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CORRESPONDAiiCE DE BROWNE. AVEC LES SAXONS. 31
‘ral, Browne‘expédia le 11 octobre, à 10 heures du soir, un billet à M. de Sternberg (1), ministre autrichien à Dresde. « Je suis arrivé ici, au rendez-vous où messieurs les Saxons m'ont demandé. S'ils avaient été aussi exacts que nous, il y avait le plus beau coup du monde à faire... Mais malheureusement ils m'ont fait savoir qu'ils ne seront prêts avec leurs arrangements que demain au soir. »
Du côté du maréchal, les journées du 12 et du 13 octobre s'écoulèrent sans événement, mais tandis que les Autrichiens restaient inactifs dans l'attente du mouvement des assiégés, le margrave Carl et Winterfeldt qui comman-
‘daient en l'absence du roi, avertis par Warnery et Meye-
rink, firent passer des renforts aux détachements de Schandau et de Rathmannsdorf, dont l'effectif fut bientôt égal à celui de l'adversaire, et dont la direction fut confiée au général Lestwitz, beaucoup plus capable que son subordonné Meyerink. Le 12 octobre à huit heures du soir, le général autrichien reçut (2) un billet que lui apporta un cavalier saxon déguisé en pay:an. Cette missive, datée (3) du même jour, 12 octobre, éteit ainsi ronçue : « Toutes mes dispositions sont faites et rien ne nous empèche plus d'exécuter. le projet concerté. La juste inquiétude que nous avons pour la couronne du roi, et l'opiniâtreté dont peut être l’abattis de Lillienstein et le village de Walthersdorf, où ils se retranchent depuis hier, nous ferait souhaiter que Votre Excellence voulût bien s'avancer le plus qu'il lui sera possible, attaquer de son côté ledit village et l’abattis. Nous nous mettrons en marche avec la retraite vers les six heures et demie. »
Browne répondit (#) aussitôt : « Je suis depuis hier au
(1) Browne à Sternberg, 11 octobre 1756. Copie adressée à Kaunitz. A1 chives de Vienne.
(2) Browne à Sternberg. 13 octobre 1756. Archives de Vienne.
(3) Copie du billet envoyé du camp saxon au maréchal Browne, jointe à la lettre du 13 de ce dernier à Sternberg.
(4) Copie de la réponse de Browne, jointe à sa lettre à Sternberg.
rendez-vous où l’on m'a demandé, et dès que l’armée de: Saxe débouchera et commencera l'attaque, je ne manquerai pas de seconder de mon côté, toutes les dispositions étant faites à cette fin. Mais il n’y a plus de temps à perdre, m'étant impossible de rester ici plus que dès demain matin 24 heures encore. Je serais même d’avis que cela se fasse ce matin ou à midi, et point de nuit puisqu'on voit moins ce qu'on fait. Plus qu'on tarde, d’autan: plus l'affaire devient difficile; hier était l'heure du berger. »
Dans une lettre adressée à Sternberg (1) le 13 octobre à onze heures du soir, Browne rend compte de sa situation et de l’inquiétude qu'elle lui occasionne : « Voilà les onze heures du soir passées que messieurs les Saxons ne donnent pas signe de vie, et je compte leur entreprise manquée : ils s'y sont pris si mal et ont manqué l'heure du berger, de façon qu'ils n'ont qu'à se l’attribuer. 11 pleut outre cela à verse depuis ce matin à qua‘ . ures: ainsi, que Votre Excellence juge de la peine qu'ils auront à franchir l’abattis et monter la montagne avec leur artillerie. »
Ilrelate l'incident du billet saxon recu la veille etajoute : « J'ai répondu assez clairement , et comme depuis ils ne m'ont plus rien fait dire, c’est marque qu'ils trouvent trop d'obstacles pour tenter le passage. Je souhaite que cela arrive demain matin. Je m'y arrèterai entre dix et onze heures; ensuite je reprendrai la route que j'ai faite, en petites marches, pour l’armée; Votre Excellence pert croire que nous sommes tous de très mauvaise humc Dieu donne que demain matin nous entendions des € ù: * de fusil, mais je crains qu’il est déjà trop tard pour passer. L'ennemi a découvert le concert et a pu prendre tou-
(1) Browne à Sternberg : Lichtenhayn, 13 octobre 1756. Copie adressée à Kaunitz. Archives de Vienne.