‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 103 sur 385 · VOTE DE LA DIÈTE CONTRE FRÉDERIC · texte numérisé non relu

VOTE DE LA DIÈTE CONTRE FRÉDERIC

d’évacuer la Saxe. Cet édit fut suivi de près par un « avocatorium » relachant « les officiers et les gens de pied et de cheval au service de l'Électeur de Brandchourg », de leurs devoirs et serments vis-à-vis de leur scigneur, et les sommant de quitter ses drapeaux. Il est presque superflu d'ajouter que les décrets impériaux furent l’objet de vives protestations de la part du principal intéressé, qui formula devant la Diète objection sur objection, et entama une discussion de procédure que les historiens allemands ont fait durer jusqu’à nos jours. La marche adorée par l'Empereur était-elle régulière et conforme aux précédents? Nous n'oserions nous prononcer sur ce point délicat dr droit, qui soulève encore des controverses (1) passionnées. En fait la grande majorité de l'assemblée lui donna raison. La proposition d'inviter les Cercles à fournir leurs contingents en hommes et en argent contre le perturbateur, fut portée devant la Diète réunie à Ratisbonne, et acceptée par 60 voix contre 26. Parmi les Électeurs, le représentant du Hanovre seul se prononça pour la négative et pour une médiation pacifique; les délégués de la Prusse, de l'Autriche et de la Saxe, avaient dù s'abstenir comme affectés par la décision. Dans les rangs des princes d'ordre inférieur composant la majorité, se trouvaient, à coté de l’unanimité des catholiques, quelques protestants, le duc de Mecklembourg, le duc de Deux Ponts, le landgrave de Hesse-Darmstadt et l’un des beaux-frères de Frédéric, le margrave d’Anspach. Dans l’autre camp figuraient Hesse-Cassel, Brunswick, Wurtemberg, Baireuth, les petits duchés saxons. A la suite de ce vote, l’intervention armée de l'Empire contre le roi de Prusse fut proclamée, à la date du 29 janvier 1757.

(1) Voir Huscherg, Les trois années 1756-1757 -1758. Thudichuin, Der Achts-process gegen Friedrich den Grossen 1757-1758. Tubingen, 1892.

Hermann Mayer, Der plan eines evangelischen Furstenbundes im siebenjährigen Kriege. Celle, 1893.

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Cependant, et en dépit de cette manifestation, les hésitations durèrent encore longtemps. La Prusse, secondée par le landgrave de Hesse-Cassel, fit de son mieux pour provoquer une protestation de la part de la minorité, et pour constituer l'union des États protestants. Le baron de Plotho, représentant de Frédéric à Ratisbonne, ne put entrainer ses collègues; Éickstedt, envoyé en mission spéciale, ne recueillit à Stuttgart, à Carlsruhe, à Erlangen et à Anspach que de bonnes paroles qui ne furent pas suivies d'’ettet. Le duc de Wurtemberg, catholique de naissance mais indifférent en matière religieuse, commenca par invoquer l'influence prépondérante de la France, pour ne pas épouser ouvertement la cause de Frédéric; puis peu de temps après le passage de l’émissaire prussien, il signa un traité de subsides (1) avec la cour de Versailles. Le margrave de Baden-Durlach s’abrita derrière les mêmes excuses et prit fait et cause pour l'Autriche. Des deux beaux-frères de Frédéric, l’un, le margrave d’Anspach, s'était, après quelques vacillations, rangé du côté de Marie-Thérèse; il persévéra dans cette attitude malgré une lettre fulminante de son parent. L'autre, le margrave de Baiïireuth, mari de la sœur favorite du roi de Prusse, garda à ce dernier toutes ses sympathies mais n'osa pas prendre son parti. Les princes catholiques, comme on l’a vu, avaient ratifié de leurs suffrages les mesures dont l'Empereur avait pris l'initiative; l'Électeur de Bavière et l’Électeur Palatin (2) conclurent des traités de subsides (3) moyennant lesquels ils mirent à la disposition de la France, le premier 4,000 et le second 6,000 soldats; quant aux archevêques de Mayence, de Cologne et de Trèves, ils étaient trop attachés à la maison de

(1) 30 mars 1757.

(2) L'Électeur Palatin, Charles Théodore, catholique lui-même, avait de sujets en majorité protestants.

(3) Bavière, le 29 mars 1757. — Palatin, 17 janvier 1787.

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