‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 87 sur 361 · PRISE DES QUARTIERS D'HIVER SUR LE RHIN · texte numérisé non relu

PRISE DES QUARTIERS D'HIVER SUR LE RHIN

le soldat marchera et couchera dans ce terrain, avec des tentes déchirées comme eiles le sont toutes à présent, il en tombera malade indubitablement... Les cavaliers périront également quoiqu'ils ne marchent pas dans la boue,… enfin on peut prévoir que 15 jours de mauvais temps actuellement donneront plus de malades qu’il n’y en a eu pendant tout le courant de la campagne: il périra aussi beaucoup de chevaux au piquet. »

C'est sans doute sous l'impression des lettres de Westphalie que Belleisle répondait à Choiseul qui réclamait de nouveaux efforts (1) : « Les deux tiers de nos régiments d'infanterie sont nus et composés de soldats qui n'ont point eu de repos depuis 15 mois, ou de recrues qui n'ont pas la force de résister au froid et aux pluies de l'arrièresaison. » Aussi quand il insistait auprès de Contades pour la conservation de la ligne de la Lippe jusqu'au 15 novembre, il se plaçait moins au point de vue militaire qu'à celui des finances. Le séjour en pays étranger offrait l'avantage de faire vivre l'armée aux dépens de l’ennemi et d’épuiser des ressources dont ce dernier ne pourrait plus profiter; plus on tarderait à repasser je Rhin, plus longtemps jouirait-on de ce double bénéfice, et plus grande serait l'économie pour le budget national.

Conformément aux instructions du ministre, Contades ajourna son retour au Rhin jusqu'au 13 novembre, date à laquelle le quartier général fut transféré de Hamm à Unna; l'opération s’accomplit sans encombre, et 1e maréchal! put, dans une dépèche du 20, expédiée de Wesel, annoncer la dislocation. Les avant-postes de la rive droite, en avant de Wesel et Dusseldorf, furent confiés aux troupes légères, infanterie et cavalerie, soit environ 5.000 hommes. Sur la rive gauche, le premier cordon fut formé de 63 bataiilons et 26 escadrons cantonnés depuis Neuwied jusqu'à

(1) Belleisle à Choiseul, 28 octobre 1758. Archives de la Guerre.

Clèves; dans ce total étaient comprises les garnisons de Dusseldorf et de Wesel. En seconde ligne, à Juliers, Gladbach, Crefeld et Gueldres, furent casés 32 bataillons et 22 escadrons. Le reste, 13 bataillons et 37 escadrons, occupa Aix-la-Chapelle, Ruremonde et le pays de Liège. Aussitôt les troupes arrivées à destination, on commença l'installation pour l'hiver et les travaux de réparation qui pouvaient s'effectuer sur place. À en juger d'après les circulaires adressées (1) aux chefs de corps, des soins minutieux semblent avoir été pris pour la santé et l'hygiène du soldat : marches et exercices fréquents, précautions contre la chaleur excessive des poêles, inspection du linge, des souliers, des fusils, visites souvent renouvelées des logements, réduction à une heure des durées de faction, interdiction des jeux de hasard, telles furent les principales mesures prescrites. Contades, dont l'activité contraste avec la nonchalance de son prédécesseur, procéda à une revue des postes de son armée; il porta toute son attention sur la région avoisinant la frontière hollandaise, et ordonna la construction d'ouvrages défensifs destinés à arrêter une nouvelle tentative de passage du Rhin aux environs d'Emmerich.

De son côté, Soubise évacua Cassel le 22 novembre ; son corps, renforcé des Saxons et de 12 escadrons détachés de la grande armée, se montait à 6% bataillons et 51 escadrons; il vint se poster derrière la Lahn sur une ligne dont les extrémités s'appuyaient à Giessen et Hanau. Grâce à une convention secrète avec le landgrave de Hesse Darmstadt, Soubise s'était rendu maitre (2) de cette première ville et, pour assurer ses derrières, il s'empara par surprise de Rhcinfels malgré les protestations des autorités

(1) Circulaire de Cornillon, 21 novembre 1758. Instructions de Soubise, 28 novembre 1758. Archives de la Guerre, 3487.

(2) Du Mesnil à Belleisle. Giessen, 19 novembre 1758. Archives de la Guerre,

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