‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 108 sur 385 · BUDGET S FRANCAIS ET ANGLAIS · texte numérisé non relu

BUDGET S FRANCAIS ET ANGLAIS

rentrées extraordinaires les services restaient en souffrance et la pénurie d'espèces disponibles se faisait de plus er plus sentir. Une administration énergique eût permis de réprimer les abus et d'affecter à la guerre les trésors gaspiilés par le inonarque et son entourage. Mieux gouvernée, la France de Louis XV eût été en fait ce qu'elle était encore en théorie, la puissance la plus forte de l'Europe.

L2 royaume britannique, dont le territoire métropolitain était identique à celui d'aujourd'hui, comptait une population de 8 à 9 millions, très inférieure par conséquent à celle de la France qu'elle égale aujourd’hui. Le budget de la Grande-Bretagne (1), indépendant de celui de l'Irlande, prévoyait pour l’année 1757 un effectif de 55,000 matelots et soldats de marine, de 45,000 troupes de terre auxquelles viendrait s'ajouter le contingent payé par l'Irlande. Pour le maintien de ces forces, pour l’entretien des Hanovriens et Hesscis à la solde anglaise, pour les subsides aux coloniaux d'Amérique, et pour les charges d’une dette de 4 milliards '},, le Parlement avait voté 207,500,000 francs, dont lä moitié environ demandée à l'emprunt ou détournée de la caisse d’amortissement.

Ces appels à la fortune privée, qui se reproduisirent en progression ascendante pendant la durée de la guerre, étaient facilités par les richesses mobilières déjà considérables des banquiers et négociants anglais, et il faut le dire, par les mesrres adoptées sous le ministère Pelham pour la conversion et la réduction de la dette. La bonne gestion des finances britanniques et le développement des relations commerciales sous l'égide des escadres anglaises, assurèrent à la puissance insulaire, au pont de vue du crédit, et partant des ressources en argent, une

(1) Lord Mahon. History of England, vol. IV.

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supériorité qui ne fit que grandir au cours de la lutte et qui contribua beaucoup à la victoire définitive. En échange des sacrifices consentis, le monde des affaires réclamait des efforts correspondants sur mer et aux colonies, tandis qu'il se montrait encore indifférent, sinon hostile, à une participation directe à la guerre du continent. Ce fut pour répondre à ce sentiment que le cabinet de Saint-James se décida peu à peu à frapper en Amérique des coups décisifs, à y renforcer ses flottes, et à mettre en Lgne, à côté de ses sujets provinciaux, un fort contingent de ses troupes nationales.

De son côté, la cour de Versailles dut songer, au printemps de 1756, à augmenter les effectifs trop réduits des garnisons du Canada, et à remplacer par un nouvel officier général le baron de Dieskau, tombé entre les mains des Anglais à la suite du combat malheureux du lac Saint-Sacrement. Le choix du ministère s'arrêta sur le marquis de Montcalm que recommandaier:t à }: faveur royale des services brillants pendant la guuire ue succession; avec lui devaient partir le chevalier de Lévis désigné pour le s5ommandement en second, le colonel Bourlamaque, et quelques officiers d'État-major, parmi lesquels le jeune Bougainville, déjà distingué dans la science (1), et que devaient illustrer plus tard comme navigateur ses voyages d'exploration.

Une escadre mit à la voile de Brest le 3 avril; elle se composait de trois vaisseaux de ligne et de trois frégates, et avait à son bord, outre les officiers dont nous venons de parler, deux bataillons des régiments de la Sar: #t de

Royal Roussillon. Ces troupes, d’un effectif de à ‘ offi-

(1) Bougainville, avant de partir pour le Canada, avait publié un ouvrage sur le calcul intégral et avait été nommé membe de la Société royale de Londres. Pierre de Kerallain. La jeunesse de Bougainville. Dans ce livre, l’auteur, descendant du célèbre navigateur, a publié des extraits fort intéressants de la correspondance du jeune aide de camp.

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