‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 138 sur 385 · DÉPENSES ENORMES DU CANADA · texte numérisé non relu

DÉPENSES ENORMES DU CANADA

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en 1756 et 1757, Bigot lui-même ! plusieurs de ses subordonnés, tant fournisseurs que comptables et administrateurs, avaient inauguré un système de bénéfices illégaux, de détournements, de faux en écritures, qui ue firent que se développer avec les embarras financiers.

Mais sans essayer d'atténuer les agissements scandaleux ct les procédés malhonnètes qui signalèrent la fin de la domination française au Canada, il convient de reconnaitre la véritable cause de la perte de ce pays. Pour assurer la défense de Ja colonie, pour lui faire parvenir les secours indispensables à son existence, il fallait ètre maitre de la mer, ou tout au moins pouvoir en disputer la suprématie à l’ennemi. En 1757, malgré la supériorité des flottes anglaises, la question n'était pas encore tranchée à l'avantage de la puissance insulaire; sans doute le bilan des prises isolées faites par les deux marines penchait en sa faveur: mais les escadres de France avaient tenu la mer sans essuyer d'échec, et assuré une communication constante entre les deux continents. Le gouvernement de Louis XV pourrait-il maintenir cette sorte d’égalité? Serait-il à même de rivaliser avec l'Angleterre en sacrifices pour ses vaisseaux, tout en prodiguant des millions pour l'entretien de ses armées en Europe et pour le paiement des subsides promis à ses nouveaux alliés? À en juger par ce qui se passait en Amérique, un tel effort semblait bien lourd; l'expérience des événements d'Al-

lemagne devait prouver qu'il était au-dessus des forces de la nation.

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