‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 85 sur 361 · FERDINAND FRANCHIT LA LIPPE · texte numérisé non relu

FERDINAND FRANCHIT LA LIPPE

cidé le maréchal à quitter, à une époque si tardive de la saison, sa position de Recklinghausen où son ravitaillement par Wesel était assuré, pour un pays dont les ressources étaient épuisées ct dont la voirie serait ruinée par les nremières pluies? Voulait-il entreprendre le siège de Lippstadt dont la garnison était trop faible pour opposer une longue résistance? Nourrissait-il des desseins contre Muuster, ou songeait-il à donner la main au prince de Soubise? La capture d'une dépèche de ce dernier à Contades éclaircit le mystère. En conséquence, le 8 octobre, Ferdinand leva les camps de Dülmen et d’'Halteren et transféra son quartier général à Munster: le 12, sur l'avis de la défaite d'Oberg, il confia ia garde de la ville au général Kielmannsegge avec une brigade mixte et des corps francs, rassembla son armée à Warendorf et la mit en route sur Lippstadt. Le 17 au soir, le quartier général était à Kloster Kappel, sur les bords de la Lippe, où on établit les ponts. Le prince de Brunswick, faisant avantgarde, franchit la rivière et se logea à Benninghausen; il en partit le lendemain, à 2 heures du matin, pour essayer d'entamer le duc de Chevreuse à Soest. « Ce corps, écrit Ferdinand (1), estimé fort de 5.000 hommes, avait passé la nuit au bivouac; il venait de recevoir un renfort de 3.000 hommes qui arrivaïent de Werle; mais Monsieur le prince héréditaire l'attaqua si brusquement à 7 heures du

matin qu'il n'eut pas le temps de se reconnaitre. Il se re-

üra à Werle après avoir perdu du monde; nous fimes à

cette occasion 163 prisonniers et 11 officiers. L'armée

commença à # heures du rmatin à défiler par les ponts

de Capeln, mais le mauvais chemin arrèêta tellement la

marche que les derniers régiments n'arrivèrent au camp

que le 19 à 6 heures du matin... M. le maréchal de Con-

(1) Ferdinand au roi George. Soest, 20 octobre 1758. Military correspondance. Record Office.

tades à depuis ce matin abandonné la ville de Hamm et sest porté à Werle pour se joindre au renfort qui vient de retourner de la Hesse sous les ordres de M. de Chevert, du duc de Fitzjames et du prince Xavier de Saxe. »

Dans la rencontre dont il est question, les Francais, mal éclairés par leur cavalerie (1), avaient été surpris. Chevreuse, avec 5 bataillons et 12 escadrons, était posté à Soest ; averti de l'approche des confédérés, il appela à lui Beauffremont et ses deux brigades de cavalerie. Les deux divisions demeurèrent la nuit sous les armes, mais se séparèrent à 7 heures du matin, au retour des patrouilles qui déclaraient n'avoir vu personne. Beauffremont regagna Werle et Chevreuse rentra à son quartier. Une demi-heure après (2), les hussards du prince de Brunswick tombaient sur les derniers escadrons francais qui prirent la fuite. laissant sur le terrain ou aux mains de l'ennemi 7 officiers et 55 cavaliers; deux compagnies d'infanterie furent enlevées et, sans la bonne attitude du régiment d’Aumont, l'échec eût pris des proportions sérieuses. Contades, aussitôt prévenu, se porta au secours de son lieutenant. Le 19, le prince de Brunswick avait continué sa pointe; il occupa Werle que Beauffremont avait évacué, et poussait ses troupes légères dans la direction d'Unna quand on apercut les têtes de colonnes des Français. Le commissaire autrichien Kettler décrit ainsi cet épisode (3) : « Dans ce moment critique la cavalerie de M. de Contades parut trompettes sonnantes sur ia hauteur d’Illinghofen; l'infanterie suivit; c’étaient en tout 6 brigades. On nous rangea en une ligne pour paraitre. L'ennewi fit alors un signal de poudre allumée sur les

(1) Lamy du Châtel au ministre. Hamm, 18 octobre 1758. Contades à Belleisle. Illingen, 19 octobre 1758. Archives de la Guerre, 3485.

(2) Chevert frappa la ville de Soest d'une amende de 80.000 thalers, pour avoir aidé l'ennemi. Gespräch im Reiche der Todten. (3) Kettler à Kaunitz. Hamim, 25 octobre 1758. Archives de Vienne,

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