‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 15 sur 385 · BATAILLE DE LOWOSITZ · texte numérisé non relu

BATAILLE DE LOWOSITZ

tôt le roi, incertain s’il avait devant lui le gros des Autrichiens ou une simple avant-garde, et ne pouvant discerner leurs lignes que lui cachait un brouillard épais, poussa en avant une forte reconnaissance de cavalerie: celle-ci vint se heurter à des régiments autrichiens qu'elle refoula, mais recula à son tour devant le feu convergent des batteries et des tirailleurs ennemis Une seconde charge, à laquelle prit part toute la cavalerie prussienne entrainée par son ardeur, fut encore plus lésastreuse; fusillés presque à bout portant, pris en flanc par les cuirassiers autrichiens, empêtrés dans les obstacles du terrain, les escadrons de Frédéric durent se réfugier derrière leur infanterie après une perte d'environ mille hommes, soit le onzième de leur effectif. Le maréchal Browne voulut profiter de ce succès; il renforça son aile droite, occupa fortement Lowositz, et lança ses colonnes sous les ordres de Lascy à l'assaut du Loboschberg. Cette attaque ne réussit pas; le commandant autrichien fut blessé, ses hommes plièrent et furent rejetés en désordre au bas de la hauteur. Frédéric à son tour, tout en tenant en échec l'aile gauche des Autrichiens, concentra tous ses efforts sur leur droite. Bevern conduisit ses bataillons à l'assaut du village de Lowositz ets’en rendit maitre malgré la résistance opiniâtre des défenseurs; les Autrichicns se débandèrent dans leur retraite ; ils furent recueillis par le centre de leur armée rt par la cavalerie restée intacte.

Il n'y eut pas de poursuite et le combat finit à 2 heures. L'armée de Browne campa sur les positions qu'elle avait occupées la veille et se replia le 2 octobre sur Budin; Frédéric se contenta de l'avantage obtenu et ne dépassa pas Lowositz. La perte de part et d'autre, proportionnellement aux effectifs engagés, fut considérable : les Prussiens (1) accusèrent 3,318 officiers et soldats tués, blessés et prison-

« (1) Geschichte des siebenjährigen Krieges, par un officier de l'état-major prussien, vol. I, p. 109.

niers; les récits autrichiens parlèérent de 2,300 tués et blessés (1), auxquels il faudrait, d'après les rapports prussiens, ajouter 700 prisonniers.

Quoi qu'il en fût, la retraite de Browne permit à Frédéric de s’attribuer la victoire, et fournit un prétexte aux chants de triomphe qu'il eut l'habileté d'entonner à l'occasion d'une rencontre dont il sortait plus éprouvé que son adversaire.

Lameth, qui avec son camarade d'Hautmont était attaché à l'état-major du feld-maréchal, fait de la bataille le récit suivant (2) : « La victoire a été pendant 3 heures de notre côté ; la cavalerie autrichienne a bä.tu trois fois celle du roi de Prusse, mais enfin après huit heures du combat le plus opiniâtre la gauche de son infanterie a fait plier notre droite ; il s'est rendu maître de Lowositz qu'il n’a pas été possible de reprendre, et nous avons été obligés de nous retirer dans la partie gauche de notre champ de bataille où nous nous sommes retirés en fort bon ordre et où nous avons passé une partie de la nuit, après quoi nous nous sommes repliés dans un camp que nous occupions cidevant... Cla ne peut s'appeler perdre une bataille, mais seulement manquer de la gagner... M. le feld-maréchal espère encore la réunion avec l’armée saxonne, qui cependant devient plus difficile. »

Frédéric, tout en exagérant son succès (3), fut forcé de reconnaitre les progrès accomplis depuis la dernière guerre par l'armée autrichienne. « J'ai vu, écrit-il à Schwerin, que ces gens ne veulent se hasarder qu'à des affaires de perte, et qu'il faut bien se garder de les attaquer à la hussar:ie. Ils sont plus fins que par le passé, et croyez-m'en £u2 ma parole que sans beaucoup de ca-

. (1) Rapport de Lameth, 4 octobre 1756. Archives de la Guerre.

(2) Lameth au ministre, 2 octobre 1756. Archives de la Guerre.

(3) Frédéric à Schwerin et au prince Maurice d'Anhalt Dessau. Correspon; dance politique, vol. XIIT, p. 479 et 482.

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