CONCENTRATION DES DEUX ARMÉES
tour à Prague après une visite d'inspection des postes de Reichenberg et Gabel, il aurait été surpris par une invasion à laquelle il était loin de s'attendre, et n'aurait pu rallier son monde en temps utile. D'autre part l'inaction de Serbellom, qui « ayant trop éparpillé ses troupes ne put les rassembler à laromirz, ne sut où ne voulut suivre Schwerin d'assez près pour le gêner dans ses opérations », aurait privé le prince Charles d’un appoint important au moment décisif.
Dès son arrivée à l’armée, le 29 avril, le nouveau généralissime avait fait de son mieux pour concentrer ses forces, en ordonnant à Künigsegg et à Serbelloni de rejoindre la fraction principale. Le premier de ces généraux elfectua sa jonction sas être inquiété; il laissa à Brandeis une arrière-garde qui disputa vigoureusement aux Prussiens le passage de l'Elbe, et ne se retira qu'après avoir brûlé le pont sur ce fleuve. Son adversaire Schwerin, Sans communication avec le Roi et incertain sur la direction à prendre, s'était attardé à Brandeis; il ne quitta cette ville que dans la nuit du 5 au 6 mai, sur les ordres formels de Frédéric, et, après une marche de quelques heures, réunit ses régiments à ceux de son souverain le matin même de la grande bataille qui allait s'engager sous les murs de Prague.
Quant à Serbelloni, malgré l'invitation du prince de Lorraine il ne fit aucune diligence pour se rapprocher de lui; il fallut l’arrivée du feld-maréchal Daun, appelé à le remplacer, pour mettre en mouvement l’aile droite des Autrichiens. Le 5 mai, le général de Puebla qui dirigeait l’avantgarde était encore à Bômisch Brod ; il y recut l’avis de se porter sur Prague, mais ne put y parvenir et ne prit aucune part au combat.
Au matin du 6 mai les deux armées étaient en face l’une de l’autre. Le roi de Prusse avait sous son commandement immédiat les 46 bataillons et 75 escadrons de Schwerin, et
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