‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 168 sur 385 · BATAILLE DE KOLIN. — ÉVACUATION DE LA BOHÈME PAR LES PRUSSIENS · texte numérisé non relu

BATAILLE DE KOLIN. — ÉVACUATION DE LA BOHÈME PAR LES PRUSSIENS

Pour la clarté du récit, nous avons dàù laisser de côté les opérations militaires qui précédèrent la bataille de Kolin, ainsi que les incidents de cette rencontre. Il nous faut donc remonter au lendemain de l'affaire de Prague et reprendre le cours des événements de la campagne. Le soir du 6 mai, le gros de l’armée battue s'était réfugié dans l'enceinte; les vainqueurs établis sur les deux rives de la Moldau s’apprêtaient à faire le siège de la ville. Une quinzaine de mille Autrichiens fuyaient en désordre vers Beneschau et la vallée de la Sazawa, petit affluent de la Moldau. L’avant-garde de Daun, forte de 9,000 hommes, sous les ordres du général de Puebla, était à Auwal sur la route de Kolin et de Vienne, à 13 kilomètres en viron de Pocernitz et à 15 kilomètres de Sterbohol. Le maréchal lui-même, un peu plus en arrière, s'avancait sur Bümisch-Brod; à la suite de sa conférence avec Kaunitz il rappela Puebla, concentra ses divisions, et prit une position d'attente d’où il put menacer le ravitaillement des Prussiens. Le jour mème de la grande bataille, un détachement de son armée, dirigé par le général Beck, avait eu un engagement heureux à Brandeiïs; les Impériaux avaient enlevé la ville d'assaut, pris des canons, des prisonniers, et brûlé le pont sur l’Elbe.

Pendant les premiers jours de l'investissement, Frédéric, qui avait besoin de toute son infanterie pour travailler au cercle de batteries et de tranchées dont il allait entourer la place, ne put disposer que de quelque cavalerie pour la poursuite des Autrichiens. Ces démonstrations et l'apparition de quelques partis prussiens sur la Sazawa, déterminèrent Daun à se retirer jusqu'à Planian. Bientôt la nécessité de rétablir le pont de Brandeiïs essentiel pour les communications avec la Lusace, et les rapports des éclaireurs sur les mouvements de Daun, décidèrent le Roi à détacher le duc de Bevern avec 5,000 fantassins ct 12,000 cavaliers pour surveiller les Autrichiens. À l'approche de ces troupes, le prudent maréchal, quoique dans l'intervalle il eût été rejoint par la plupart des fugitifs de Prague et par quelques renforts, et qu'il comptat déjà #0,000 combattants, se replia à Kuitemberg laissant une forte arrière-garde pour défendre ses magasins de Kolin. La timidité de l’ennemi et les ordres positifs de Frédéric enhardirent Bevern à pousser ses avantages; le 19 mai il s'empara des dépôts de Kolin, pour ainsi dire à la barbe des Autrichiens, et sahs que ceux-ci, malgré leur supériorité numérique, eussent fait un eflort sérieux pour les préserver. À partir de ce moment et jusque dans les premiers jours de juin, la situation ne se moditia guère. Daun , à qui on avait signifié de rester sur la défensive, rétrograda à Goltz-Juckau et Czaslaw, suivi à distance par Bevern dont l'effectif, malgré la jonction de quelques nouvelles fraction. de l’armée du Roi, était très inférieur à celui des Impériaux.

A en croire les rapports des officiers francais attachés à l'état-major autrichien, le moral des soldats était encore bien ébranlé. « Les bataillons wallons qui ont été coupés à la bataille de Prague, écrit Champeaux (1).

(1) Champeaux au ministre, Czaslaw, 1°" juin 1757. Archives de la Guerre.

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