ENTENTE AVEC BROWNE
moyen de brulots du pont de Pretzschwitz. seule communication à la disposition des Prussiens pour relier leurs deux ailes, grâce à une diversion effectuée contre la division chargée du blocus sur la rive droite, on comptait n'avoir devant soi du côté de Schandau que des détachements peu importants, on se faisait fort de leur passer sur le corps et d'effectuer la jonction et la retraite en Bohème. On proposait la nuit du 11 au 12 octobre pour la sortie et la réunion avec l’armée de secours. Le {‘' octobre, Brühl recut la réponse (1) datée du camp de Budin le 28 septembre; Browne lui faisait part de son intention de se porter en avant sur Lowositz et Aussig ; il acceptait le rendez-vous sur les hauteurs de Schandau, et s'engageait à s’y trouver le 11 octobre pour couvrir la retraite des Saxons. Le’ général autrichien tint parole, mais avant d'exécuter la pointe promise, il eut à lutter contre l’armée prussienne commandée par Frédéric en personne.
Ce dernier, décu dans son espoir de venir à bout des Saxons par une convention ou par un assaut, dut se préoccuper des efforts que tenteraient les Autrichiens pour les dégager. Depuis le 13 septembre, le prince Ferdinand de Brunswick avait occupé les défilés des montagnes qui séparent la Bohème de la Saxe; renforcé à plusieurs reprises, ce général s'était avancé jusqu’à Aussig sur l'Elbe, en poussant l'avant-garde autrichienne devant lui. Le 20 septembre le maréchal Keith alla prendre la direction des troupes prussiennes en Bohème, et s'empara du château de Tetschen qui commandait la navigation de l’Elbe. Le 28, Frédéric, averti de la concentration des forces de Browne à Budin, et inquiet de ses intentions ultérieures, quitta sous l’escorie de quelques escadrons son quartier de Sedlitz en face du camp saxon, pour se mettre à la tête de son armée de Bohême dont l'effectif se trouva porté à 30,000 hommes; le reste de ses forces, :0,000 hommes environ,
(1) Browne à Brühl Budin, 28 septembre 1756. Aster, p. 305.
était chargé de bloquer et de surveiller les Saxons. Le lendemain de son arrivée à Johnsdorf, Frédéric marcha au-devant des Autrichiens; il prit contact avec eux à Lowcsitz où ils étaient déjà parvenus, et cette rencontre produisit la première bataille de :a guerre de Sept Ans, livrée le 1°" octobre 1756.
Le maréchal Browne, qui venait enfin de recevoir les renforts de cavalerie légère qu'il attendait depuis longtemps, était résolu à risquer un engagement pour sauver ses alliés. A cet effet, il avait décidé (1) de chasser les Prussiens de leurs positions sur la rive gauche de l’Elbe à Aussig, et de détacher une division sur la rive droite de ce fleuve pour protéger la retraite des Saxons. Le 30 septembre, il s'établit sur les hauteurs au sud de Lowositz, sa droite appuyée à l'Elbe et son avant-garde postée dans le village. Le 1° octobre de grand matin, Frédéric, dont les troupes étaient divisées en deux colonnes, couronra deux collines boisées qui s'élèvent au nord de Lowositz; avec son aile gauche il prit position sur le Loboschberg , dont les pentes inférieures plantées de vignobles venaient mourir aux premières maisons du village; l'aile droite occupa la hauteur de Rudostitz, d'où elle se porta sur le mamelon du Homolka. Les deux armées ainsi postées étaient séparées par une plaine large de plus de 3 kilomètres, coupée dans sa longueur par un ruisseau marécageux qui courait vers l'Elbe. Le corps de Browne, à peu près égal en cavalerie et artillerie à son adversaire, lui était supérieur en infanterie dont il comptait 34 bataillons et 3% compagnies de grenadiers, contre 25 bataillons prussiens (2).
Le combat s'engagea dans les vignes de Lowositz; bien-
(1) Lameth au ministre. Budin, 28 septembre 1756. Archives de la Guerre. (2) Ces chiffres sont tirés de l’histoire de l'état-major prussien. Lameth dans sa dépêche du 21 septembre écrivait que l'armée de Browne comptait 56 bataillons, 92 escadrons, 52 compagnies de grenadiers et carabiniers. Une partie seulement de ces forces assista à la bataille; il en fut de même du côté des Prussiens dont l'effectif total se montait à 29 bataillons et 71 escadrons.