MOUVEMENT TOURNANT DE SCHWERIN
border, prolongea son aile droite avec des troupes tirées de la réserte. Au début de l'affaire, cette aile qui avait exécuté une marche parallèle à celle de l'ennemi, occupait une ligne presque perpendiculaire au reste de l’armée; sa gauche s’appuyait sur le Taborberg près du village de Maleschitz, et sa droite s’étendait au delà de Sterbohol. Une nombreuse artillerie, admirablement servie, vint se poster sur la crête et put couvrir de ses feux le glacis naturel qui s'étend entre Sterbohol et Pocernitz, et par lequel les Prussiens auraient à déboucher. Cette position avait cependant un défaut : Par suite de la hâte epportée à l'envoi des renforts, l'angle saillant de la ligne autrichienne ne fut pas suffisamment garni; la batterie et les troupes de soutien établies sur les mamelons au-dessus de lilaupetin protégeaient il est vrai le point faible; mais séparées du gros par le ruisseau qu'elles avaient à dos, elles étaient nécessairement en l’air et fort exposées à un coup de main de la part d’un ennemi entreprenant. Ces explications fournies, rendons la parole à notre narrateur français : « Au signal que fit donner le roi de Prusse, qui était de cinq coups de canon et qu’on distingua dans l’armée autrichienne, le maréchal Schwerin qui était à la iête de son armée entre Schwala et la gauche des troupes du roi de Prusse, s’'ébranla pour pénétrer à travers les étangs avec sa cavalerie qui laissa! Unter-Potschwernitz à sa gauche. Le mouvement fut remarqué par le maréchal de Browne qui était sur la hauteur de Kyge (1), et par le comte de Luquesi qui était alors à la tête de l'aile qu’il commandait. Celui-ci n’hésita pas à s'étendre sur sa droite afin de n'être pas débordé, et se trouva en très peu de temps en élat de déborder et d’accabler la cavalerie du maréchal Schwerin qui, malgré la vivacité de ses mouvements, ne put former un front égal au sier que
(1) Kej, village sur le Roketnitz entre Hrtlorzes et Pocernitz.
vers dix heures et demie. Le marquis Spada, lieutenantfeldmaréchal, iusista auprès du général Luquesi pour faire charger la cavalerie prussienne à demi-formée; mais il y résista sans qu'on puisse imaginer quels étaient les motifs d'une pareille conduite. Le maréchal Browne qui était à la hauteur de Kyge, en avant des troupes qui l’occupaient, envoya l’un des princes de Saxe au prince Charles de Lorraine qui était à la gauche, pour qu'il fût informé que le combat allait commencer à la droite, l’autre à la réserve pour faire rempiir par elle le terrain que quittait la cavalerie du comte de Luquesi, entre Kyge et la tombe de Sterboholi. Vingt-deux compagnies de grenadiers de 100 hommes chacune, qui étaient de cette réserve, eurent la droite de la ligne et joignaient la gauche de la cavalerie. » Ces grenadiers, quoique renforcés par d’autres détachements, ne suffirent pas à garnir l’argle saillant près du village de Kej; il resta un vide qui par suite d’oubli ou d’erreur ne fut pas rempli, et qui permit, dans le cours de la journée, aux Prussiens du prince Henri, de pénétrer dans le centre de la position autrichienne.
Vers dix heures, Schwerin, après un dernier entretien avec le Roi, donna les ordres d'attaque. La cavalerie prussienne, à son extrême gauche, conduite par le prince Schünaich, devait enfoncer les escadrons de Lucchesi et Spada qui couvraient la droite de leur armée, puis se rabattre sur l'infanterie autrichienne; peudant ce temps cette dernière serait entamée par l'artillerie, et enfin abordée de front par l'infanterie. Ce programme ne fut pas exécuté dans son entier. Les cuirassiers et dragons de Schünaich, repoussés à deux reprises, furent en définitive victorieux , grâce à une diversion opportune de Ziethen qui. à la tête de ses hussards, prit en flanc ies impériaux. Le gros de la cavalerie db ichichoc s'enfuit du champ de bataille et n’y reparut plus de la journée; mais les vainqueurs, au lier: de tourner leurs efforts contre les fantas-
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