‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 144 sur 385 · PRINCE CHARLES DE LORRAINE · texte numérisé non relu

PRINCE CHARLES DE LORRAINE

tinuant son mouvement rétrograde, et renforcé dans l'intervalle par le corps du duc d’Arenberg rappelé des environs d'Egra, était à Tuchomersitz; il v rencontra le prince Charles de Lorraine venu en droite ligne de Vienne, et lui remit les fonctions de généralissime de l'armée de Bohème.

Après quelques hésitations inspirées par les souvenirs de la campagne désastreuse de 1745, Marie-Thérèse s'était déterminée à confier à son beau-frère la direction des opérations ; ce choix, dù à l'affection et au désir de complaire à l'Empereur, ne fut pas heureux. Le prince Charles, malgré son courage et son expérience de la guerre, n'était pas de taille à lutter contre un tacticien aussi hardi et aussi entreprenant que le roi de Prusse. Consciencieux jusqu’à la timidité, pliant sous le fardeau du commandement, incapable d'initiative, il se laissait guider par les conseils de son entourage et par les instructions recues de Vienne. La copieuse correspondance échangée avec l’empereur François son frère, nous dévoile un général plus soucieux des difficultés qu'ambitieux du succès, craintif à l'excès des desseins de son adversaire dont il exagère presque toujours la puissance, aimant à abriter sa responsabilité derrière celle de ses subordonnés, brave homme au demeurant, mais l’indécision incarnée. Un chef de cette trempe ne pouvait prendre sur ses lieutenants et sur ses troupes l’ascendant nécessaire pour rétablir une situation fort compromise.

Lors de l’entrevue des deux généraux aù camp de Tuchomersitz, le Prince Charles aurait trouvé Browne tout à fait démoralisé. « J'avoue, écrivit-il plus tard (1), que je fus surpris en le voyant, et j'ose dire qu'il était dans un triste état, quelyue chose d’égaré. Le premier mot qu'il me dit fut qu'il était bien malheureux et qu'il voudrait

(4) Relation de ma campagne de 1757, par le Princ.. Charies. Arneth, vol. V, notes.

ètre mort, et se mit à pleurer. » Sans attacher trop de valeur à ce récit rédigé après la campagne en guise de mémoire justificatif, il faut avouer que le maréchal, soit trouble d’une invasion qu’il n'avait pas prévue, soit dépit d'ètre réduit au second rôle, ne montra pas en 1757 les qualités qu'il avait déployées à Lowositz et dans son expédition au secours des Saxons. Résolu d'abord à livrer bataille aux Prussiens (1), il aurait cédé à l'avis contraire de ses divisionnaires qui voulaient la retraite. Au conseil “e guerre que le nouveau commandant en chef s’empressa de réunir, la majorité des assistants, persistant dans son avis malgré l'opinion de Browne, insista pour la continuation de la marche rétrograde sur Prague. Le prince Charles se prononca dans le mème sens, et ramena son armée le 2 mai sous les murs de la capitale de la Bohème et sur la rive droite de la Moldau. Le mème jour, le roi de Prusse, qui le suivait de près, établit son quartiergénéral en face des Autrichiens, sur la rive gauche de la rivière.

A Vienne, l'irruption des Prussiens avait jeté Le désarroi le plus complet; on avait appris l'échec de Kôünigsege, mais on était sans dépèche de Browne et fort inquiet de sa réunion avec le duc d'Arenberg. « Ce matin, éeril l'Empereur (2), on a recu ici par Nataliski la nouvelle que le Roi avait passé l'Eger et que nous étions retirés à Welwara, et peut-être irait-on à Prague; que Arenberg n'avait pas pu joindre l'ennemi et devait faire un grand détour, que Künigsegg était où à, ou devant Brandeis. s'étant retiré avec précipitation; que le Roi voulait atta-

(1) Relation de ma campagne de 1757, par le Prince Charles. Lettres de Browne au Prince, 24 et 26 avril 1757. Arneth, vol. V. notes.

(2) l'Empereur au prince Charles, 29 avril 1757. Archives de la Guerre. Vienne. L'Empereur dont l'éducation avait été fort négligée écrit dans un français des plus singuliers et ne tient aucun compte des règles les plus élémentaires de la grammaire et de l'orthographe.

rade soit déson vrel aire con- ’emstant pour e. Le mena a Bour, le artierde là

sar roi seau, hiet de écrit ile que à Welre nàgrand andeis t atta-

ettres de ha Guerre.

dans un les plus

Page 1