PLAN D'ATTAQUE DU ROI
coups de canon; « cependant Sa Majesté y resta encore plus d'une heure pour examiner leur position et pour voir de quelle manière ils pourraient être attaqués. Le Roi inclinait à attaquer l'ennemi de front (1). Le maréchal au contraire lui présenta la difficulté du terrain, la srande marche que les troupes auraient à faire, et la position redoutable des ennemis qui avaient couvert d'une quantité prodigieuse de grosse artillerie les hauteurs qui étaient devant leur front. Sa Majesté, convaincue par ces raisons, laissa au maréchal le soin de chercher un point d'attaque plus convenubie. Aussitôt Son Excellence se porta au galop devant la droite des ennemis, où le terrain allait en diminuant des deux côtés; il trouva devant leur droite une plaine, près du vitage de Miesiz (2), où l'infanterie pouvait passer dans les prairies, et le cavalerie et la gros.e artillerie sur des écluses. Aussitôt que le maréchal eut reconnu (3) le terrain et qu'il en eut rendu compte au Roi, les ordres furent donnés aux trois corps de se mettre en mouvement sur leur gauche. Ces ordres furent exécutés avec tant de célérité que l’armée qui les avait recus environ à neuf heures, après avoir marché près de quatre milles dans des chemins très difficiles, était formée à dix heures et demie, et qu'à onze heures la bataille commença à notre gauche ». Le plan concerté entre Frédéric et Schwerin, à peu près similaire à ceux que nous verrons appliquer à Kolin et à Leuthen, consista à déborder et à prendre en flanc la droite ennemie, puis, ce résultat obtenu, à se rabattre sur le corps de bataille, le replier et le rejeter dans Prague. A cet effet les colonnes de Schwerin, agissant comme aile marchante, gagneraient par
(1) Cette assertion est constestée par Amimann p. 105 et suivantes, qui établit que le Roi et Schwerin furent d'accord sur le plan d'attaque.
(2) Probablement Pocernitz.
(3) Cette reconnaissance faite de loin ne parait avoir donné aucune idée des difficultés réelles du terrain.
une manœuvre latérale les abords d’Unter Pocerniz, se déploieraient en avant de ce village et enlèveraient les hauteurs de Sterbohol, de manière à prendre en écharpe les Autrichiens. L'attaque de l'infanterie serait flanquée et appuyée à sa gauche par un gros de cavalerie. La droite prussienne se bornerait au rôle d’observateur et formerait la réserve.
A en croire certains historiens, le vieux Schwerin n'était pas partisan (1) d’une action immédiate, et n'aurait cédé qu'aux ordres du Roi en s’écriant : « Soit, s'il faut se battre il n’y a pas de temps à perdre; plus les œufs sont frais et meilleurs ils sont. »
Pendant ies premières heures de la matinée, le prince Charles et le maréchal Browne ne se rendirent pas compte des intentions agressives de Frédéric; les tentes étaient debout, les hommes aux corvées ou à faire la soupe, la cavalerie au fourrage. On ne commença à s'inquiéter qu'au spectacle de la manœuvre de Schwerin. « Les généraux autrichiens, écrit un officier (2) français présent à l'affaire, avant cru, en voyant les premiers mouvements de l’armée prussienne, qu’ellen’avait d'autre dessein ce jour-là que de camper devaut eux et de ieur couper la communication avec l’armée du maréchal äe Daun, ordonnèrent de metire leur armée en bataille à la tête de son camp sans le détendre; ils renvoyèrent en même temps le gros bagage à Beneschau, au delà de la Sassava; ils ordonnèrent aussi de faire passer à l'aile Groite la plus grande partie de la cavalerie qui était à l’aile gauche, où on n'en laissa que trois régiments. »
Aussitôt que l'attaque projetée des Prussiens se dessina avec plus de précision, Browne, pour ne pas se laisser dé-
(1) D'après Ammann le débat n'aurait porté que sur le moment de l'attaque de l'aile gauche.
(2) Rapport sur la bataille de Maleschitz (Prague). Archives de la Guerre. Allemagne, mai i757.
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