BELLEISLE POUSSE CONTADES A PRENDRE L'OFFENSIVE
de cette dépèche, arriva un billet particulier de Belleisle (1) insistant pour la reprise de l'offensive : « Il est indispensable de forcer M. le prince Ferdinand à repasser le Weser. J'aurais peine à vous exprimer la douleur que le Roi ressent quand il voit, dans toutes les lettres des ministres que nous avons dans toutes les cours de l'Europe, le ton de mépris dont on y parle des armées françaises, les reproches amers et humiliants que nous font tous nos alliés. Ils disent que M. le prince Ferdi nd, qui était pour ainsi dire acculé et enfermé auprès de Ruremonde, manquant de subsistances, a trouvé le men de repasser le Rhin intact à travers nos places, et que l’armée que vous commandez, supérieure de 15 à 20.000 hommes, se tient cachée derrière la Lippe. Et ce qui peine le plus le Roi est de voir dans toutes vos lettres que vous êtes redevenu si décisivement aux ordres du prince Ferdinand, que vous répétez toujours dans toutes vos lettres que vous attendez d'être instruit de ses mouvements pour régler les vôtres. Voilà M. de Soubise à Eimbeck et vraisemblablement le général d'Oberg qui avec 6 ou 7.000 hommes aura joint M. le prince d’Issembourg. M. le nrince Ferdinand a son armée séparée en plusieurs corps; la Lippe est guéable presque partout; n’y a-t-il donc point de moven de rassembler les vôtres et d'attaquer quelques-uns des. siens ?.. Le Roi ne vous prescrit rien de particulier; mais il désire qu: vous fassiez usage efficacement de votre supériorité. M. le prince de Soubise se con‘ormera très exaetement à ce que vous lui manderez; son affaire est d’attirer l'ennemi au delà du Weser, d'y porter la terreur et d'en tirer de grosses contributions, et à vous, M. le marcchal, d’en profiter en l’avertissant à temps, pour qu’il ne puisse être ni coupé ni compromis. »
(1) Belleisle à Contades. Particulière. 19 septembre 1758. Archives de la Guerre, 3483,
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C'était précisément le danger qui menaçait et qui se serait probablement réalisé sans la lenteur et les hésitations d'Oberg. Soubise, dont le quartier général était à Güttingen, apprit le 24 septembre que le général hanovrien avait quitté Paderborn la veille pour gagner Stadtberg. « Comme il est bien décidé, informe-t-il Castries (1), que M. de Contades n'a aucun corps à portée d'empêcher le mal qu'il (l'ennemi) pourrait nous faire dans la Hesse, il n’y a pas à É balancer... Je fais marcher demain l’armée pour y ren- | trer..; au moins toutes nos forces seront rassemblées © auprès de Cassel. » Il n'y avait pas, en effet, un instant ; à perdre, pour effectuer cette concentration. Issemburg, 4 qui avait reculé jusqu’à Bisperode, y fnt rejoint, le 20 septembre, par la brigade Zastiow venue de Westÿ' alie et 4 par deux forts bataillons hanovriens de nouvelle ievée. Le 25, il franchit le Weser à Holzmunden, et le 27 fit à Ober Wallmur près de Cassel sa jonction avec Oberg. Ce dernier, dont l'avant-garde avait occupé ‘Varburg dès le : 19, et qui avait reçu, le 21, les renforts que lui avait en- ù voyés le prince Ferdinand, fit si peu de diligence qu'il ne parvint que le 26 devant Cassel. Il s'y rencontra avec les 4 têtes de colonnes de Soubise qui venaient de quitter h Munden le matin même. En dehors de quelques dépôts, à. la capitale de la Hesse n'avait eu pour défenseurs que 1& la brigade de Waldner qui s'était repliée de Warburg. Il y eut un moment de panique: la porte de la ville resta à ouverte; la moitié des soldats français ét“ient employés 4 à réunir et charger les bagages, les postes n'avaient 1 pas été augmentés et le chemin couvert était dégarni de monde; Je partisan Luckner, averti par des habitants, "4 voulut profiter du désordre pour tenter un coup de main, mais il ne put obtenir l'assentiment d'Oberg, qui n'osa rien entreprendre avant l'entrée en ligne d'Issemburg.
(1) Soubise à Castries. Güttingen, 24 septembre 1758. Archives de la Guerre,
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