‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 75 sur 361 · CHAPITRE HI · texte numérisé non relu

CHAPITRE HI

CAMPAGNES DE CONTADES EN WESTPHALIE ET DE SOUBISE EN HESSE. — COMBAT DE LUTTERBERG. — PRISE DES QUAR- TIERS D'HIVER.

Pendant que les troupes de Contades accomplissaient si péniblement la traversée du Rhin, son chef d'état-major, Monteynard, élaborait un plan d'opérations combinées pour la grande armée (1) et pour celle de Soubise. A la première, qui prendrait position sur la rive gauche de la Lippe, était réservé le rôle de tenir tête au prince Ferdinand et de le refouler au delà du Weser, soit par une attaque directe, si l’occasion s’en présentait, soit par des manœuvres dirigées contre ses lignes de communication. A Soubise incomberait la tâche d’orcuper Lippstadt et de préparer le siège d'Hameln sur le Weser. Le mémoire qui exposait ce projet contenait bien quelques réserves sur l'état physique et moral du corps de Contades; beaucoup de régiments des deux armes n'avaient pas recu ou avaient perdu leur habillement au cours des retraites successives de Clermont; l'effectif des bataillons ne dépassait pas #00, celui des escadrons 110 hommes. Symptôme plus grave : « L'esprit de l’armée n’est pas le mème au delà du Rhin qu'il était entre le Rhin et la Meuse; l’armée est

(1) Mémoire de Contades préparé par Monteynard. Wesel, 16 août 1758. Archives de la Guerre, 3581.

frappée des malheurs et des fatigues de l'hiver dernier et elle redoute les mêmes événements. »

De son côté Soubise, malgré son succès récent, n'était guère plus confiant. Depuis qu'il savait le prince Ferdinand de retour en Westphalie et renforcé ou sur Île point de l'être par la division anglaise, il prévoyait une course des confédérés sur la Hesse et se trouvait aventuré à Cassel; il avait même renvoyé sa grosse artillerie, préparé l'évacuation de son parc et de ses magasins, et parlait de se retirer dans une position qu'il avait fait reconnaitre derrière l'Eder, près de Fritzlar, ou même à Marburg. « Je conviens, disait-il, que la marche rétrograde (1) est toujours déplaisante; mais quand on cède à des forces supérieures, et surtout que l’on remplit son objet, je pense qu'il ne faut pas balancer. » Ces craintes, que partageaient de Vault et Castries commandant de la cavalerie et ami intime du général, avaient décidé l’abandon de Gôttingen dont la garnison fut ramenée à Munden.

Où étaient à cette époque les forces supérieures que mentionne Soubise? Le prince Ferdinand était en route pour Coesfeld où il fut rejoint, le 19 et le 21 août, par les détachements des généraux Imhoffet Wangenheim rentrant des bords du Rhin, et par le corps auxiliaire anglais fort de 7.000 combattants venu d’Embden où il avait débarqué peu de temps auparavant. Hardenberg avait évacué Dusseldorf le 10 et était en train de gagner, avec sa brigade de 1.800 hommes, Lippstadt où il devait parvenir le 19. Enfin le prince d'Issemburg, avec les débris de la division battue à Sandershausen et quelques nouvelles levées hanovriennes, était revenu à Eimbeck. Beaucoup mieux renseigné que ses généraux sur les mouvements de l'ennemi, Belleisle manda (2) à Soubise qu'il n'avait rien à redouter du prince Ferdinand; cependant il l'au-

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(1) Soubise à Belleisle. Cassel, 17 août 1758, Archives de la Guerre, 3481. (2) Belleisle à Soubise, 18 août 1758. Archives de la Guerre, 3181.

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