LES AUTRICHIENS SE DÉROBENT A UNE BATAILLE
“énéraux autrichiens : « Je doute que nous soyons attaqués; nous n'attaquerons pas non plus, parce que je crois que dans les rirconstances nous ne devons rien donner au hasard. » Le recul des Prussiens, quoiqu'il ne fût pas inquiété, leur coûta comme d'habitude un nombre considérable de déserteurs (1).
De son expédition à Zittau Frédéric n'avait tiré aucun fruit, le cercle de ses adversaires se resserrait de plus en plus autour de lui. Les Autrichiens avaient pénétré en Silésie où le colonel Janus venait de remporter un succès près de Landshut. À la grande armée du Prince Charles qu'il
n'avait pas réussi à entamer, le Roi, obligé de se porter en
Thuringe à la rencontre de Soubise et de l’armée des Cercles, ne pouvait opposer que des forces insuffisantes. Du nord de l'Allemagne, les nouvelles étaient de plus en plus alarmantes; le duc de Cumberland, vaincu à Hastenbeck, était en pleine retraite sur le fond du Hanovre. Un ensemble d'événements aussi fâcheux était de nature à détruire la confiance des plus chauds partisans de la Prusse. « La perte de la bataille de Kourguin (Kolin) et ses conséquences funestes, mandait à cette époque Mitchell (2), ont beaucoup découragé les troupes qui ne savaient pas ce que c'était de perdre une bataille et qui n'ont pas appris à le supporter... Depuis le 21 avril les fatigues de l& campagne ont été excessives ; la désertion a augmenté parmi les soldats, et le mécontentement s’est produit chez l'offieler… Si Sa Majesté prussienne est battue dans une autre action, tout sera perdu; mais s'il a la bonne fortune de battre les Autrichiens, sa victoire ne sera pas décisive. » Suit un exposé de la situation militaire, puis l'Anglais continue : « Voilà, milord, une peinture exacte de la position très dangereuse et presque désespérée dans laquelle se trouve Sa Majesté prussienne; elle peut probablement
1) Boisgelin et Hautmont à Paulmy, 22 août 1757. Arci.,es de la Guerre. (2) Mitchell à Holdernesse, 11 août 1757. Mitchell Papers.
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amener la ruine de la maison de Brandebourg, et avec elle la perte de la liberté du monde. Restera le choix de devenir l’esclave de la France ou de l'Autriche. Triste alternative en vérité! La Hollande est déjà sous le joug francais ; le Danemark a accepté la chaine dorée, les Suédois sont depuis longtemps l'instrument et les mercenaires de la France. Puisse l'Angleterre se défendre toute seule, car après ce qui est arrivé, l'Angleterre ne peut attendre d aucune puissance du continent des secours qu'elle n'aura pas achetés à deniers comptants. »
Quant à Frédéric lui-même, malgré la fermeté et le sang-froid qu'il montrait à son entourage, il ne se faisait aucune illusion sur les périls dont il était menacé. Avant de marcher contre l'armée du prince Charles, il avait signé les pleins pouvoirs du colonel de Balbi (1), chargé d’une mission extraordinaire auprès du comte de Neuwied. À en croire ce dernier, certains personnages in- = fluents de la cour de Versailles étaient favorables à une à pacification générale, et auraientsuggéré, en vue d’une entente, l'envoi en France d’un homme de confiance du roi de Prusse. Une ouverture de cette nature n'était pas à dédaigner; aussi Frédéric s’'empressa-t-il d'y répondre en désignant et expédiant son représentant. Comme préliminaires de la paix ‘uture, il proposa les quatre points suivants : intégrité du royaume de Prusse, conclusion d’un armistice . D pour arriver à un accord avec ses alliés, participation des us princes allemands à la négociation, renouvellement de 7 ui l’ailiance de la France et de la Prusse. D'après ces indications, il y a lieu de supposer que Frédéric, mécontent M à juste titre de l'attitude égoïste de l'Angleterre, se serait Se facilement résigné à abandonner cette puissance. D'autre BR 7% part, il est évident que mal renseigné sur ce qui se passait à Versailles, il ignorait les nouveaux liens que Louis XV
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(1) Correspondance politique, vol. XV, p. 300.