‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 79 sur 361 · OBERG ET ISSEMBURG MARCHENT SUR CASS!L · texte numérisé non relu

OBERG ET ISSEMBURG MARCHENT SUR CASS!L

'aderborn ; Issemburg, qui s'était réparé à Hameln, sera en état de coopérer. « Il m'a paru que je devais faire les eflorts les plus grands pour dégager le Weser; il est vrai que je ne puis m'affaiblir ici sans courir quelque risque ; cependant, pour aller au plus pressant, j'ai renforcé le corps du général Oberg et celui du prince d’Issembourg. Ils ont ensemble 18 bataillons de troupes réglées et 20 escadrons de dragons et de cavalerie, sans compter ni les hussards hanovriens et hessois, ni les chasseurs d'Hanovre et de Hesse. Ils pourront commencer d'agir le 23, et si le ciel ne retire pas ses mains, j'ai lieu d'espérer que l’ennemi sera obligé de quitter dans peu également l'Electoat et la Hesse. »

Conformément aux ordres recus, Oberg, avec ses 14 bataillons et 1% escadrons, parvint le 17 septembre à Paderborn et le 20 à Warburg qui avait été évacué la veille par les Français. 11 y perdit du temps pour attendre les mouvements d’Issemburg, mit 6 jours à franchir les 64 kilomètres qui séparent Warburg de Cassel, et ne parut aux environs de cette ville que le 26 septembre au matin.

Que s’était-il passé du côté des Français”? A Versailles, on était mécontent de l’action ou plutôt de l'inaction des généraux. Belleisle, qui avait reproché avec raison à Soubise de n'avoir pas effectué sa jonction avec la grande armée, et surtout de n'avoir pas tenté un coup de main sur Lippstadt (1), se rallie cependant à la marche sur le Hanovre. A l'égard de Contades il se montre plus exigeant (2) : « Le Roi est bien persuadé que vous mettrez tout en œuvre pour prendre quelque avantage sur le prince Ferdinand, pendant que M. de Soubise va se porter en avant sur le pays de Hanovre. Tous nos alliés nous don-

(1) Belleisle à Soubise, 12 septembre 1758. Archives de la Guerre, 3482. (2) Belleisle à Contades, 12 septembre 1758. Archives de la Guerre, 3482.

nent de vigoureux exemples d’émulation. Les Russes se battent trois jours de suite avec fureur. M. de Daun est en Saxe ; les Suédois marchent sur Berlin, et peut-être que les troupes que nous avons en Bretagne combattent actuellement les Anglais qui ont débarqué à Saint-Briac..... Il serait bien fâcheux que M. le prince Ferdinand achevât la campagne réstant en decà du Weser et hivernât en Westphalie, » Contades et son état-major ne se laissent pas émouvoir; ils objectent (1) que le passage de la Lippe sous le feu de l'ennemi sera une opération des plus scabreuses; alors même qu’elle réussirait, il serait très difficile de trouver des subsistances en Westphalie. Quant à l’esprit des troupes, il ne s'améliore pas : «Le soldat est tout nu, écrit Chabo (2), jamais je ne les ai vus en si mauvais état... Je ne reconnais plus l’armée depuis le passage du Rhin. L'officier et le soldat sont désolés de voir que l'on les mène loin, et craignent avec raison une campagne d'hiver, ce que l’on re saurait éviter, si l'on ne repasse le Rhin de bonne heure... Je tremble pour la suite de cette campagne et cette pauvre armée. »

Cependant, le général en chef n'avait pas renoncé à son projet de «s'allonger par sa droite », maisil entendait exécuter ce mouvement à son heure et avec sa prudence caractéristique. Le 16 septembre, Chabo, avec les troupes légères et 12 escadrons de hussards, alla occuper Hamm ; il fit remplacé à Luynen par Saint-Pern avec sa division de grenadiers et 19 escadrons; le duc de Fitzjames s’étabit à Dortmund avec 10 bataillons et 12 escadrons; le reste de l’armée resta campé à Dorstein, à Hampke vis-àvis d'Halteren, à Unna, et enfin à Recklinghausen où le quartier général fut maintenu. Toutes ces localités étaient encore loin de la Hesse ; aussi dans l'entourage de Soubise

(1) Contades, Guerchy et Monteynard à Belleisle. Recklinghausen, 16 septembre 1758. Archives de la Guerre.

(2) Chabo à Belleisle. Luynen, 29 août 1758. Archives de la Guerre, 381.

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