DE SET
RASE a
tainement amené une brèche entre les deux nations sans l'habileté de Keene qui sut arracher quelques satisfactions à son gouvernement. L'arrivée du marquis d’Aubeterre (1) qui vint enfin prendre possession de son poste le 14 avril 1757, ne changea rien à l’état de choses. Un mot de lui (2) dépeint bien l'effacement de l'ambassade francaise : « Depuis que je suis en cette cour, qui que ce soit ne m'a encore parlé d’affaires; de mon côté je me tiens dans le silence et ne me jette à la tête de personne. »
Pour achever la revue de la situation de l’Europe, il nous reste à dire quelques mots des événements intérieurs de l'Allemagne, des agissements du corps fédéral, et du parti qu’avaient dû prendre les différents princes de l'Empire. S'ils avaient pu écouter leurs inclinations réelles, 1l est probable que la plupart, sinon l’unanimité de ces petits potentats, se seraient abstenus de toute participation au conflit naissant; dans la mêlée qui allait s'engager ils n'avaient rien à gagner; pour eux-mêmes et pour leurs États ils ne désiraient que la tranquillité; ils craignaient à bon droit de voir leurs territoires devenir le théâtre des hostilités, et redoutaient presque autant le passage des armées amies que l'incursion des forces ennemies. Par contre, ils étaient tout disposés à louer, moyennant finances, leurs soldats au plus offrant; tout au plus donneraient-ils la préférence à celui des belligérants pour lequel ils professaient le plus de sympathie. Malheureusement pour le repos des princes et pour la bourse de leurs sujets, l’attitude de leur choix ne leur fut pas permise.
Dès le mois de septembre, l'empereur François, à la requête du roi de Pologne en sa qualité d'Électeur, lança contre le roi de Prusse un « dehortatorium » dans lequel il ordonnaït à ce prince de se désister de son entreprise ct
(1) D'Aubetcrre avait été nommé ambassadeur en Espagne en septembre
(2) D'Aubeterre à Rouillé, 2 mai 1757. Affaires Étrangères. Espagne.
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