CHAPITRE VI CAMPAGNE DE BOHÈME, — BATAILLE DE PRAGUE
En Europe, l'hiver de 1756-1757 ne fut troublé par aucun événement militaire autre que des affaires d’avantpostes. Les Prussiens en Saxe et en Silésie, les Autrichiens en Bohème et en Moravie, attendirent, selon les habitudes de l'époque, le retour de la belle saison pour reprendre les hostilités. Frédéric, tout en s'employant activement aux préparatifs de la campagne prochaine, ne crut pendant longtemps à l'intervention active ni des Russes, ni des Francais. Trompé par des avis qui relataient avec complaisance les indispositions de la Tzarine et qui prédisaient sa mort prochaine, escomptant le retour de l'influence anglaise que produirait l'avènement du grand-duc héritier, il raya de ses calculs stratégiques l'élément moscovite; il poussa même la confiance au point de rédiger les instructions de l'envoyé spécial (1) qui se rendrait en Russie aussitôt que le décès d'Élisabeth serait connu. Sur les intentions de la France il conserva ses illusions jusqu’à la rentrée de Knyphausen au commencement de décembre; le rapport que lui fit ce diplomate lui ouvrit les yeux sur le péril erandissart qui le menacçait de ce côté; mais l'attentat de
(1) Volz, dans son ouvrage Ariegsführung und Politik Künig Friedrichs des Grosse, Berlin 1896, cite une dépêche inédite d’Eichel à Podewils du 9 mars 1757 relative à ces instructions.
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