‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 151 sur 385 · MORT DE SCHWERIN · texte numérisé non relu

MORT DE SCHWERIN

sins ennemis, S'acharnèrent à la poursuite, s'emparèrent du camp impérial et se livrèrent an pillage dont il fut impossible de les arracher; leurs chefs ne purent les rallier et les ramener au combat. Ce fut en cherchant à arrêter la débandade ües fuyards que le prince Charles de Lorraine fut saisi d’étouffements et perd't sonnaissance; on l'emporta à Nusle où il faillit tomber entre les mains des hussards prussiens; on le saigna deux fois avant qu'il ne recouvrât ses sens. Aussitôt remis il remonta à cheval et se reporta sur le théâtre de l’action; il y trouva la débâcle complète et fut obligé de rentrer à Prague avec le flot des vaincus.

Pendant que la cavalerie était aux prises, il s'engagea entre les deux infanteries, autour de la position de Sterbohol, une lutte qui traversa plusieurs vicissitudes avant d'aboutir. Schwerin dirigea contre r’adversaire deux attaques; les bitaillons de la première débouchèrent non sans peine des digues et des écluses de Pocernitz, mais avant d’avoir pu reprendre leur formation, ils se trouvèrent exposés au feu meurtrier des Autrichiens qui de leur côté marchaient sur Sterbohol. Winterfeldt (1) qui commandait devanca les troupes de Browne, et dépassant de 200 pas le hameau, put arriver à faible distance de la ligne ennemie; mais il fut blessé et renversé de cheval; ses soldats, impressionnés par cet accident et accablés par les boulets et les balles, fléchirent et se réfusièrent derrière les digues qu’ils venaient de frarchir. Le vieux Schwerin accourut pour rétablir l'ordre, et pour enlever les bataillons de la seconde ligne qui tourbillonnaient sur place. Voici en quels termes le comte Schwerin, neveu et adjudant du maréchal, décrit la scène (2) : «Le maréchal, qui avait été continuellement de l’autre

(1) Récit de Winterfeldt. Varnhagen. Leben des Generals v. Winterfeldt, p. 165. Preuss, Friedrich der Grosse Il, p. 46. (2) Récit du comte Schwerin. Lloyd, vol. I, p. 43.

côté du défilé, prit l'étendard des mains de l'officier qui le portait, marcha à cheval à la tête du régiment (de Schwerin), et fit tout ce qui était possible pour le faire avancer. Il entraina les troupes comme il put hors du défilé, et les ayant de nouveau mises en ordre il marcha précipitamment à l'ennemi. À peine eut-il fait douze pas qu'il reçut plusieurs coups, un à l'oreille, un autre au cœur, et trois autres dans le corps : il tomba aussitôt de cheval sans aucun signe de vie (1). Le général Manteuttel prit l'étendard et le donna à l'enseigne; à peine celui-ci l’eut-il recu qu'il fut tué par un boulet de canon. » Découragés par la mort de leur chef, les Prussiens se replièrent en désordre, poursuivis var les grenadiers autrichiens; ils perdirent des drapeaux et 12 pièces de canon dont 5 furent définitivement emmenées par l'ennemi. Mais le succès. fut chèrement acheté par la blessure du maréchal Browne qu'il fallut emporter du champ de bataille. Par ce fait et par l’accident arrivé au Prince Charles, l’armée impériale se trouva, au moment le plus critique de la journée, privée de toute direction d'ensemble. L'absence de commandement fut d'autant plus fâcheuse que la nature du terrain où l'on se battait et la poussière intense que soulevaient les mouvements des troupes, empêchaient de se voir et de se reconnaitre. Chaque divisionnaire autrichien agit pour son propre compte, sans se préoccuper du voisin ; la lutte dégénéra en une série de combats isolés, fort difficiles à äémêler et encore pius à raconter. Nous avons laissé l’extrème gauche &@es Prussiens er pleine déroute devant les grenadiers du maréchal Browne. Le feu d’une batterie postée près de Pocernitz et l'entrée en scène des réserves de Schwerin, rétablirent les affaires du Roi. Les Autrichiens, revenus de leur poursuite, voulurent reprendre leur première position; mais décou-

(1) Un monument à été “levé à la mémoire de Schwerin et marque là place de sa mort; il est à peu de distance du hameau de Sterbohol.

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