre trace, ni chez le pauvre Clermont, ni chez ses principaux conseillers. Mortaigne, questionné par Belleisle, allègue les dangers d’une contre-attaque : «IL n'eût pas été prudent de faire passer la landwehe aux troupes qui la bordaient; l’ennemi qui était en présence se serait replié, et les troupes de la gauche étant percées, les troupes de la landwehr se seraient trouvées entre deux feux et n'auraient pu se retirer; mais si on avait réussi à la gauche comme cela devait être, c'est 1lors qu’on aurait passé la landwehr et qu'on aurait eu une victoire complète. Je n'adopte pas de faire détruire une armée dans un jour sans espoir de réussite; il faut ètre brave pour soi et prudent pour les autres. » Admettons que Clermont et son étatmajor aient été incapables d’improviser un mouvement offensif, tout au moins devaient-ils prendre les mesures pour gagner l’action défensive qui, d’après eux, était dans les vues de la cour. Pourquoi ne pas construire les re-

(1) Kettler à Kaunitz. Voringen, 26 juin 1758. Archives de Vienne.

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