DESCRIPTION DU CHAMP DE BATAILLE
Au nord de la vallée dans laquelle serpente cet affluent, sont les hauteurs de Prosek, occupées dans la matinée du 6 mai par l'avant-garde prussienne; en face, eu sud, le Ziskaberg aux portes de la ville, le Schanzenberg qui lui fait suite, et une ligne de collines qui court vers la gorge de Hrtlorzes; sur cette croupe et en arrière de la crète les Impériaux étaient campés. La pente, qui de la position autrichienne dévale vers le fond intermédiaire, très accusée sur la gauche, c'est-à-dire du côté du Ziskaberg, s'atténue à mesure que l'on gagne dans la direction de l'est; à Hrtlorzes, où la croupe est coupée par une brèche dont nous parlerons tout à l'heure, le terrain, léché par le lit resserré du Roketnitz, redevient difficile d'accès. lei les hauteurs se continuent, de l’autre côté du ravin, par une chaine de buttes, jusqu’au petit col où passe la route de Hlaupetin à Chwala. Ces buttes, assez escarpées, font saillie dans le paysage ; elles sont contournées par le ruisseau qui s'est frayé un passage étroit à travers le massif. En amont de Hrtlorzes et dans son thalweg supérieur, jusqu'aux villages de Bechowitz et Pocernitz qui marquent l'extrémité est du champ de bataille, notre cours d'eau se répand dans un chanelet de petits étangs, où se déversent, par une multitude de canaux, les eaux de la région.
Tout ce fouillis de pièces d’eau, de pêcheries, de prés mouillés, sert de fossé extérieur au plateau formé par le versant oriental des collines qui couronnent la ville de Prague. Sensibles du côté de la Moldau, ces élévations se prolongent au levant par une sorte de plaine ondulée d’où émergent quelques mamelons d'un relief médiocre. Un ravin encaissé qui débouche dans le vallon de Roketnitz, près de Hrtlorzes, constitue la brèche dont il a été question plus haut et donne accès à l'intérieur du plateau près du village de Maleschitz. Au sortir du défilé ainsi créé, le lerrain s'épanouit en amphithéâtre ; il est commandé par
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un renflement sur le sommet duquel se détache le hameau de Sterbohol, De ce point culminant, on descend par une pente presque imperceptible jusqu'aux berges du ruisseau et jusqu'aux étangs qui se trouvent dans le voisinage des villages de Kej, Hostawitz et Pocernitz. Au moment de la bataille, ces étangs, beaucoup plus étendus qu'aujourd'hui, étaient entourés de marais à moitié desséchés qui avaient été semés en avoine; l'herbe qui recouvrait le sol empêcha les Prussiens d'en reconnaitre l'état bourbeux, et de se rendre compte des obstacles que présenterait la traversée de la plaine entre Pocernitz et Sterbohol.
L'armée autrichienne campa pendant la nuit du 5 au 6 mai sur deux lignes parallèles au Roketnitz, et un peu en arrière des hauteurs, depuis la gorge de Hrtlorzes jusqu'au Ziskaberg ; un rideau de cavalerie sur les collines de Prosek, de l’autre côté de la vallée, surveillait les Prussiens de l'armée du Roi. Vers quatre heures du matin (1, les avant-postes autrichiens se replièrent devant les éclaireurs ennemis. Environ deux heures plus tard, les têtes de colonnes prussiennes commencèrent à déboucher sur Prosek ; c'est à ce moment que le Roï se rencontra avec le maréchal Schwerin et le général Winterfeldt; tous trois. avec quelques officiers de leur état-major, se portèrent en avant pour reconnaitre les lieux (2). « De cette hauteur. écrit un témoin (3), nous découvrimes très distinctement tout le camp de l'ennemi, la première et la seconde ligne dans toute leur étendue. » On tira sur le groupe quelques
(1) Voir au sujet de la bataille Ammann Die Schlacht bei Prag. Heidelberg 1887. Cette brochure est un résumé critique des récits de l'affaire.
(2) De Prosek, où se trouvait Frédéric, on ne peut pas ar "rcevoir Pocernilz ni le cours supérieur du ruisseau qui sont masqués par les mamelons près de Hrtlorzes. Ainsi que nous l'avons dit, les pentes du Schanzenberg qui esl exactement en face de Prosek ne sont pas escarpées.
(3) Récit du comte de Schwerin, neveu du maréchal, cité par Lloyd et Roux Fazillac.
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