FORT WILLIAM HENRI
gurait que tout délai pouvait leur porter malheur. En partant, ces Nations laissèrent suspendu un équipement complet en sacrifice au Manitou, pour se le rendre favorable. »
Enfin le 2 août, à trois heures du matin, après une navigation heureuse sur le beau lac, la flottille sur laquelle s'était embarqué le gros de l’armée rejoignit le corps de Lévis à Ganaouska (North West Bay). Le lendemain, on couronna les hauteurs qui avoisinent William Henri, et on débuta par une reconnaissance qui fut confiée à Bourlamaque et à l'ingénieur Desandrouins. Ce dernier, qui dirigea les travaux du siège, fait des fortifications anglaises la description suivante (1) : « Le fort forme un carré irrégulier dont le plus large côté est de 60 toises. Le lac aboutit au pied du front nord-est. Le front sud-est est bordé par un marais impraticable; et les deux autres fronts sont entourés d’un bon fossé palissadé. On avait pratiqué, à 00 où 500 toises de distance, un désert dont les arbres, à demi-brülés et couchés l'un sur l’autre, offraient, ainsi que leurs souches, un obstacle presque inconnu dans les approches des places d'Europe. Le camp retranché, séparé du fort par le grand marais dont nous avous parlé, était placé sur une hauteur très avantageuse qui domine le fort et qui est encore bordée par un marais du côté de l'est. Les retranchements en étaient faits de trones d'arbres posés les uns sur les utres. »
La garnison, commandée : r le colonel Munroc, se composait de 2,500 hommes, dont 850 du 33° de ligne anglais, 100 rangers, #0 artilleurs et le reste provinciaux. L'Étatmajor français se prononça pour l'attaque du front nordouest, à cause de la proximité d'une petite anse sur le lac, où l'on put débarquer l'artillerie et établir le dépôt de munitions.
Après une sommation inutile, les opérations commencè-
(1) Desandrouins, p. 87.
rent dans la nuit du 4 au 5 août; elles furent menées avec beaucoup d'entrain. Le 6 une première batterie de sept canons, un obusier et un mortier, ouvrit son feu, à la grande joie des sauvages qui seconderent l'effet des « gros fusils » en tirant dans les embrasures du fort et en génant la manœuvre des servants ennemis. Le 9 au matin, en sus de deux hatteries déjà en activité, deux autres étaient prètes à faire brèche, les tranchées très avancées, Ja troisième parallèle à 70 toises du chemin couvert; tout promettait une prompte solution, quand l'assiégé vers neuf heures du matin hissa le drapeau blanc et envoya un parlementaire dans les lignes francaises. On se mit bien vite d'accord sur les termes de ia capitulation. La garnison obtint de sortir avec les honneurs de la guerre et de se rendre en liberté au fort Édouard, sous réserve de ne pas servir pendant une période de dix-huit mois. Tous Francais, Canadiens ou Indiens faits prisonniers dans l'Amérique depuis le début des hostilités, devaient être restitués dans un délai de {rois mois. Ces conditions étaient douces: Montcaln, qui savait par une dépèche interceptée que Île fort ne serait pas sc.ouru de suite, aurait pu exiger la reddition ds Anglais; s'il ne le fit pas, c'est que le transport ct la subsistance au Canada de plus de 2,000 étrangers auraient ét" ua embarras des plus sérieux, au moment où la pénurie des vivres dans la colonie devenait de plus en plus menacante. Les vainqueurs se rendirent maitres d'un matériel important : #4 pièces de cunon dont 17 picrriers, plus de ?,008 bouiets et bombes, 36,000 livres de poudre, 3,000 quintaux de farine et de lard, enfin un certain nombre de bateaux de diverses dimensions. Le succès avait coûté à l'assuillant 17 tués et #0 blessés dont 23 sauvages: les Anglais «ccusèrent une perte ({) d'environ 120 hommes mis hors de combat.
(1, Relation des événements. Archives de la Guerre.
es:
e le red-
>ort »ers {où s en d'un Lers, dre, oMmavait
es;