‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 140 sur 385 · PREPARATIFS DE FRÉDERIC · texte numérisé non relu

PREPARATIFS DE FRÉDERIC

Damiens, ses suites probables, les embarras intérieurs de la France, les ouvertures pacifiques transmises de Ratisbonne et de Baireuth (1), contribuèrent à faire renaitre l'impression que le danger était encore lointain. Tout au plus faudrait-il tenir compte des 2%,000 auxiliaires dont l'envoi avait été stipulé par le traité du 1° mai 1756. Au début de la campagne qui allait s'ouvrir, il n'aurait à s'occuper que de son principal adversaire , l'Impératrice- Reine. Tandis que Lehwaldt, avec ses 20,000 hommes, suffirait pour observer les Russes et serait à l'occasion disponible pour une diversion en Moravie, tandis que les 10,000 hommes de la garnison de Wesel, joints aux Hanovriens et Hessois surveilleraient les Francais sur le Rhin et retarderaient leurs progrès en Allemagne, le reste &es forces de la monarchie, rassemblé en Saxe et en Silésie, ferait tète aux Autrichiens.

Les belligérants avaient profité du répit de l'hiver pour recruter et augmenter leurs forces: le roi de Prusse forma avec l'armée saxonne qui avait capitulé à Pirna, et avec les conscrits qu'il leva dans l'Électorat, dix régiments d'infanterie et cinq bataillons de grenadiers, sans compter un certain nombre d'escadrons qui furent ajoutés aux formations de cavalerie existantes. IL espérait que ces soldats bien nourris et payés, commandés par des officiers et sous-officiers prussiens, soumis à la discipline prussienne, se plieraient au service ets’amalgameraient avec les troupes nationales. Cette attente fut décene ; les Saxons , tant vieux soldats que recrues, désertèrent en masse; des bataillons entiers se révoltèrent, et drapeaux en tète prirent le chemin de la Pologne. Après la campagne de Bohème, on fut obligé de dissoudre la plupart des nouveanx corps et d'en répar-

(1) Voir la correspondance de Frédéric, avec Plotho et la Margrave en décembre 1756 et janvier 1757, relative aux ouvertures du chevalier de Vathan, qui prirent fin avec la mort de ce personnage au cemmencement de 1757. Ces lettres sont citées par Volz.

tir les débris dans les régiments prussiens. Au printemps

de 1757 ces faits ne s'étaient pas encore produits, et Les

incorporés de force étaient encore dans les rangs. Si aux

22,000 Saxons on ajoute les additions aux anciens ca-

dres et quelques bataillons d'infanterie légère de créa-

tion récente, on trouve que l'armée prussienne s'était

renforcée de près de 50,000 hommes; les situations de

‘cette époque indiquent un chiflre de 211,000 (1) dont

152,000 prêts à entrer en campagne. Sur ce dernier total,

117,000 cantonnés en Saxe et en Silésie étaient destinés à

opérer contre les Autrichiens.

De son côté, Marie-Thérèse avait augmenté ses armées

de Bohème et de Moravie de détachements tirés de l'Italie

‘et des Pays-Bas, et avait pris à sa solde quatre régiments

de cavalerie saxonne envoyés de Pologne par le roi Au-

guste. En outre, les bataillons et escadrons avaient été

portés au plein de leurs effectifs et quelques unités nou-

1 velles organisées. L'Impératrice pouvait opposer à Frédé-

ric des forces à peu près égales à celles de ce prince, 118,000 sabres et baïonnettes et 226 canons.

Le premier choc de la campagne aurait lieu entre les Prussiens et les Autrichiens; cela ne faisait doute pour personne. L'armée francaise, d'après les calculs les plus optimistes, ne pourrait être sur le Weser avant la fin de mai, et suivant es renseignements de Pétersbourg il était peu probable que les Russes entrassent en campagne avant le mois de juin. Avec une semblable perspective, autant son intérêt devait engager l'Impératrice à retarder toute rencontre décisive jusqu'à l'entrée en ligne de ses alliés, autant il était de celui du Roi de chercher à frapper ses adversaires les uns après les autres, et sans qu'ils pussent se prèter assistance.

Frédéric cependant parait avoir hésité longtemps sur

sur més éch;

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(1) mann, publié ment {

(1) Geschichte des Sicbenjährigen Krieges, par un officier de l’état-major prussien, vol. I, p. 147.

PLAN DE CAMPAGNE DE FREDÉRIC. on

le parti à choisir (1): soit manque d'informations sur les intentions des Français dont le corps auxiliaire de 24,000 hommes était r'inoncé comme devant arriver en Bohème, soit attachement aux règles de la vieille stratégie, le roi de Prusse, durant les mois d'hiver, dans sa correspondance avec Schwerin et Winterfeldt, penche pour la défensive, [attendra l'attaque des Autrichiens qu'il prévoit devoir être dirigee sur Dresde ; il s'efforcera de les battre, il les poursuivra en cas de succès jusqu'au fond de la Moravie, mais il ne prendra pas l'initiative contre eux. Ce ne fut qu'au commencement de mars que, probablement sur les conseils de Winterfeldt, son homme de confiance, il se décida pour l'offensive. Par lettre du 16 mars, il consulta ce dernier, ainsi que le maréchal Schwerin, sur les projets d'entrée en carapagne; le 20 mars il leur transmit une note où il examinait successivement les mouvements possibles de l'armée de l'Impératrice, et discutait les opérations applicables à chaque hypothèse.

Winterfeldt et Schwerin se prononcèrent pour une asression vigoureuse, qui aurait le double avantage de surprendre l'ennemi et de lui enlever ses magasins formés à peu de distance Ge la frontière. À la suite de cet échange de vues (2) et d’une étude comparative des chances que pouvait présenter l'exécution du programme, le Roi adopta un plan définitif et lanca ses ordres en conséquence. L'armée prussienne fut divisée en quatre

(t) Voir sur le plan de campagne de 1757 Bernhardi, Cümmerer, Zimmermann, Delbrück et Naudé. L'ouvrage de ce dernier, Der Feldzug von 1757, publié en 1893 résume la controverse. Le colonel francais Bonnal a également traité cette question dans ses conférences à l'École de Guerre.

(2) Frédéric à Schwerin, 16-20 et 25 mars 1757.

Frédéric à Winterfeldt, 16-21-25 et 26 mars.

Schwerin à Frédéri:, 24 mars.

Winterfeldt à Frédéric, 19-22 et 24 mars.

Conférence entre Schwerin, Winterfeldt et von der Goltz envoyé de Frédéric, 30 mars. Correspondance politique, vol. XIV.

corps : Schwerin, à la tête de #1,000 hommes, secondé par les généraux Manteuffel et Winterfeldt, devait déboucher de la Silésie, franchir la chaine des Riesengebirge, se porter sur l'Iser et effectuer sur les bords de cette rivière sa jonction avec le due de Bevern. Ce dernier, avec la se-

conde colonne, forte de 18,000 hommes, a, ait pour mission de pénétrer en Bohême par la vallée supérieure de | la Neisse, Frédéric, avec les 39,000 hommes qui compo- ( saient la troisième division, marcherait directement sur | Aussig et Lowositz parallèlement au cours de l'Elbe vers & t Prague; enfin le prince Maurice d'Anhalt avec 19.000 | hommes était chargé d’une feinte dans la direction d'Egra, e et devait, après avoir attiré l'adversaire de ce côté, se s abattre sur l'armée du Roi. Les deux ailes, sous le com- é

mandement de Frédéric et du maréchal Schwerin, se donneraient la main dans les environs de Leitmeritz au | Ô confluent de l'Elbe et de l'Eger. a Tandis que chez les Prussiens l'unité de direction avait S abouti après étude à un projet incontesté, Les plans autri- a chiens avaient été remaniés et modifiés à plusieurs re- le prises. Tout d'abord le maréchal Browne, désigné par qi l'opinion pour continuer la tâche commencée en 1756, Pc 4 fit prévaloir l'idée d'une double agression en Silésie et dt en Saxe. A cet effet des préparatifs furent faits et des ap- L'

provisionnements considérables constitués à faible dis- el tance de la frontière. Mais après la nomination du prince Si Charles au commandement supérieur, et d'accord avec à les conseils réunis à Vienne, on revint à une politique dé- le

fensive. Cette attitude était peut-être plus logique, mais il aurait fallu conformer au nouveau système la distribution des troupes, et surtout reporter en arrière les magasins, dont l'emplacement présentait un danger réel que mi. ne compensait plus aucun avantage. Ces précautions furent omises et les Impériaux maintinrent les mesures adoptées dans la prévision de l'offensive. Comme leurs adver-

dé pume, core sehisde 1posut vers ra, TL

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