‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 167 sur 385 · JOIE DE LA COUR A PROPOS DE LA VICTOIRE DE KOLIN · texte numérisé non relu

JOIE DE LA COUR A PROPOS DE LA VICTOIRE DE KOLIN

incidents de la plus haute portée. Dès le 9 juin (1), le chancelier écrivait que l’armée enfermée dans Prague n'avait des vivres que jusqu’au 20 ou 25; le prince Charles devait, par une action isolée, essayer de percer les lignes de l’assiégeant le 20 juin, s'il n'était pas secouru à cette date. Le maréchal Daun avait ordre de marcher à sa rencontre; à cet effet l'Impératrice lui avait donné «entière faculté de faire ce qu'il jugerait ètre de son service et du bien de la cause commune, sans craindre de se rendre responsable de l'événement. » En exécution de ces instructions, Daun avait commencé le 12 juin ses opérations pour dégager la capitale &e la Bohème. « L’entreprise, mandait Kaunitz (2), est par sa nature très hasardeuse, mais enfin elle est nécessaire et tout est dit après cela. » À en juger par une dépèche à l'Empereur (3) dont copie était envoyée à Paris, le général autrichien ne se faisait aucune illusion sur les dangers de l'offensive : «Je ne pourrai être dans le voisinage de Prague avant le 18, jusqu'où 1l ne faut pas douter que le Roi ne vienne à moi avec d'autant de forces qu'il pourra. De battre auparavant l’un ou l'autre (Bevern ou le Roi) aurait sans doute beaucoup convenu; maïs si l'ennemi ne tient pas, il nv a pas moyen de le battre, et voilà ce que j'ai toujours prévu de ce voisin qui était toujours pied en l'air. » L'attente ne fut pas longue : Le 20 juin (#) Kaunitz anuonçca la victoire de Kolin, et deux jours après (5) la levée du siège de Prague et la retraite des Prussiens. Pour rendre compte du bonheur avec lequel la cour de Versailles accueillit le triomphe des armes autrichiennes, nous ne pouvons mieux faire que de citer les pa-

(1 Kaunitz à Stahremberg, 9 juin 1757. Archives de Vienne.

2) Kaunitz à Stahremserg, 14 juin 1757. Archives de Vienne. (3 Daun à l'Empereur, 13 juin 1757. Archives de Vienne.

(4) Kaunitz à Stahremberg, 20 juin 1757. Archives de Vienne.

‘5, Kaunitz à Stahremberg, 22 juin 1757. Archives de Vienne.

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roles de l'ambassadeur de Marie-Thérèse : «: J'ai appris hier (1) à six heures du soir, par le courrier Bennschutz, l’heureuse nouvelle. Je n'ai pas tardé un instant à me rendre à Versailles pour remettre à Sa Majesté Très Chrétienne la lettre de Sa Majesté, et l'informer de tous les détails que Votre Excellence m'a fait l'honneur de me communiquer. La joie qu'Elle en a marquée a été bien vive et bien sincère. Le ministère et tout le public en sont transportés, et j'ose dire que si les armées françaises avaient remporié la victoire, on ne saurait ici donner des plus grandes marques de joie que celles dont j'ai été témoin hier. Je ne suis revenu de Versailles qu’à deux heures après minuit, ayant été retenu à souper chez M" de Pompadour, où l'on a bu de bien bon cœur à la santé de Sa Majesté l'Impératrice. M*° de Pompadour est transportée de joie, et se propose d'écrire elle-même par le courrier à Votre Excellence. »

(1) Stahremberg à Kaunitz, 28 juin 1757. Archives de Vienne.

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