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ner aux troupes le temps de rejoindre. En attendant, on da pouvait compter sur une vingtaine de mille hommes déjà mn cantonnés en Alsace et dans le pays Messin, et sur un Bo détachement probablement faible de la grande armée de Pa d'Estrées; mais ces contingents seraient insuffisants sans d'e les renforts de l’intérieur. Quant à l'augmentation de 18 à lio 20,000 soldats décidée en principe, il s'écoulerait des mois for avant de les avoir sous les drapea dat Toute la première quinzaine d , à se passa en pour- Ma parlers et en discussions stratégiques. Le défaut d'avis du poi théâtre de la guerre n'était pas sans inquiéter les esprits de en France. Bernis se fit l'écho de ces impressions : « de en ù crois, écrit-il à Stahremberg (2), devoir vous avertir que elle le peu de nouvelles que vous recevez de Vienne touchant la ven véritable situation des armées impériales à Prague et en sac Bohème, produit un mauvais effet à la cour et à Paris: on de 1 s'imagine que vos affaires sont désespérées, puisqu'on ouv craint de vous en instruire. Les personnes les mieux inten- En tionnées pour le système pensent ainsi, et celles qui y sont (1) Louis XV à l'Impératrice. Lettre citée par Arneth. . 3)
(2) Bernis à Stahremberg, 29 mai 1757. Archives de Vienne.
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BILLET DE KAUNITZ A Me DE POMPADOUR. 375
contraires répandent partout qu'il est clair que le ministère de Vienne prête l'oreille aux propositions qui suivent ordinairement le succès du roi de Prusse, Quelque absurde que soit cette opinion quand on connait le courage et les sentiments de l'Impératrice, elle ne laisse pas de s'accréditer jusqu'à un certain point, et vous savez que les opinions font plus de chemin ici que partout ailleurs. » Enfin on trouvait une confirmation de ces soupcons dans le retard apporté à la ratification du traité du "mai, La confiance du Roi lui-mème semblait ébranlée, car il'avait donné ordre (1) de provoquer des explications à ce sujet.
Heureusement pour la bonne entente, le chancelier, prévenu par son perspicace envoyé, avait pris les devants; dans une dépêche du 2% mai (2) il fournit des renseignements précis et confidentiels sur les causes des défaites de Bohème; et un peu plus tard, suivant l'invite venue de Paris, il adressa à M"° de Pompadour un billet (3) plein d'effusions, qui se terminait par l'annonce des ratifications, réclamées. « Le comte de Stahremberg nous à informé, Madame, de l'intérêt que vous avez témoigné dans toutes les occasions à ce qui nous regarde. Leurs Majestés y ont toujours été sensibles, et Elles le sont à tel point sur cette marque récente d'affection que vous venez de leur donner, qu'Elles me chargent de vous en témoigner leur reconnaissance, qui serait même augmentée, si elle pouvait l'être, par la considération qu'Elles ne le doivent qu'à votre inviolable attachement pour la personne sacrée de ce prince respectable. Notre courrier est porteur de la ratification de ce grand et fameux traité, qui est-son ouvrage et qui sera illustre dans tous les siècles à venir. » En même temps arrivait la réponse de Marie-Thérèse au
(1) Stahremberg à Kaunitz, 8 juin 1757. Archives de Vienue. (2) Kaunitz à Stahremberg, 24 mai 1757. Archives de Vienne. 3) Kaunitz à Mme de Pompadour, 14 juin 1757. Archives de Vienne.
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Roi; (1) l'Impératrice témoignait sa gratitude à « son frère n et cousin », lui parlait des événements qui se préparaient | L en Bohême et terminait en ces mots : « Quoi qu'il puisse l arriver cependant, que Votre Majesté se tienne assurée de F ma fidélité, de ma constance, de mon courage et de mes el soins. En un mot qu'Elle mette autant de confiance en moi ét que j'en ai en Elle. » Le En dépit de la lenteur de leurs procédés, les ministres fo francais continuèrent à donner des preuves de leurs dis- Dé positions favorables. On dépècha à Vienne M. de Monta- né zet, brigadier des armées du Roi, officier de mérite qui ce avait servi sous les ordres de Belleisle au siège de Prague, fi avec mission d'offrir à l'Impératrice « des ingénieurs (2), au arülleurs, et autant d'officiers et gens de talent » qu'on 1° en voudra. D'autre part, le lieutenant-général du Mesnil di alla à Munich préparer la marche de l’armée auxiliaire, dis et ramener dans le droit chemin l'Électeur de Bavière, fort col ému des victoires de Frédéric et de l'irruption {3) dans tec l'Allemagne centrale du partisan prussien Meyer. l'a Enfin, le 1° juin Stahremberg put transmettre à sa cour cat deux excellentes nouvelles : la nomination du maréchal ] de Richelieu au commandement de l’armée de secours suc qui se concentrait à Strasbourg, et le remplacement aux giq Affaires Etrangères du ministre Rouillé par l'abbé de , Vie Bernis. Le choix du vainqueur de Mahon était de bon le } augure; sa réputation militaire, ses relations à la cour Egr et dans la finance, sa réconciliation avec M"° de Pom- du padour, lui constituaient un crédit q"'on serait d'autant an plus heureux d'utiliser que. jusqu'alors, il n'avait pas fait de mystère d'opinions sinon hostiles, tout au moins fort tic- or des à l'égard du nouveau système. Quant à la mutation fave cent (1) Marie-Thérèse à Louis XV, 14 juin 1757. Cité par Arneth, vol. V, p. 500. F (2) Stahremberg à Kauaitz, 3 juin 1757. Archives. de Vienne. (3) Meyer avec quelques troupes légères avait été envoyé dans l'Allemagne (1)
du Sud après la batail!.: de Prague. (2)
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