COMBAT AUTOUR DE MALESCHI1Z
verts à droite par la disparition de leur cavalerie, ils trouvèrent sur leur flanc gauche les derniers bataillons du corps de Schwerin ; cette infanterie tout à fait inconscienie de l'échec de leurs camarades que le terrain empèchait de voir, s'avançait en bon ordre à l'assaut. Le duc de Bevern débouchant de Hostawitz avec la brigade Tresckow vint seconder ces eftorts ; et enfin l’armée du Roi jusqu'alors inactive s’ébranla à son tour de Hlaupetin, enleva les hauteurs au sud de ce village, et pénétra dans la trouée que laissait le ravin d’Hrtlozes entre les deux ailes des Autrichiens.
Retzow attribue l'initiative de cette heureuse intervention à Ménnstein (1). Ce général, avec trois bataillons, se serait emparé d'une batterie qui couvrait le point de jonc- (on du centre autrichien avec son aile droite, repliée en potence pour s'opposer au mouvement tournant de Schwerin. Les princes Henri de Prusse et Ferdinand de Brunswick auraient été entrainés par l’action de Mannstein. Quel qu’en fût l’auteur, l'attaque réussit. Ferdinand, suivant la pointe de son subordonné, établit son artillerie sur le mamelon de Hlaupetin dont on venait de chasser les Autrichiens, franchit à son tour les bas-fonds marécageux du Roketnitz, et, parvenu su: le versant opposé, repoussa un retour offensif du général Clerici. Pendant ce temps, son collègue, le Prince Henri de Prusse, passa le vallon de Kej et refoula, non sans avoir essuyé des pertes lourdes, les Impériaux de la division Durlach. Les deux princes, soutenus par le canon de Hlaupetin, prirent possession du Taborberg par un assaut convergent, et vinrent donner la main au duc de Bevern qui avait grand besoin de leur aide.
Depuis quelque temps, ce général avait engagé une lutte acharnée autour du village de Maleschitz. Les Autri-
(1) Frédéric bläma l'action de Mannstein qui aurait fait engager inutilement la droite de l’armée.
chiens, renforcés par leurs réserves et par les fractions qui arrivaient de leur gauche, résistaient énergiquement; ils avaient même réussi à reprendre une batterie dont les Prussiens s'étaient rendus maîtres dans un premier élan. Ce fut sur ces entrefaites que la droite prussienne entra en ligne et unit ses efforts à ceux du duc de Bevern. Grâce à ce secours des plus opportuns, les troupes royales prrent emporter et conserver la batterie de Maleschitz. Malgré des résistances partielles sur divers points du champ de bataille, la droite et le centre de l’armée de Marie-Thérèse étaient battus, et en fuite sur Prague ou vers le sud. Restait la gauche, diminuée des détachements envoyés à l'appel du maréchal Browne, mais dont la partie principale n'avait pas encore tiré un coup de fusil. La crainte de se voir couper de Prague fit sortir les Autrichiens de leur inaction; ils eurent affaire aux vainqueurs de Maleschitz et aux Prussiens du corps du Roi. Les cuirassiers impériaux se dévouèrent; leur charge, vigoureusement conduite, coùûta cher en hommes et en chevaux sans entamer l'adversaire; mais elle donna le temps à l’infanterie de se retirer. Assaillie à son tour par des escadrons que Frédéric avait lancés à l'appui de ses fantassins, elle les repoussa et effectua en bon ordre sa retraite sur la ville. Ce combat de cavalerie fut le dernier événement important de la journée; à trois heures, les Autrichiens, à l'exception de 15,000 hommes appartenant pour la plupart à la cavalerie de Lucchesi qui coururent jusqu'à Beneschau, étaient enfermés dans les murs de Prague. Le roi de Prusse, avec ses troupes victorieuses, compléta son succès en couronnant les hauteurs depuis le Schanzenberg jusqu'à Branik, sur la Moldau au sud de la ville, et en formant dès le soir même le blocus de la capitale de la Bohème. Sur la rive gauche de la Moldau, le corps de Keith n'avait pu s'engager. Le prince Maurice qui, avec une division, devait passer la rivière et tomber sur les
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