ATTAQUE DU GÉNÉRAL HULSEN
cier hongrois, le major de Vettesz qui attira l'attention du maréchal sur les dangers qui menacaient son aile droite. Quel que fût l’inspirateur de ces mesures, le général Wied, déjà en route avec sa division, eut ordre d'accélérer le pas, et de se diriger au sud-ouest de Krechor en ayant pour objectif le bois de chènes mentionné plus haut. Une batterie de douze canons vint se placer à gauche (1) du village; les avant-postes de Nadasdy furent renforcés, et la cavalerie de ce général fut ramenée de la chaussée vers Radowesnitz. Enfin quand il vit l'armée royale rompre dans la direction de Kolin, et par conséquent de la droite impériale, Daun fit faire aux régiments qui formaient les deux lignes du centre et la réserve une manœuvre analogue, presque parallèle à celle de l'ennemi. Vers une heure, les têtes de colonnes prüssienres s'ébranlèrent de Slati Slunze; bientôt après l’action commença. Hulsen, dans un vigoureux assaut, enleva Krechor et une batterie de soutien que les Autrichiens paraissent avoir assez mollement défendue; mais malgré l'appui de trois bataillons que lui envoya le Roi, pendant longtemps il ne put déboucher du village. Durant ce combat, Ziethen, laissant en observation 20 escadrons de grosse cavalerie sous le général Pennavaire, se porta en avant avec le gros, refoula les hussards de Nadasdy vers le fond de Radowesnitz, mais arrêté par le feu de l'infanterie qui tenait dans le bois, dut reculer jusqu’à Kutlir, hameau un peu en arrière de Krechor.
Entre temps, il se passait dans l'armée royale une scène étrange (2). Frédéric qui accompagnait la colonne du prince Maurice de Dessau, commanda d’abord de faire
(1) L'emplacement de cette batterie doit être celui du monument en construction.
(2) Voir, pour le récit de cet incident, Retzow, Mémoires historiques sur
la Guerre de Sept Ans, vol. I, p. 161. Carlyle donne également un résumé üré des récits de Berenhorst et Kutzen.
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c40 LA GUERRE DE SEPT ANS. — CHAP. VII.
halte, puis conversion à droite, et de marcher directement sur l'ennemi, vers Bristwi. C'était apporter une modification profonde au plan arrêté le matin. Le prince Maurice fit observer que ce mouvement était prématuré, l'aile gauche n'étant pas encore arrivée à la hauteur de l’avantgarde de Hulsen ; au lieu de s’en prendre à l'extrème droite de Daun, point faible désigné pour l'effort offensif, on allait se heurter au centre des Autrichiens, à la partie la moins vulnérable de leurs lignes. Cette réplique mit le Roi hors des gonds; il maintint son ordre, et comme le Prince renouvelait ses remontrances, Frédéric furieux s’élanca sur lui l'épée à la main en criant : « Allez-vous obéir, oui ou non? » Force fut à Maurice de s’incliner.
La gauche prussienne, forte de neuf bataillons, s'avanca vers les hauteurs derrière Bristwi et Chocenitz qu'elle avait devant elle, laissant un espace considérable entre ce front d'attaque et celui de Hulsen. Le Roi s’apercut bientôt de son erreur et fit obliquer à gauche; mais cette manœuvre, gènée par le feu convergent de l’ennemi, ne put s'exécuter qu'imparfaitement.
Déjà le maréchal Daun, dans l'esprit duquel les préparatifs des Prussiens dissipèrent les derniers doutes sur leurs intentions, avait renforcé sa droite de la cavalerie du comte O’Donnel, et de l'infanterie des généraux Stahremberg et Sincère, il invita aussi sa gauche à faire une démonstration vers le village de Brezan, de manière à inquiéter la droite de l’armée du Roi. Sur ces entrefaites les Prussiens faisaient des progrès sensibles; Hulsen s'était enfin emparé du bois, y avait posté deux bataillons et s’était retourné contre une batterie autrichienne dont il s'était rendu maitre, grâce au concours de quelques bataillons du prince Maurice. L'autre fraction des troupes de ce général n'avait pas eu le mème succès. Malgré des assauts successifs, les fantassins du Prince n'avaient pu surmonter la résistance opiniâtre des Autrichiens, appuyts
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