‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 153 sur 385 · PERTES DES COMBATTANTS · texte numérisé non relu

PERTES DES COMBATTANTS

derrière des Autrichiens, ne put remplir sa mission; les pontons sur lesquels on comptait n’arrivèrent pas; une tentative de traverser à gué échoua complètement et faillit coûter la vie au colonel Seydlitz.

Quoique la bataille de Prague fût une défaite complète pour les armes impériales, le succès fut chèrement acheté par le vainqueur; les pertes peuvent être évaluées à 13,000 hommes environ du côté des Prussiens (1), à 18,000 pour les Autrichiens (2). Dan: le compte des vaincus tigurèrens quelques milliers de prisonniers, 33 pièces d'artillerie, 71 drapeaux, les bagages et les tentes d’une partie de leurs troupes.

Pour expliquer son échec, le prince Charles allégua la défectuosité de la position de son armée et la supériorité numérique de l'ennemi. Le récit que nous venons de faire démontre que la première excuse n’a pas plus de valeur que la seconde. Il blâme avec raison la mauvaise conduite des escadrons autrichiens. « En vérité (3), l'infanterie en général a bien fait son devoir, et si la cavalerie avait fait le sien, quoiqu'ils fussent plus du double de nous, nous aurions remporté la victoire, mais le bon Dieu n'a pas voulu. L'infanterie a fait des merveilles, à l'exception du régiment de Mayence qui s'est sauvé et à été canse que l'ennemi a percé; de l'autre côté la cavalerie, qui non seulement n'a pas tenu mais qu'on n’a jamais pu rallier; pourquoi, je n'en sais pas la cause et je crois que les généraux mèmes ne le savent pas, comme Lucchesi le dira lui-même à Votre Majesté. »

Du côté prussien, le rôle de la cavalerie laissa également

(1) D'après une liste publiée par les Danziger Beiträge et citée par Ammann les pertes des Prussiens se seraient montées à 12,857; Frédéric parla de 14,000 et mème de 18,000.

(2) Le rapport officiel autrichien donne 1,417 tués, 3,693 blessés et 6,472 manquants ; mais ces chiffres sont évidemment inférieurs à la vérité,

(3) Prince Charles à l'Empereur, 28 juin 1757. Archives de la Guerre. Vienne.

fort à désirer; au lieu de seconder la manœuvre des bataillons de Schwerin, elle s'acharna à la poursuite des fuyards, s'amusa à piller le camp autrichien, et resta absente du champ de bataille pendant le reste de la journée. D’après Frédéric, les pertes cruelles dont il fallut payer la victoire furent dues à la précipitation de Schwerin, qui commença l'attaque sans attendre l’arrivée et la formation des bataillons de la seconde ligne, à l’impétuosité de Mannstein qui s'engagea mal à propos et qui fi entraina à sa suite l'aile droite prussienne dont l'interven- UN Aie tion, grâce au mouvement tournant de la gauche, était inutile. Malgré ces fautes, sans lesquelle: on aurait pu ramasser quelques prisonniers et trophées de plus, et en 5 | dépit de la mort de son principal lieutenant et des safi crifices qu'avait coûtés le succès, Frédéric avait le droit d'être fier de son triomphe.

Dans une campagne de quinze jours, quels résultats obtehus! L’ennemi surpris, ses magasins enlevés, la moitié de la Bohème conquise, les forces de l’Impératrice bat-

| tues et divisées en deux tronçons; le premier, l’armée du Fe prince Charles, emprisonné dans une mauvaise place, sans vivres ou munitions pour résister longtemps; le second

moins important, composé de quelques échappés de la dé-

route et du corps du maréchal Daun, à peine organisé, hors d'état d'entreprendre quelque chose de sérieux. Le

gros effort était fait, il ne restait plus qu’à porter les der-

niers coups à l’Impératrice avant qu'il fût possible à ses

hi alliés d’accourir à son aide. « Browne, le prince Charles LE et leur armée sont enfermés à ne pouvoir sortir de là, écrivait Frédéric (1) à Keith le lendemain de l'affaire; nous les obligerons à se rendre, et alors je crois que la gucrre sera finie. » Frédéric arrèêta de suite ses projets. Tout d'abord, il fallait profiter du gain matériel ct du prestige

(1) Frédéric à Keitb, 7 mai 1757. Correspondance politique, vol. XV, p. 9.

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CV, p.91.

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