JONCTIGN DE CHEVERT ET FITZJAMES AVEC SOUBISE
la nuit dans le dessein de surprendre le prince de Holstein ; l'avant-garde seule, sous les ordres du comte de Broglie, l’ex-ambassadeur en Pologne, fut engagée; elle replia facilement les postes ennemis, réveilla le prince à coups de canon (1), fit une centaine de prisonniers, mais au lieu le pousser son avantage, se contenta de piller le cantonnement que l’on trouva abandonné. A midi, tout le monde était de retour à la rive gauche de la Lippe. De ce petit combat on fit grand bruit; St-Pern adressa un état de propositions que Contades lui-même qualifia de fort exagéré. « Il est vrai, ajoute-t-il (2), que toutes nos têtes sont si bien tournées qu'on croit mériter des grâces toutes les fois qu'on sort du camp. »
Devant Cassel, Français et confédérés s'observèrent sans en venir aux mains, chacun considérant l'adversaire trop fort pour être abordé avec chances de succès. Abstraction faite des Wurtembourgeois, sur lesquels il aurait été imprudent de compter, les effectifs étaient à peu près égaux de part et d'autre, mais l'entrée en ligne de Chevert el de Fitzjames allait faire pencher la balance en faveur des Français. La marche de ces généraux ne rencontra aucun obstacle; Soubise, averti le 2 octobre de leur approche, put leur donner instructions et vivres, et eut la satisfaction de les voir se joindre à lui. Chevert le 8, Fitzjames le 9 octobre. Il résolut aussitôt @. profiter de sa supériorité pour prendre sa revanche de l'alerte du 26 septembre.
Ober: avait laissé échapper l’occasion favorable, il ne la retrouva pas; malgré l’arrivée de la division d'Issemburg qui le rejoignit le 27 septembre, il n'osa pas attaquer une position « préparée (3) d’ailleurs avec tout le soin
(1) Reden, vol. I, p. 223.
(2) Cornillon à Belleisle. Recklinghausen, 3 octobre 1758. Archives de la Guerre, 348%.
(3) Relation du général de Furstenberg. Guntersheim, 12 octobre 1758. Military expeditions. Record Office.
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dont les Francais sont capables »; et resta immobile vis-àvis de l’armée de Soubise sur la rive gauche de la Fulda. Bientôt mis au courant du voisinage de Chevert, il passa la rivière à Speele dans les journées des 4 et 5 octobre, et installa sur les hauteurs de la rive droite, aux environs ki du village de Landwehrhagen, un camp que dérobaïent à À la vue des Français les bois intervenants de Sandershausen et d'Ellenbach.
Dans l'état-major de Soubise (1), on crut d’abord à une répétition du combat de Sandershausen et on fit les plans en conséquence. Le 9, les Français franchirent la Fulda en 5 colonnes et s'établire:.i à u:* demi-licue de l'adversaire, la gauche à la rivière, la droite à la montagne, le ruisseau de Bettenhausen (la Losse) en avant. Chevert, chargé d’une manœuvre semblable à celle dont il s'était acquitté si brillamment à Hastenbeck, devait tourner le flanc gauche de l'ennemi, le prendre à dos et s'emparer de la route de Munden qui constituait sa ligne de retraite ; "à aussitôt Chevert engagé, le centre, composé des troupes de Fitzjames, et la gauche, formée de l’ancien corps de Soubise, aborderaient de front les confédérés et s’efforceraient de les culbuter dans la vallée de la Fulda ; un détachement resté sur la rive gauche devait faire une démonstration sur leur flanc. Ce fut, d'après Furstenberg, l'un des généraux hanovriens présents à l’action, la crainte d'être débordé par sa gauche qui décida Oberg à changer
ses dispositions. Il décampa à 3 heures du matin, le 10 4 octobre, dépassa le village de Landwehrhagen, gagna 4 les abords de Lutterberg et y rangea ses troupes en ba- È
Le récit du combat de Lulterberg ost tiré des relations francaises, folios 156 et 157, des lettres de Bourcet folig /, Castries 167, Allemagne, vol. À 3184, du rapport de Farstenberg ci-dessus cité, de l'histoire de l'état-major prussien, du récit du comte de Lusace, du journal de Reden, des Operations of the allied army by an offiter who served in the brilish forces, London, 1764, etc., ete. Voir la carte à la fin du volume.
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COMBAT DE LUTTERBERG. 173
taille, « la droite appuyée à la Fulda, la gauche à un bouquet de bois sur une hauteur (Grosse Staufenberg) où 5 pièces à 6 livres de balle furent placées. La cavalerie soutenait Les ailes en troisième ligne, les maisons de Lutterberg restaient à dos et une forte éminence à côté du village (Kleine Staufenberg) fut garnie de 4 pièces de 12 livres ». Oberg n'avait pas eu d'abord l'intention de se battre, mais serré de près par une troupe supérieure, et n'ayant pour retraite que les défilés qui mènent à Munden, il préféra risquer une action défensive que de s'exposer à une affaire d’arrière-garde dans des conditions fâcheuses.
La position des confédérés était avantageuse; à leur gauche, les deux mamelons de Staufenberg ou Stolberg (1) émergeant l’un d’une vingtaine, l’autre d'une cinquantaine de mètres au-dessus du plateau, constituaient deux cavaliers naturels dont le feu dominerait celui de l'adversaire, et dont la prise, indispensable pour le succès, ne jaisserait pas d'exiger des efforts coûteux. Devant le village de Lutterberg, s'étendait un glacis à déclivité douce; à l'extrémité de la pente, les prairies marécageuses et le ruisseau fangeux aux abords de Landwehrhagen seraient un obstacle pour l'infanterie et une barrière presque infranchissable pour la cavalerie, à laquelle il ne resterait que le débouché de la chaussée de Munden. La droite hanovrienne élait couverte par les bois qui frangent l'escarpement de la Fulda.
Le duc de Broglie, qui connaissait bien la contrée, où il avait combattu quelques mois auparavant, était à la tête de l'avant-garde ; emboîtant le pas à l'ennemi, il prit possession, sans coup férir, du village de Landwehrhagen, y amena son artillerie, et, vers sept heures du matin, commença à canonner les Hanovriens. Ceux-ci répondirent en
{) La relation du comte de Lusace donne le nom de Stolberg à cette colline qui est appelée Staufenberg dans les cartes modernes.
faisant mine de reprendre le village. Ne se sentant pas en 3 force, Broglie retira son canon et attendit l’arrivée de 1 Soubise, avec le gros de l’armée, qui eut lieu vers 10 heures. Dès la veille au soir, Voyer, avec l'avant-garde du
corps de Chevert, avait occupé Heiligenrode que l’en- 4 nemi avait évacué à son approche. Le 10, de bon à
matin, ce général, qui avait été renforcé pendant la nuit, continua sa marche à travers les bois, gagna les hauteurs de Sichelstein, et fit enlever par les troupes légères de Chabo et Fischer le hameau de Bruck et les grandes futaies qui sont en avant. Le terrain ainsi déblayé, les têtes de colonnes de Chevert parurent à la droite de Benterode; Fitzjames, qui reliait la droite au reste de l'armée, se dirigea sur cette bourgade; enfin l’ancien corps de Soubise remonta la chaussée qui conduit de Sandershausen à Landwehrhagen, et se déploya au fur ei à mesure de son entrée en ligne. On perdit beaucoup de temps à des formations 1 en général inutiles puisqu'il fallut se remettre en colon- 1 nes pour franchir le vallon qui séparait les deux armées. « La cavalerie de l'ancienne armée de Soubise, nous dit Castries, fut mise en bataille en avant du village de Landwehrhagen, le cul dans les haies qu’on avait farcies d’in- D fanterie », dont par conséquent elle masquaïit le feu, « les d deux tiers de son front couverts par un ravin et un marais, de manière que ce n'était que par sa droite, et le long du grand chemin, qu’elle püt déboucher; elle était soumise à des batteries qui pouvaient la battre en brèche ». # Toutes ces dispositions prirent jusqu'à 2 heures, et par ê suite du retard, Chevert ne recut l’ordre de commencer l'attaque que vers 3 heures de l'après-midi. Se.
Les Français avaient pour eux l'avantage du nombre ; ils É. avaient, présents à la bataille, 76 bataillons dont 9 wurtempourgeois, 15 sax h i reste français % bourgeois, 15 saxons et # palatins, le reste français ou
étrangers appartenant à l’armée du Roi, 62 escadrons presque tous francais, et quelques troupes légères, soit
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