‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 16 sur 385 · BROWNE MARCHE AU SECOURS DES SAXONS · texte numérisé non relu

BROWNE MARCHE AU SECOURS DES SAXONS

nons pour les leur opposer, il en coûterait un monde infini pour les battre. »

L'affaire de Lowositz ne produisit pas le résultat qu’en attendait le roi de Prusse; elle n'empêcha pas le maréchal Browne de tenir les engagements qu'il avait contractés vis-à-vis des Saxons. Dès le 3 octobre (1), c'est-à-dire deux jours après lecombat, le général autrichien, du camp de Budin où il était rentré, fit passer au comte de Brühl une dépêche lui confirmant son intention de ne rien changer aux mouvements concertés, quoiqu'il eût préféré un ajournement de deux ou trois jours pour la date du rendez-vous.

On répondit (2) du camp de Struppen qu'il était impossible de retarder la tentative d'évasion; cette opération resterait fixée à la nuit du {1 au 12 octobre; on avait à peine de quoi manger jusqu'alors, et on priait les Autrichiens d'apporter avec eux les vivres et le fo':"rage dont l’armée saxonne serait absolument dépourvue. En même temps qu'il se mettait en commuuication avec Brühl, le maréchal écrivait au comte de Broglie (3), resté à Dresde, pour le remercier des renseignements qu'il Ini avait fait parvenir sur les forces prussiennes, et l’assurer qu’il n’avait pas perdu de vue le projet de jonction. « Il faut cependant avouer, ajoutait-il, que tous ces jours ces Saxons auraient eu assez beau jeu de se retirer, pendant que nous avions ici la plus grande partie des forces prussiennes sur les bras. »

Le 8 octobre, Browne, laissant le gros de ses troupes sous les ordres du général Lucchesi dans les retranchements de Budin pour tenir en échec l'armée du roi, partit avec

(1) Browne à Brühl, 3 octobre 1756. Lettre citée par Vitzthum, vol. I, p. 185.

(2) Dybern et Brühl à Browne, 5 octobre 1756, Vitzthum, vol. II, p. 186 et 187.

(3) Browne à Broglie, 3 octobre 1756. Archives de la Guerre.

une division de 8,000 hommes et 16 canons, dent il prit

la direction en personne, pour aller au secours des assié-

gés. Il réussit à dérober sa marche à l'ennemi et arriva au

rendez-vous le jour fixé. L’officier français Lameth qui l’accompagnait dans cette expédition, raconte ainsi (1) l’aven-

ture : « Malgré la difficulté des chemins qu’on né saurait se représenter, nous avons en quatre Jours traversé plus de 20 lieues (de France) de montagnes dans lesquelles on n'a-

vait pas vu passer des troupes äepuis Gustave-Adolphe…

En arrivant entre Lichtenhayn et Mitteldorf nous avons

rencontré un corps d'environ 3,000 Prussiens.…. »

L'apparition des troupes de Browne fut une véritable surprise pour les Prussiens qui ne s'attendaient à voir de ce côté que quelques Croates ou hussards envoyés en éclaireurs. Quand le 11 octobre, à 3 heures et demie de l'après-midi, l'avant-garde impériale se montra à Mitteldorf, à 5 kilomètres de Schandau, le colonel Warnery (2) qui com.:andait les avant-postes eut beaucoup de peine à convaincre ses supérieurs de la réalité de l'approche d'un corps autrichien. Cependant, sur ses instances répétées, le général Meyerink se porta avec les six bataillons dont il pouvait disposer à la rencontre de l'ennemi. Il y eut une escarmouche à la suite de laquelle les Prussiens se retirèrent, laissant Browne maitre d’Altendorf. Le général autrichien, soit fatigue des troupes, soit ignorance des lieux, se contenta d'occuper les hauteurs au-dessus de Schandau, et ne profita pas de l'avantage du terrain et de la supériorité du nombre pour écraser le gros des Prussiens, dont la position, entre l’'Élbe et les collines qui dominent le fleuve, était des plus dangereuses. De Lichtenhayn (3) où il avait établi son quartier-géné-

(1) Lameth au ministre, 15 et 16 octobre 1756. Archives de :a Guerre.

(2) Warnery, Feldzuge Friedrich II, cité par Aster, p. 458.

(3) Lichtenhayn est à 4 kilomètres en arrière d'Altenderf et à 2 kilomètres ct demi de Mitteldorf.

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