‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 118 sur 385 · LOUDOUN REMPLACE SHIRLEY · texte numérisé non relu

LOUDOUN REMPLACE SHIRLEY

niaux s’assemblaient au fort [ydius, sur le cours supérieur de l'Hudson; mais ils n’entendaient relever que des autorités de leurs provinces, et répugnaient à servir sous les ordres d'officiers anglais et avec les troupes de la métropole. Enfin l'agent général des affaires indiennes, le colonel Sir William Johnson, déplorait son peu de succès auprès des cin:;j Nations (1), et désespérait de les entrainer à la guerre contre les Français.

Quelques heures après avoir expédié la dépêche qui rendait compte de ses embarras, Loudoun apprit la capitulation d'Oswego; il écrivit aussitôt (2) au colonel Webb, qui à la tête d’un bataillon de ligne était depuis Le 12 août en route pour renforcer la garnison, de se maintenir si possible au portage important du faite des terres, entre la rivière Mohawk, affluent de l’Hudson, et la Crique des Bois dont les eaux coulent vers le lac Ontario; en cas d’impossiblilité, il devait se retirer en brülant les forts de pieux qui gardaient le chemin. Webb crut prudent de prendre ce dernier parti et se replia sur le bas Mohawk. Par le mème courrier, Loudoun (3) donna ordre à Winslow de rester dans ses positions et de renoncer à l'attaque projetée contre Carillon. Cet officier, qui avait pris une part considérable aux incidents d'Acadie en 1755, avait sous ses ordres environ 7,000 provinciaux. A en juger par les démélés avec le gouverneur (4), par le refus assez peu déguisé de marcher avec les troupes de ligne, et par le rapport des officiers chargés d'inspecter les forts anglais,

George qui lui est resté, et aux forts francais du lac Champlain les appellations de Ticonderaga et de Crown point.

(1) Confédération des cinq ou six tribus iroquoises qui jusqu'alors a,aient penché du côté anglais.

(2) Loudoun à Webb, 26 août 1756. Record Office.

(3) Loudoun à Winslow, 26 août 1756. Record Office.

(4) Voir la correspondance entre Shirley, Loudoun et Winslow, Record Office. Ce dernier alléguait les conditions de recrutement votées par les états provinciaux pour demander que les troupes américaines servissent à part et sous leurs propres officiers.

ce corps mal encadré et peu discipliné n'était guère en état de prendre l'offensive. « Au fort William Henri (1), mande le colonel Burton (2), il y « environ 2,500 hommes, dont 500 malades, presque tonus en mauvaise santé; ils enterrent 5 à 8 hommes par jour, et des officiers en proportion; tout ce monde est bien paresseux et d’une saleté impossible ; dans le fort il règne une puanteur à engendrer des épidémies; tous les malades sont à l'intérieur. Le camp est d'un négligé inconcevable; les commodités, les cuisines, le cimetière, tout mélangé ensemble. Beaucoup de coulage pour les provisions, les hommes prenant ce qui leur plait, un commandement peu organisé. On se garde mal, un seul poste avancé d'un officier e4 30 hommes; pas de piquets en avant du camp; quand je suis arrivé il n’y avait aucun parti d'éclaireurs au-dehors, et pendant les six jours que je suis resté on n’en a pas expédié. »

Quant aux fortifications, elles étaient incomplètes, et le terrain autour n'avait pas été déboisé à distance. Au fort Édouard 3) l'artillerie était insuffisante, les munitions faisaient défaut, il était argent de faire des travaux complémentaires pour mettre la place en état. À la suite d’un tel rapport, il n’est pas surprenant de voir Loudoun envoyer des détachements de réguliers relever l’avantgarde de Winslow. Malgré les renforts venus d'Ang”:terre et l'envoi par la métropole de 115,000 livres ste ling à titre de subside, les Zralais ne bougèrent pas de leurs positions sur le lac George et sur l’Hudson. Le gouverneur général chercha à rejeter la responsabilité de la perte d'Oswego sur son prédécesseur, échangea avec lui une correspondance des plus aigres, le dénonça au

(1) Ce fort était aussi appelé fort George, il était situé sur le lac de ce nom.

(2) Burton à Loudoun. Fort Edward, le 27 août 1756. Record Office.

(3) Le fort Édouard bati sur le bord de l'Hudson avait été primitivement appelé Lydius.

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