POINTE DU PRINCE DE BRÜUNSWICK SUR SOEST
hauteurs de Werle et retira ses postes avancés. Le mouvement audacieux du m2réchal Ge Contades fut couronné par l’arrivée de M. d'Armentières à 5 heures du soir sur la hauteur de Werle, lequel apercevant une ligne de cavalerie rangée, la fit canonner d'abord, sur quoi l’ennemi abandonna le poste de Werle au plus vite et se retira derrière Soest. Dès alors je vis le projet ennemi rompu. »
L'intervention opportune de Contades et la lenteur avec laquelle le passage de la Lippe fut effectué par les confédérés, sauvèrent en effet les Français d’un péril imminent. Établi solidement à Soest ou à Werle, Ferdinand eût été à même de retarder, sinon d'empêcher la rentrée de Chevert et de Fitzjames à la grande armée. En l'espèce, ces généraux furent obligés de changer de route et de faire un détour par Meschede et Arensberg. Ferdinand iut-il impressionaé par la manœuvre du maréchal, se soucia-t-il peu de livrer bataille à un adversaire dont il s'exagérait peut-être les forces? Toujours est-il qu'il se contenta d'avoir dégagé Lippsiadt et d'avoir protégé la merche d'Oberg. Dans la nuit du 19 au 20, les Hanovriens évacuèrent Werle, et dans La journée du 22, ils se retirèrent de Soest. Enfin le 2%, Chevert et Fitzjames étaient revenus de leur expédition en Hesse, le premier à Werle, le second à Unna.
De retour à Hamm, Contades songea à profiter de l'éloignement du prince Ferdinand, encore entre Soest et Lippstadt, pour tenter un coup de main sur Munster qui, d'après le rapport d’un officier d'artillerie, était « insultable (1) à moins que les ennemis n'y eussent beaucoup travaillé ». Cette expédition n'atteignit pas son but. Armentières franchit la Lippe, chassa devant lui la brigade de Kielmannsegge, mais ne put lui couper la retraite sur Munster. Parvenu sous les murs de la ville, le générai, peu
1) Contades à Belleisle. Hamm, 24 octobre 1758. Archives de la Guerre
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entreprenant de sa nature, se décourage : « Il y a beaucoup d’eau dans les fossés; les points d'attaque qu'on avait eus en vue sont impraticables. » En conséquence, la soirée du 26 octobre, un aide de camp d’Armentières vint prévenir (1) le maréchal qu’un essai d'escalade ne paraissait pas possible et qu'il faudrait ouvrir la tranchée. Contades répondit avec raison que le temps faisait défaut pour une entreprise de longue haleine, et autorisa son lieutenant à revenir sur ses pas. Armentières ne se le fit pas dire deux fois; convaincu d'avoir le prince Ferdinand avec toute son armée à ses trousses, il décampa le 27 et était de retour le 28 à Hamm. Cett: rentrée fut trop précipitée; Ferdinand, prévenu le 25 au soir de la pointe sur Munster, avait regagné le lendemain son pont de Capeln et traversé la Lippe; mais le gros était encore à Rheda et l'avant-garde à Warendorf quand on apprit le départ des Français; le prince continua sa marche sur Munster où il arriva le 31.
Ce fui le dernier acte de la campagne; depuis longtemps officiers.et soldats soupiraient après les quartiers d'hiver. Sous la tente depuis le début de l'année, n'ayant eu de repos que pendant le court répit que le prince Ferdinand leur avait laissé après la retraite de Hanovre, privés d’une grande partie de leurs effets que la stratégie de Clermont avait livrés à l'ennemi, les régiments étaient dans le plus piteux état. « L'infanterie est pour ainsi dire sans habits, » écrit Kettler (2). De son côté, Guerchy expose au ministre les dangers que présenterait pour la santé des troupes le maintien de l'armée en présence de l'ennemi (3) : « La saison est fort rude en ce pays-ci, au mois de novembre, le temps pluvieux, le terrain souvent marécageux; quand
(1) Contades à Belleisle, Hamm, 26 octobre 1758. Archives de la Guerre, 3485.
(2) Kettler à Kaunitz. Hamm, 16 octobre 1758. Archives de Vienne.
(3) Guerchy à Belleisle. Camp de Hamm, 17 octobre 1758. Archives de la Guerre, 3485.