TARIF DES CHEVELURES
m'nistère britannique comme intéressé dans certaines opérations louches de fournisseurs véreux, et finit par lui donner ordre de s'embarquer au plus vite pour l'Angletrrre.
Entre temps, Montcalm était de retour à Carillon où il fut rejoint par une partie des troupes revenues de Chouasuen; il y resta jusqu'à la fin d'octobre. Pendant l’automne, rien à signaler que des rencontres de partisans d'où l'on rapportait des chevelures et quelques prisonniers qu'il était souvent impossible de sauver des mains des sauvages. Bougainville, qui était allé reconnaitre les environs du fort William Henri, termine son récit (1) par cette douloureuse constatation : « Les sauvages ont avec eux 17 prisonniers, un seul avait pu ètre racheté par Montcalm; ils en ont déjà assommé quelques-uns... Les cruautés et l’insolence de ces barbares font horreur et répandent du noir. C’est une abominable façon de faire la guerre, la représaille est effrayante et l'air qu'on respire ici est contagieux pour l’accoutumance à l'insensibilité. »
C'était profondément vrai. Chacun des belligérants, tout en s’efforcant de recouvrer le plus possible des malheureux capturés par leurs auxiliaires sauvages, faisait la part du feu en laissant ceux-ci en emmener quelquesuns pour les torturer à loisir et les tenir en esclavage. Shirley, écrivant à son ministre (2), annonce que Johnson, le vainqueur de Dieskau, lui envoie le général; « quant aux autres prisonniers, une vingtaine environ, la plupart ont été pris par les Indiens qui, si je comprends bien Johnson, les ont réclamés pour en disposer entre eux. » Le trafic des chevelures était tarifé dans les deux armées; les rangers, ou chasseurs américains, avaient droit à une prime de cinq livres sterling par chevelure rap-
1) Journal de Bougainville cité par l'abbé Casgrain. Montcalm el Lévis. (2) Shirley à Robinson, 12 janvier 1756. Record Office.
portée: au Canada la rétribution payée ne se montait qu’à 10 écus (1). De part et d’autre la pratique était parfaitement acceptée, et il n'était pas rare de voir les chefs indigènes paraitre aux cérémonies publiques et aux réceptions officielles avec ces horribles trophées pendus à leurs ceintures.
Au cours de l'automne de 1756, se révélèrent les premiers indices de mésintelligence entre Vaudreuil et Montcalm, à propos de la prise de Chouaguen dont chacun s'attribuait ie mérite exclusif. Le gouverneur revendiquait avec quelque raison l'initiative d’une entreprise qu'il avait méditée et préparée de longue main; mais vaniteux et jaloux à l'excès, il oubliait qu'elle n'aurait pu aboutir sans l’activité et la capacité militaires déployées par le général.
Dans une longue dépêche (2) au ministre de la Marine, Vaudreuil se plaint de l'irrésolution de Montcalm, qui sans l’insistance de Rigaud et des officiers coloniaux aurait renoncé à l'expédition ; après la capitulation, les Canadiens et les sauvages auraient été privés de leur part du butin. « Dès que les troupes de terre eurent pris possession des deux forts, il ne fut pas possible aux Canadiens d’en approcher, et ceux qui se mirent dans ce cas furent bourrés par les grenadiers. Les sauvages furent encore plus mécontents que les Canadiens; ceux de la Baye sont retournés à leur village sans avoir la liberté d’emporter la moindre chose ; on leur ôta des mains ce qu'ils avaient pris... Cependant il est certain qu'il y avait prodigieusement des effets, des marchandises, du sucre, café, chocolat, thé et autres provisions, et même de l'argent, et le tout a été généralement pillé. De dire où ont passé tous ces effets je l'ignore, et je ne suis pas même curieux de le savoir.
(1) Duchat à Lamy du Châtel. Lettre déjà citée. (2) Vaudreuil à Moras. Montréal, 1e septembre 1756. Collection Moreau. Archives des Colonies.
tait AT nefs
ré- 1$ à
preontacun ndiprise mais it pu pyées
irine, , qui aurait diens butin.
bn des in apourrés s méournés oindre ... Lent des thé et a été ffets Je voir...
Moreau.