‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 5)Chapitre 197 sur 385 · FRÉDÉRIC AJOURNE LA QUESTION DES SUBSIDES ANGLAIS · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC AJOURNE LA QUESTION DES SUBSIDES ANGLAIS

il aurait besoin et « sur l'usage qu'il en entendait faire. »

Mitchell recut la dépèche d'Holdernesse à Pirna, dans la nuit du 26 au 27 juillet. Frédéric à cette date venait d'apprendre la retraite désastreuse de son frère et la prise de Zittau ; 1l était en marche sur Bautzen pour recueillir le corps d'armée du Prince royal. L'Anglais s'empressa (1) de communiquer les offres de sa cour; Frédéric, après quelques moments de réflexion, lui dit : « Je suis profondément reconnaissant de la générosité du Roi et de votre nation, mais je ne veux pas être à charge à mes alliés. Je préfère que vous retardiez la réponse à cetie lettre jusqu’à la fin des événements en Lusace. Si je réussis, je m’entretiendrai avec vous sur les différents points soulevés, et vous donnerai franchement mon avis. Si je suis battu, il n'y aura pas lieu à une réponse quelconque; il sera hors de votre pouvoir de me sauver, et je ne voudrais pas abuser volontairement de la générosité de mes alliés, n1 les entrainer à prendre des engagements onéreux et inutiles qui ne répondraient à aucun but d'importance. »

Ce fier langage, qui contrastait avec le marchandage britannique, produisit sur Mitchell l'effet que probablement en attendait son interlocuteur. « La noble dignité de la réplique, écrit-1il, m'a plu sans me surprendre, car J'ai vu le roi de Prusse grand dans la prospérité, mais encore plu: grand dans l’adversité. »

Au moment de cette conversation Frédéric était tout aux affaires militaires; anxieux à juste titre des progrès des Français vers le Hanovre, du rassemblement du corps de Soubise et de l’armée des Cercles à Erfurr, äu passage de la frontière par les Russes et de l'approche des Suédois en Poméranie, il voulait frapper un grand coup contre les Autrichiens, les refouler en Bohème, les réduire à l'impuissance avant de courir aux autres assaillants; 1l

(1) Mitchell à Holdernesse, 28 juillet 1757. Mitchell Pam rs.

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n’en trouva pas l'occasion. Après quinze jours de repos consacré à la reconstitution de ses magasins et à la réorganisation (1) des régiments trop éprouvés, il marcha à l'encontre du prince Charles toujours immobile sur les hauteurs de Zittau. Le 15 août le roi de Prusse vint camper à Bernstadt, à deux lieues de l’armée impériale. Celleci était à cheval sur la Neisse dont les deux rives étaient reliées par quinze ponts, l'aile droite solidement établie sur la colline de Wittgendorf, ses lignes couvertes par des batteries bien postées; la nature du terrain boisé et accidenté se prêtait à la défensive. Après une longue reconnaissance, et sur les prières de ses généraux dont le prince Henri fut le porte-parole (2), Frédéric dut renoncer à un assaut qui aurait offert trop de risques; en vain Winterfeldt chercha-t-il, en menaçant le corps de Nadasdy détaché sur la rive droite de la Neisse, à faire sortir les Autrichiens de leur position; en vain les Prussiens demeurèrent-ils en face de l'ennemi dans l'espoir que leur infériorité numérique le provoquerait à prendre l'offensive. Les Impériaux ne bougèrent pas, et force fut de regagner la Lusace. « Le roi de Prusse, écrit Montazet (3), nous à tenus ainsi le bec dans l'eau depuis le 16 après-midi jusqu'à aujourd'hui 20, qu'il est parti à la pointe du jour pour retourner dans son camp de Bernstadt... Personne n'a Jugé son armée de plus de 50 à 55,000 hommes; il avait rassemblé cependant toutes ses forces, excepté un corps de 6 à 7 mille laissé entre Pirna et Dresde. » Riverson, ingénieur francais attaché au quartier-général du prince Charles, décrit (4) bien l'opinion dominante des

(1) L'armée du Roi était réduite à 50,000 fantassins et 20,000 cavaliers, en quatre mois elle avait perdu environ 50,000 soldats. Guerre de Sept Ans pur un officier de l'état-major prussien, vol. I, p. 290.

(2) Guerre de Sept Ans par un officier de l’État-major prussien, vol, p. 294.

(3) Montazet à Paulmy, 21 août 1757. Archives de la Guerre.

(4) Riverson à Paulmy, 18 août 1757. Archives de la Guerre.

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