FERDINAND REPASSE LE RHIN
donc au général français de renoncer à tout espoir d'inquiéter le retour des Hanovriens sur la rive droite; il se contenta de détacher le marquis d’Armentières pour les surveiller, et commenca à faire à Burich, en face de Wesel, pour sa propre traversée, des préparatifs qui furent entravés par la crue anormale des eaux.
Malgré la rapidité et l'habileté de ses mouvements, et malgré l'échec de l’entreprise de Chevert, Ferdinand n'était pas tout à fait rassuré sur l'heureuse issue de son équipée de l’autre côté du Rhin; il trouvait sa situation encore critique (1) : « Ayant l'ennemi en front, deux forteresses qui sont aux mains de l'ennemi; sur moi deux fleuves, et ur. fleuve sorti d’une manière tout à fait extraordinaire de son lit au dos. Il n’y a pas moyen de tirer parti de mes magasins pour faire subsister l'armée, l’inondation ayant rendu les ponts impassables et personne ne pouvant presque approcher du bord du fleuve... L'extrème difficulté de ce passage, qui semble même tenir de l'impossible, ne m'empêchera pas cependant de le tenter avec l’aide de Dieu. »
Grâce à l'énergie du chef et à la bonne volonté du soldat, les obstacles furent surmontés ; le pont de bateaux, ramené de Rees, fut jeté entre Griethuysen et Spyk. Les troupes défilèrent pendant les journées des 10 et 11, et à cette dernière date, Ferdinand put mander à Holdernesse (2) que si la traversée du Rhin avait été longue et très laborieuse, il n’y avait perdu « ni un seul homme ni la moindre chose du bagage ». Le soir du 11 août, l’armée confédérée était réunie sur les hauteurs d'Elten d’où elle était partie à la fin du mois de mai.
Bien autrement épineuse tnt été la position du prince Ferdinand sans la piteuse défaite des Francais sur la rive droite du Rhin. Cependant l'opération avait été combinée
) Ferdinand à George, Xanten, 7 août 1758. Record Office.
(1 (2) Ferdinand à Toldernesse. Ober-Ette, 11 août 1758. Record Office,
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de vieille date et la direction en avait été confiée au meilleur divisionnaire de la grande armée. Dès le 22 juillet, Chevert avait quitté le quartier général, muni d'instructions secrètes; tout d’abord il s'agissait d'essayer de s’emparer de Dusseldorf par surprise; comme mesure préalable, il fallait rompre le pont qui reliait cette ville à la rive gauche et couper ainsi au prince Ferdinand toute communication avec la garnison. Les préparatifs prirent du temps et, malgré un accès de fièvre qui vint fort à propos colorer le séjour du général à Cologne, donnèrent l'éveil aux espions anglais et allemands qui fourmillaient dans la ville. Enfin, le 30 juillet, Chevert pertit (1) de Cologne avec une division de 8 bataillons, quelques compagnies de grenadiers, des volontaires, un régiment de dragons, une cinquantaine de hussards et un petit détachement d'artillerie, en tout #.505 combattants; ces troupes, commandées par les brigadiers Voyer et Vence, n'étaient pas de première qualité et comprenaient dans les rangs beaucoup de miliciens récemment incorporés. L'agent britannique, Cressener, dont les Français avaient scrupuleusement respecté le caractère diplomatique, avertit aussitôt le gouverneur de Dusseldorf (2) du danger qui le menaçait. Hardenberg, qui était à la tête seulement de 1.800 hommes, eut le loisir d'improviser quelques mesures de défense; il refusa d'obtempérer à la sommation de rendre la ville, mais il ne put empécher la destruction du pont sur le Rhin. Sans moyens pour s'attaquer aux fortifications de Dusseldorf, Chevert se rabattit sur la seconde -artie de son programme. Pendant les retards de Cologne, il avait
été entendu entre Contades et lui (3) qu'on ne s’arrète-
(1) Chevert à Contades, 28 juillet ; Chevert à Belleisle, 30 juillet 1758. Archives de la Guerre, 3479.
(2) Cressener à Holdernesse, 31 juillet 1758. Cressener' s Correspondance. Record Office,
(3) Contades à Chevert. Haseviller, 26 juillet 1758. Archives de la Guerre,
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