CORRESPONDANCE AVEC MARIE-THÉRÈSE
rieures comprenaient 70 bataillons et 100 escadrons (1) d'une force de 67,000 hommes, dont 1% bataillons et 7 escadrons en bohème, le reste autour de la position saxonne. ‘
Malgré le blocus, les communications entre les assiégés et le quartier général impérial se maintinrent relativement faciles et fréquentes. Déjà avant l'investissement, le 8 septembre, le roi de Pologne avait recu de Vienne une lettre des plus ré':onfortantes. Marie-Théièse, dans un billet écrit de sa main (2), félicitait son cher frère et cousin du grand parti qu’il avait pris de mettre ses troupes en sûreté, en les faisant passer en Bohème ; elle offrait de prendre leut entretien à sa charge, et mettait à la disposition du roi les ava:ces nécessaires pour couvrir les premiers frais. Auguste II répondit (3) par une longue missive où il se plaignait amèrement des procédés du roi de Prusse, assurait l’Impératrict qu'il enduterait-plutôt « la ruine de son pays et toutes les extrémités de la guerre que de se laisser forcer de participer à une guerre injuste contre une si bonne et fidèle alliée »; annonçait l'obligation dans laquelle il se trouvait de rester à Pirna , et priait l’Impératrice de donner l’ordre à ses généraux de venir à son secours.
Dans une dépêche à Kaunitz de la mème date (4), Brühl dépeignait les violences exercées par les Prussiens en Saxe, expliquait les circonstances qui avaient empèché la retraite en Bohème, démontrait l'avantage pour la cause commune d'une résistance qui retardait l'invasion des États de l'Impératrice, et réclamait comme son maitre l'assistance des armées autrichiennes. Le même courrier emporta une lettre adressée au comte Fleming et un billet du comte Rutow-
(1) Geschichte des siebenjahrigen Krieges par un officier de l'État-major prussien, vol. I, p. 85.
(2) Marie-Thérèse au roi de Pologne, 5 septembre 1756. Vitzthum, vol. If p.11.
(3) Auguste à l'Impératrice-Reine, 8 septembre 1756. Vitzthum, vol. II, p. 13 et suivantes.
(4) Lettre citée par Vitzthum, vol. II, p. 15.
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ski (1), commandant des troupes électorales, pour le feld-maréchal Browne.
Le lendemain, 9 septembre, on eut des nouvelles directes des Autrichiens. Browne était plein de bonne volonté, mais attendait les ordres de sa cour pour commencer les hostilités ; il avait cependant pris sur lui d'envoyer sur la frontière une avant-garde de 24 compagnies de grenadiers, soutenue par quelques détachements de cavalerie, pour maintenir les communications avec les Saxons. A partir de ce moment, Brühl, dont l'imprévoyance avait été pour beaucoup dans le désastre de son pays, déplova une grande activité; il prit en mains la direction des affaires militaires, et entretint avec Browne et avec Vienne une correspondance des plus actives.
Entre temps le commandant de l’armée autrichienne recut de sa souveraine l'autorisation de (2) « faire tout ce que Son Excellence jugera convenabie pour faciliter et assurer la retraite en Bohème, en cas que cela soit encore faisable dans les règles de la guerre. » Il put annoncer ce résultat aux Saxons et les prévenir de sa prochaine arrivée à Budin. Bientôt, au quartier général du roi de Pologne arriva un officier saxon, le major de Martanges, avec mission de renseigner ses compatriotes sur la situation en Bohême, et de se concerter avec eux sur les moyens d’opérer une jonction des deux armées. Un conseil de guerre, réuni à cet cffet à Struppen, élabora un plan d'évasion. Il paraissait possible de jeter pendant la nuit un pont äe bateaux sur l’Elbe en face de Koenigstein, sans attirer l'attention de l'ennemi; l’armée saxonne défilerait sur la rive droite du fleuve, et déboucherait par le village de Prossen et dans la direction de Schandau, où elle espérait trouver les Autrichiens venus à sa rencontre. Grâce à une démonstration sur la rive gauche et à la destruction au
(1) Lettres cilées par Vitzthum, vol. 11, p. 20-22. (2) Lettre citée par Vitzthum, vol. IE, p. 45.