Aridance
Kuerre,
COMBAT DE MEERS. 149
rait pas au siège de Dusseldorf, mais qu'on continuerait la descente de la rive droite du fleuve et qu'on tenterait un coup de main contre le pont de Rees qui assurait alors les communications de Ferdinand avec la Westphalie, et qui, d'après les rapports des espions, n’était protégé que par une faible brigade. La colonne poursuivit done son chemin et arriva à Wesel, où elle emprunta (1) à la garnison deux bataillons du régiment suisse de Reding, des piquets de milice, des convalescents et 10 pièces de canon avec leurs servants.
A la tête de forces portées ainsi à environ 6.500 hommes, Chevert se mit en route de grand matin le # août; mais une perte de dix heures pour traverser le Roer débordé, une marche pénible, retardée par les mauvais chemins et la nature du pays, transformèrent en affaire de jour ce qui devait être une surprise de nuit. Les Hanovriens étaient en éveil; le général Imhoff, qui avait la garde du pont et des magasins de Rees, avisé par un billet anonyme de l'approche des Francais, avait pu se renforcer de deux bataillons et quelques cavaliers transportés de la rive gauche. Il alla à la rencontre de l'assaillant, passa la nuit sous les armes dans l’attente d’une attaque qui ne se produisit pas, erut à une fausse alerte, et se disposait à rentrer dans son camp lorsque apparut l'avant-gardé de Chevert. Il rangea aussitôt en bataille sa division composée de 6 bataillons et de # escadrons, en profitant habilement d'une hauteur couverte de bois et de vergers dominant le village de Meers.
Parvenu à 500 pas des maisons, après une reconnaissance hâtive qui ne permit pas de distinguer les défenseurs dissimulés derrière les haïes et dans le taillis, Chevert donna le signal du combat (2). D'après l’idée primitive,
(1) Chevert à Belleisle, Wesel, 5 août 1758. Archives de la Guerre, 3480. (2) Le récit du combat de Meers est tiré du rapport de Chevert en
M. de Chavigny, avec 1,300 hommes dont moitié miliciens, devait marcher droit sur Rees, pendant que Chevert, avec le gros, tiendrait tête au corps principal des confédérés, Ce projet fut abandonné à cause des risques qu'il présentait et Chavigny, ramené sur Meers, fut chargé de débusquer l'ennemi « d'une maison isolée et d'un poste baraqué de 2 à 300 hommes qui étaient à l'entrée dudit village. » Cette première opération accomplie, la brigade de Brancas recut ordre de déboucher sur la droite et la brigade de Reding sur la gauche de Meers; les 10 pièces du parc appuieraient l'attaque de leur tir. Les bataillons de Foix, Périgord et Royal Lorraine, qui formaient la tête de la brigade de Brancas, eurent « beaucoup de peine à passer plusienrs clos entourés de haies fort épaisses et de fossés très profonds. » Ils étaient exposés au canon de l'ennemi sans pouvoir faire jouer le leur. Il en fut de même de la brigade de Reding qui ne faisait pas de progrès sur la gauche. Pour la soutenir, Chevert fit déployer au centre, entre les deux attaques, le régiment de Brancas fort de 2 bataillu:. Pendant que ce mouvement s'effectuait, les miliciens du détachement de Chavigny, émus de la perte de leur chef qui venait d'être gravement blessé, quittérent leurs rangs et revinrent en arrière. Les généraux français cherchaient à arrêter cette débandade quand, à leur gauche, éclata une fusillade des plus vives. Voyant les Francais empêtrés dans les vergers, Imhoff, avec beaucoup d’à-propos, les avait fait aborder en flanc par le régiment de Holtzenberg. Cette charge eut un plein succès; les Suisses de Rediog cédèrent et finirent par s'enfuir, suivis par leurs camarades de la Marck et Royal Barrois. « Nos troupes, écrit Chevert, répondirent mollement et immédiatement
date du 5 août, d'une relation francaise en date du 18 août transmise par Cressener, et du récit des commissaires hanovriens (Newcastle Papers).
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