‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 82 sur 361 · SOUBISE CONCENTRE SON ARMÉE A CASSEL · texte numérisé non relu

SOUBISE CONCENTRE SON ARMÉE A CASSEL

Aussitôt arrivé, à 10 heures du matin, Soubise alla s'établir sur le Krerntzenberg, entre Cassel et ce qui est aujourd’hui le pare de Wilhemshohe; en face de lui, sur les collines d’Ober Wallmur campait l’armée d’Oberg. « Je puis vous assurer, mande Soubise (1), que nous sommes revenus bien à propos. Deux heures plus tard, les équipages de l'armée, les convalescents, éclopés, cete., tout était enlevé dans les villages aux environs de Cassel; les ennemis auraient pris une position qui nous aurait causé beaucoup d’embarras. Nous serons assemblés ce soir. » En eftet, la concentration des Français s'accomplit sans opposition, et le 27 septembre le gros du corps, 38 bataill=,5 et 22 escadrons, était installé à Cassel ou dans le voisinage, tandis qu’à faible distance, à Woïdau, se trouvait une réserve de 13 bataillons et 10 escadrons. L’alerte avait été chaude et sans les retards d'Oberg le péril eût été des plus sérieux.

Pourquoi le secours promis par Contades n’avait-il pas été expédié en temps utile? C'est que le maréchal avait été complètement trompé sur les mouvements d'Oberg qu'il estimait beaucoup plus faible qu'il ne l'était en réalité, et qu'il s’imaginait être en route pour effectuer sa jonction avec Issemburg sur le Haut-Weser. Prévenu que les Hanovriens ont pris la direction de Stadtherg, il refuse de le croire : « Si cela est vrai, écrit-il à Castries (2), il ne faut plus compter sur rien, car les détachements que M. de Chabo a envoyés à Buren, Soest et Paderborn, m'ont confirmé de tous ces endroits que le général Oberg avait marché sur Driburg et Brackel, ce qui le porte sur le Weser; il me parait Lien extraordinaire que M. du Mesnil ait mandé tout 1° contraire en le donnant

(1) Soubise à Belleisle, Cassel, 27 septembre 1758. Archives de la Guerre, 34183.

(2) Contades à Casiries. Recklingha“sen, 27 septembre 1758. Archives de la Guerre, 3483.

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comme sûr. Je n’ai pas pu m'empêcher de marquer mon étonnement sur cela à M. le prince de Soubise et qu'il ait ajouté foi à une nouvelle aussi invraisemblable; car peuton croire qu'un corps de 7.000 hommes prête le flanc à 36 bataillons et #2 escadrons dont la tête est à Werle et Hamm! » Néanmoins, tout en émettant des doutes sur le danger que courait son collègue, Contades se décida (1) à expédier Chevert et Fitzjames à son secours. Le premier, avec sa division et les Saxons sous les ordres immédiats du comte de Lusace, reçut ordre de se rendre par Soest et Buren à Warburg'; il serait suivi à un jour d'intervalle par le duc de Fitzjames. Soubise était prié d'assurer les vivres de ces troupes qui passeraient sous son commandement; le premier échelon, fort de 22 bataillons escadrons et de quelques troupes légères, devrait &..2 : Buren le 2 octobre.

L'arrivée à Recklinghausen d'un aide de camp du prince, parti de Cassel le 28 septembre, dissipa les dernières illusions du général en chef; Chevert et Fitzjames furent invités à activer leur marche et à s'arranger de manière à atteindre Stadtberg le 3 octobre. Aussitôt les magasins constitués, la grande armée remonterait à son tour la vallée de la Lippe et échangerait la ligne de ravitaillement de Wesel pour celle de Dusseldorf. En conséquence, le 5 octobre, le quartier général fut transféré à Luynen et le lendemain à Hamm ; le duc de Chevreuse, avec la droite de l'armée, occupa Soest ; le marquis d’Armentières, avec la gauche, fut maintenu à Luynen.

Pendant le séjour de six semaines que Contades avait fait à Recklinghausen, la trêve tacite qui existait entre les deux belligérants n'avait été troublée que par une affaire d'avant-postes à Borck. Le 29 septembre, St-Pern, avec sa division de grenadiers. traversa la Lippe au cours de

(1) Contades à Belleisle. Recklinghausen, 28 septembre 328. Archives de la Guerre, 3483.

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