‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 4)Chapitre 98 sur 361 · PITT TROUVE EXCESSIVES LES DEMANDES DU HANOVRE · texte numérisé non relu

PITT TROUVE EXCESSIVES LES DEMANDES DU HANOVRE

dans sa réunion du 7 octobre 1757, « que les revenus de l'Électorat étant dans la possession de l'ennemi, l'honneur et la justice demandaient que ladite armée serait payée de la couronne de la Grande-Bretagne dès le jour qu'elle recommencerait les opérations militaires contre les forces de la France, et en concert avec le roi de Prusse ». Conformément à cet engagement, le trésor anglais supportait déjà la charge &e la solde et de l'entretien de 38.600 Hanovriens; sur l'invitation du prince Ferdinand, Sa Majesté allait renforcer cet effectif de 6.000 nouvelles recrues. Münchhausen concluait à mettre cette augmentation au compte du budget britannique et terminait par un appel à la commiséralion de ses collègues anglais : « Le soussigné se trouve (1) à représenter au dit ministère l'impossibilité qu'il y a, que Sa Majesté puisse entretenir eulement une partie de ces troupes, ses épargnes de tant d'années étant absolument absorbées dans la dernière campagne, et son Électorat étant ruiné et épuisé pour maintes années, et le peu de revenus qu'on en peut attendre suffisant à peine pour le paiement de l'état civil et des pensions d'officiers et soldats invalides dont le nombre s'augmente journellement, de sorte que le financier le plus adroit sera embarrassé comment s’y prendre. »

Pendant qu'on ergotait à Londres sur les voies et moyens et que l’on désespérait d'arriver à un accord avec la Prusse, Frédéric était à peu près revenu de son attitude irréductible. À son représentant Michel, tout en renouvelant les instructions négatives du 2% janvier, à montre son désir de ne pas laisser tomber la conversation : « Il importe de savoir, écrit-il (2), si j'ai quelque assistance à espérer de l'Angleterre dans les circonstances critiques où je me trouve... Je souhaite d'être instruit de

(1) En francais dans l'original.

(2) Frédéric à Michel, 12 février 1758. Correspondance Politique, vol. XVI, p. 244.

l'usage que les ministres anglais comptent faire de leurs troupes nationales, s'ils ont résolu de ne point les employer du tout, si leur destination se borne à l'Amérique seule, et s'ils veulent mettre effectivement les affaires d'Allemagne au hasard, et courir le risque d’un bouleversement général dans le système de l’Europe. » Il s'en prend à l'infortuné diplomaie (1) : « Vos relations sont d'un secrétaire du sieur Pitt et non d’un envoyé du Roi; je suis excessivement mécontent de vous. » C’est de cette phase de la négociation que Holdernesse rend compte (2) dans les termes suivants : « Michel vient de me quitter; les affaires vont au plus mal à Breslau; pas de subside, des troupes anglaises, l’escadre dans la Baltique, voilà le ton de toutes ses instructions. » Cependant, peu à peu, le Roi s'adoucit. Pitt, dans un entretien avec Michel, avait demandé que la Prusse déclarät « la guerre solennellement à la France ». Frédéric, quoiqu'il eût fort bien compris la pensée de défiance dont s'inspirait cette invitation, n’en releva pas l’impertinence, et se borna (3) à en démontrer l'inutilité. Dans sa dépèche du 3 mars (#4), il fait un pas important dans la voie de la conciliation. Il se contenterait de « quelques vaisseaux de guerre avec quelques frégates dans la Baltique, pour que cela ait seulement le nom de l'envoi d’une escadre anglaise là, quand même elle ne ferait que s’y promener. Cette résclution prise de la part du ninistère, je ferais incessamment signer la convention et accepterais ia somme de subside qu’on m'a destinée, quoique sous condition qu'elle sera déposée en Angleterre et que je n'en ferais usage qu’au cas que la nécessité m'y

(1) Fredéric à Michel, 18 février 1758. Correspondance Politique. vol. XVI, p. 253.

(2) Holdernesse à Newcastle, 22 février 1758. Newcastle Papers, 32878.

(3) Frédéric à Michel, 3 mars 1758. Correspondance Polilique, vol. XVI, p. 256.

(4) Frédéric à Michel, 3 mars 1758. Correspondance Politique, vol. XVI,

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